Hommage à Will, un artiste qui a marqué l’univers de la BD

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Dans le très beau livre « Will. Mirages. » se cache un superbe hommage rendu à Willy Maltaite, alias Will. Un maître de la BD belge formé à l’école de Joseph Gillain (Jijé), excusez du peu!  Un auteur de BD surtout connu du grand public pour sa reprise de la série Tif et Tondu. Une excellente série, soit, mais qui ne peut (doit) pas résumer la formidable carrière de Will. Dessinateur mais également peintre de grand talent.

Par Philippe Degouy

Will, artiste de notre enfance

A l’occasion de la sortie en fin d’année 2017 du très beau livre Will. Mirages, publié par les éditions Daniel Maghen, l’occasion était belle de reparler d’un auteur qu’il faut placer sur la même marche qu’un Hergé ou un Franquin. La popularité en moins, mais qu’importe le flacon devant l’ivresse du plaisir de lecture.

Un beau livre qui donne la parole à l’artiste (disparu en 2000) grâce aux multiples entretiens collectés par l’auteur, Vincent Odin.  L’ouvrage laisse néanmoins la part belle à l’iconographie. Avec des dizaines de reproductions sur papier luxueux de planches, de crayonnés, de peintures. De quoi replonger le lecteur de plus de 50 ans au coeur de la période bénie de l’enfance. Si l’expression « madeleine de Proust » est usée jusqu’à la corde, force est de constater que les souvenirs nous reviennent en pleine face à la redécouverte de ces planches et couvertures d’albums qui ont baigné nos lectures adolescentes. Avec délice.

Vous les femmes…

Et au fil du voyage se dessine clairement ce qui fascinait réellement Will. Son sujet favori, sa passion merveilleusement présente dans sa peinture : la femme. Elle ouvre et referme l’ouvrage. Nombreuses sont les reproductions de portraits, de nus superbes, de femmes drapées qui laissent deviner des courbes parfaites. Les belles de Will sont réunies dans un cahier spécial au coeur du livre, imprimé sur un papier encore plus luxueux. Comme un écrin à la beauté si bien peinte par Will.
Et qui a pu oublier la belle Calendula dans Isabelle? Une série qui naviguait entre poésie et fantastique, mais qui n’a pas connu le succès public. Dommage. Même si la présence de Calendula a fait chavirer bien des coeurs d’adolescents. Ceux qui naviguent aujourd’hui dans la cinquantaine. Nul doute que ces adultes se souviennent aussi des récits érotiques de Will. Des prétextes coquins pour mettre en scène et magnifier le corps de la femme. Toujours elle. Omniprésente dans l’oeuvre de Will. « Oui, je dois le dire, j’aime les femmes et j’ai toujours adoré les dessiner. »

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Plus qu’une biographie d’excellente facture, le lecteur tient entre les mains un livre d’art. Tant pour le traitement octroyé au sujet qu’à l’objet lui-même. Mais où le ranger dans la bibliothèque? Dans le coin BD ou parmi les ouvrages artistiques? Qu’importe au fond, ce dilemme reste sans intérêt devant le plaisir de l’avoir lu. Et l’envie de se replonger dans cet univers féminin. Sensuel et respectueux.
Les fêtes sont passées, pas l’envie de se faire plaisir avec un beau livre. Ni celle de tenter d’imiter Will : « Moi ce qui me fait vivre, c’est de m’amuser! »

 

Will. Mirages. Préface de Stephen Desberg. Réalisation de Vincent Odin. Editions Daniel Maghen. Collection : Biographies en Images. 408 pages.
https://www.danielmaghen.com/fr/mirages_l58.htm