The Sense of an Ending : Un film dont on se souviendra

photo film the sens of an ending

Peut-on se fier à sa mémoire? C’est la question que pose le héros de The Sense of an Ending, le nouveau film de Ritesh Batra. Inspiré du roman labyrinthique à succès de Julian Barnes Une fille, qui danse, The Sense of an Ending  réunit tout le gratin du cinéma et de la télé britannique pour nous conter l’histoire de Tony Webster, un homme d’une soixantaine d’années, retraité et divorcé, qui vit seul avec ses souvenirs…

A la recherche du temps perdu et retrouvé

Tony (Jim Broadbent) est un semi-retraité qui possède un magasin de caméras usagées. Décidément hors du temps, l’homme n’a que peu de fréquentations. Il accompagne sa fille Suzie (Michelle Dockery) à ses cours prénataux et mange régulièrement en compagnie de son ex-femme, Margaret (Harriet Walter). Sa vie se déroule comme un long fleuve tranquille jusqu’au jour où il reçoit une lettre lui indiquant que Sarah (jeune, elle est incarnée par Emily Mortimer) vient de mourir. Elle lui lègue une faible somme d’argent et un journal. Lequel journal intime est en possession de Veronica (Freya Mavor jeune, Charlotte Rampling, âgée) qui refuse de le remettre à Tony.Cet événement réveille la mémoire peu assurée de Tony qui commence à parler de Veronica, son premier amour, à Margaret. Peu à peu, les souvenirs de ses études dans l’un de ces collèges britanniques pour garçons laissent apercevoir des zones troubles. Si Veronica a été son premier amour – ce que nie Tony avec véhémence -, ils n’ont jamais couché ensemble et elle l’a quittée pour Adrien (Joe Alwyn), son meilleur ami… qui s’est finalement suicidé en pleine année scolaire.

Avec le temps, il a fini par perdre sa femme, sa fille, ses illusions, ses amis de jeunesse, ses cheveux et même la mémoire ! C’est un film sur la mémoire donc, mais aussi sur ses principales dépendances : le remord et le regret.

Vous aimerez cette intrigue habilement tournée à l’anglaise. Après l’excellent The Lunchbox, Ritesh Batra offre au public une réalisation au charme étrange qui fait la part belle aux non-dits, à ces regards, aux petits gestes, à tous ces impalpables qui caractérisent les rapports humains et qui donnent du sens bien au-delà des mots…

The Sense of an Ending, de Ritesh Batra, en salles le 24 mai.