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Végétarisme, veganisme ou flexitarisme ?

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A l’heure où les dérives et scandales alimentaires font la Une des médias, nous nous interrogeons sur le végétarisme, le véganisme, ou encore le flexitarisme. Qu’en pensent les professionnels ? N’est-ce pas tant un mode alimentaire qu’une philosophie de vie ? Stéphanie Tylleman, diététicienne-nutritionniste, nous éclaire…

Joëlle Rochette

3 questions à Stéphanie Tylleman, diététicienne-nutritionniste

Créatrice de « Dietconsult », Stéphanie Tylleman coordonne deux centres de consultation en diététique, à Bruxelles (Koekelberg, Uccle). Là, sont également assurées des consultations de kinésithérapie mais aussi des ateliers culinaires pour enfants et adultes.

D’après vous et les nombreux patients que vous rencontrez à Dietconsult, l’alimentation végétarienne, voire végétalienne est-elle une mode ou une nécessité contemporaine ?

Ce n’est ni une mode ni une nécessité mais plutôt une réaction du consommateur vis-à-vis d’une industrie agro-alimentaire jugée déraisonnée et focalisée sur le profit. En parallèle, la tonalité médiatique évolue, cherchant de plus en plus à atteindre l’émotionnel du consommateur envers la cause animale et le respect de l’équilibre de l’offre alimentaire planétaire. Deux éléments conjugués qui me sont fréquemment relayés en consultation avant même la question de la santé individuelle. Il n’est pas nécessaire de devenir végétarien (et sûrement pas végétalien) pour entretenir une bonne santé. Par contre, la population belge devrait consommer moins de viande rouge et de charcuteries grasses et plus de protéines végétales de type légumes secs ou substituts de viandes végétaux. D’un point de vue de la santé, j’encourage plutôt le « flexitarisme » ou « semi-végétarisme », ce compromis me semble optimal.

Quels sont les bienfaits d’une alimentation veggie ou vegan pour la santé, mais aussi les risques et dangers que vous avez constaté chez vos patients ?

La plupart des patients émettent en premier lieu une de crainte vis-à-vis d’éventuelles carences alimentaires. Dans la majorité des cas, après une information recadrée et complète ils s’aperçoivent que leurs connaissances sur le sujet ne sont pas assez précises. En synthèse, une alimentation plus végétale est bénéfique pour la santé cardio-vasculaire, la prévention du diabète et de certains cancers mais elle peut contenir des risques. Une alimentation végétarienne déséquilibrée peut conduire à des manques (voire des carences) de protéines de haute valeur biologique, de fer et de vitamine B12 (fatigue, anémie, troubles nerveux…). Dans le cas du végétalisme, une supplémentation en fer, calcium et vitamine B12 est indispensable.

Quels conseils donneriez-vous à ceux qui veulent devenir végétariens, végétaliens ou même aux consommateurs de produits bio ?

Pour couvrir ses besoins nutritionnels, un végétarien devra se tourner vers les protéines de l’œuf, du soja, du blé, les mycoprotéines, les produits laitiers (riches en B12) et les légumes secs. Il consommera également des céréales complètes, des graines et des légumes à feuilles vert foncé pour leurs apports en fer. Je conseille systématiquement aux végétariens d’arroser leurs aliments de jus de citron ou de manger un fruit aux alentours du repas car la vitamine C favorise l’assimilation du fer provenant d’aliments végétaux.

Envie d’inspiration? Allez découvrir sa recette  » Veggie Burger à l’indienne et chutney de pomme à l’oignon « 

Stéphanie Tylleman
Diététicienne-nutritionniste – Dietconsult
www.dietconsult.be