Design Exposition Bruxelles

« Die Werkstatt », du design sans langue de bois

Spazio Nobile accueille « Die Werkstatt » : une exposition dédiée au mobilier design et à la photographie où le travail manuel règne en maître. A découvrir du 9 février au 6 mai 2018 à Bruxelles !

We are Die Werkstatt !

Kaspar Hamacher, Fabian von Spreckelsen, Damien Gernay, Valentin et Jonas Loellman, diplômés de l’Académie des Beaux-Arts de Maastricht, travaillent depuis treize ans dans leur atelier , Die Werkstatt, qui donne son nom à leur exposition. Plus qu’un lieu de conception, c’est un cocon convivial – rempli d’énergie positive – où l’inspiration et le développement personnel sont clés.

Au fil de la galerie, les visiteurs découvriront une collection de mobilier design et minimaliste ainsi que des photographies intemporelles reflétant la vie déconnectée du  quotidien

 

Comment définiriez-vous Die Werkstatt ? Cette définition dépasse-t-elle le concept de l’atelier ? Est-ce une communauté, un état d’esprit ?

Design Exposition Bruxelles

Valentin Loellmann : Die Werkstatt, c’est l’endroit où je travaille et puise toute mon inspiration. Il épouse mes perpétuels changements d’humeur. C’est là où tout se passe. C’est un lieu qui nourrit mon inspiration tout en obéissant entièrement à mon contrôle. Il ne s’agit pas d’une communauté, mais plutôt d’un lieu holistique. Il faut trouver sa place dans l’atelier et interagir avec lui. Ce n’est pas là où je vis, c’est en réalité un lieu qui correspond à ma personnalité. L’énergie de mon atelier est générée par un groupe de personnes que j’ai sélectionné au préalable et qui fonctionne bien ensemble.

Damien Gernay : Die Werkstatt est ma seconde famille. Je suis très timide et introverti, c’est pourquoi j’ai besoin d’un espace dans lequel je puisse transformer mes idées en autre chose. Ce n’est qu’ensuite qu’interviennent les matériaux. Je travaille par-dessus tout sur la matérialité. Plus qu’un lieu physique, il s’agit d’un endroit propice à la réflexion, ouvert et créatif.

Fabian von Spreckelsen : Die Werkstatt est mon lieu de travail, un endroit où circule une énergie satisfaisante. Je ne peux pas créer mes pièces si je ne dispose pas de cet environnement adéquat. Avant, c’était un garage automobile. Le karma propice de cet endroit me motive à travailler et à réaliser mes pièces haut de gamme. Je m’y sens à l’aise, chez moi et heureux de créer en adéquation avec les outils et les objets qui y sont rassemblés. L’artisanat est fondamental et minimaliste ; il ne me contraint pas à utiliser la technologie. Les outils que j’emploie pour confectionner mes pièces sont relativement simples et la perceuse est particulièrement importante. Il s’agit du même type d’outils qu’utilisait mon grand-père, qui travaillait dans la construction dans les années 1950-60.

Kaspar Hamacher : Die Werkstatt, c’est moi. Cet endroit pourrait se trouver n’importe où, tant que je m’y sens bien : dehors ou dedans, dans la forêt ou à l’atelier. Tout se joue en moi. Quand nous sommes amis, nous sommes Die Werkstatt. On va dans des endroits où il est aisé de se retrouver. Dans ce lieu singulier, je suis à l’aise et Die Werkstatt est également un espace de repos où je peux prendre mon temps, souvent seul ; j’ai donc l’impression d’être Die Werkstatt.

Jonas Loellmann : Die Werkstatt est un espace personnel où l’on peut rassembler des images, des objets, etc. C’est un lieu où l’on peut conférer une identité à son travail. Je ne travaille pas avec des machines ; je suis plutôt un collectionneur qui utilise des instruments pour prendre des photographies. L’atelier est avant tout un port, et moi je suis un pêcheur. Je me fonds parfaitement dans cet environnement et je peux m’y concentrer sans être influencé par les autres. C’est un endroit que je ne peux partager avec personne d’autre, car j’en ai besoin pour m’isoler et protéger mes idées et visions

Le travail physique est-il essentiel à vos yeux ? Dans quel sens ? Pourriez-vous décrire brièvement le processus au sein de votre atelier ?

V.L. : Dans notre cas, la dimension physique est essentielle. Personnellement, je fais plus de pièces artisanales que de design. Tout se résume également à la qualité, qui découle de la façon de façonner les pièces et d’exprimer mes propres sentiments. Je ne compose jamais à l’ordinateur ni ne dessine mes pièces de mobilier sur papier. Je commence par tenir des morceaux de bois brut dans mes mains ; les finitions n’arrivent qu’au terme du processus, qui est organique et sculptural, mais très contrôlé. Disons qu’il s’agit davantage d’un processus psychologique

F.v.S. : C’est important pour moi de créer avec mes propres mains : je fabrique des maquettes et je contrôle entièrement le processus de soudure.

K.H.: Je commence par un concept pour ensuite l’appliquer immédiatement à des matériaux. Je ne fais pas de croquis ni de maquettes : je pars de zéro. J’ai en tête une idée d’objet fonctionnel ou conceptuel que j’essaie ensuite de communiquer. Le bois est mon medium. Je produis des compositions qui me permettent d’exprimer mes sentiments.

J.L.: Je tente de donner vie à mes photographies. Je travaille sur des négatifs, je les scanne, les observe, les présélectionne et les imprime. Je recherche l’intemporalité, parfois déconnectée de nos expériences quotidiennes. J’ai compris que l’encadrement peut aussi être un processus manuel. J’ai par exemple découvert que le travail du bois utilisé par mon frère Valentin peut conférer une plus grande valeur ajoutée au cadre de mes images imprimées. Je ne dispose pas de chambre claire, mais le postprocessus m’appartient et j’y ajoute ma propre touche personnelle.

D.G.: C’est le matériau plus que l’effort physique qui m’intéresse. Il émerge d’un processus expérimental. Je fabrique tous mes prototypes, sauf quand je ne possède pas moi-même la maîtrise de certaines techniques.

 

Infos pratiques :

Die Werkstatt se découvre du 9 février au 6 mai 2018, du mercredi au samedi de 11h à 18h, à la galerie Spazio Nobile 142 rue Franz Merjay à 1050 Bruxelles (Ixelles).

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