Le design à l’épreuve de la contrefaçon

photo contrefacon eames

Face aux grands noms du design et à leurs meubles iconiques dont les tarifs sont parfois exorbitants, d’autres cassent les prix en fabriquant des copies et en trompant le consommateur.

Une chaise Eames à moins de 100 euros, le fameux lampadaire Arco soldé à 200 au lieu de 1 900 euros, la lounge chair Le Corbusier pour quelque 400 euros… Qui dit mieux ? Dans certaines enseignes, les grands noms du design se vendent à prix cassé. Des tarifs défiant toute concurrence pour des meubles qui valent parfois plusieurs milliers d’euros. Comment expliquer ces différences de prix abyssales ? Sur internet, mais aussi parfois dans les magasins, la contrefaçon fait rage et la prolifération de produits contrefaits inquiète les éditeurs officiels qui peinent à enrayer ce marché du faux. Et que dire des consommateurs qui se laissent trop souvent berner par des prix attractifs, mais se retrouvent toujours avec des meubles de piètre qualité ?photo luminaire arco

Contrefaçon: Comme deux gouttes d’eau

Pour meubler leur intérieur, beaucoup de consommateurs se tournent vers des pièces design dont les prix alléchants font croire à une bonne affaire. Mais ces pâles copies n’ont rien des modèles originaux. Et parmi les meubles les plus plagiés, il faut citer les créations de Le Corbusier, les chaises Eames, la Série 7 d’Arne Jacobsen ou encore le canapé Smala de Pascal Mourgue. On trouve ainsi dans le commerce des fauteuils LC2, signés à l’origine par Le Corbusier, Pierre Jeanneret et Charlotte Perriand, pour moins de 500 euros, alors que le modèle original est vendu plus de 3 000 euros par Cassina, la maison d’édition qui est la seule à détenir les droits pour reproduire et commercialiser, entre autres, les créations de l’architecte suisse. Gianluca Armento, le directeur général, estime « qu’il existe des milliers de contrefaçons dont les conditions de fabrication sont catastrophiques ».

Celles-ci proviennent principalement d’Asie, où les usines tentent de reproduire à l’identique ces modèles que tout le monde veut voir chez soi. Des copies extrêmement ressemblantes donc et vendues comme telles sur certains sites. Mais d’autres ayant moins de scrupules laissent planer le doute quant au caractère original des meubles qu’ils commercialisent. Pourtant, il n’est pas si difficile de reconnaître une contrefaçon.

Démêler le vrai du faux

photo Gianluca Armento

Plusieurs astuces permettent de ne pas tomber dans le piège. D’abord, le prix bien évidemment ! Des tarifs trop bas doivent mettre la puce à l’oreille de n’importe quel chaland. Comme l’explique Gianluca Armento, « les tarifs des modèles originaux sont élevés notamment à cause des matières premières qui sont de qualité, mais aussi parce que des royalties sont versées aux héritiers des créateurs ». Les pièces officielles rééditées se reconnaissent également dans les détails. Presque toujours, la signature ou le nom des auteurs sont apposés sur le produit, ainsi que l’intitulé du modèle et parfois la maison d’édition qui le fabrique. Et si les copies sont moins chères, elles sont aussi de moins bonne qualité ! « La nature du cuir, du métal et des tissus est importante. Chez Cassina, nous n’utilisons pas de matières synthétiques ou chimiques. Il faut aussi être attentif aux coutures, aux doublures et aux soudures des parties métalliques pour distinguer le vrai du faux », conseille le directeur général de la maison d’édition.

Et pour ceux qui seraient tentés de se laisser séduire par une copie, Gianluca Armento rappelle que « les produits non contrefaits sont les seuls à durer dans le temps et à se bonifier ». En effet, si l’achat d’un tel meuble est un réel investissement, c’est aussi la garantie d’acheter un objet fabriqué dans le respect de la démarche intellectuelle de l’auteur et des normes de sécurité.

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