Pour celles qui ne l’ont jamais vu en vrai, la surprise est totale. Messmer va droit au but : il suffit de deux à trois secondes pour qu’un volontaire s’effondre littéralement dans ses bras, endormi. Pas de chute brutale : il accompagne chaque corps avec une précision presque chorégraphique. Mais la rapidité du phénomène glace et fascine à la fois. La salle retient son souffle, puis éclate de rire lorsque les nouveaux « endormis » réalisent leurs premières actions sous suggestion. C’est cette entrée fulgurante dans l’état hypnotique qui marque le plus : ce moment où la conscience vacille sans jamais disparaître.
Voyage à 13 Hz
Le nom du nouveau spectacle de Messmer renvoie à cette fréquence cérébrale située entre l’éveil et le rêve. À 13 Hz, dit-il, c’est le subconscient qui prend les commandes et colore la perception. Sur scène, les volontaires croient s’appeler « Jean Neymar », oublient le chiffre 7 ou se retrouvent transportés sur une plage de Bora Bora, à se tartiner de crème solaire sous un soleil imaginaire. Certaines scènes tournent au burlesque : disputes pour une serviette de bain, puis séduction involontaire du voisin de plage… Messmer rappelle toutefois que rien ne dépasse la volonté profonde des participants : il offre une traversée ludique de ce moment fragile où l’esprit lâche prise… et où l’humour s’invite presque malgré soi.
Entre doute et fascination
« L’un des moments les plus révélateurs survient au tout début du spectacle, lorsqu’il demande à l’ensemble de la salle de coller fermement ses doigts. Sous ses instructions, certains n’arrivent plus à les décoller, comme si leurs mains avaient décidé de vivre leur propre vie.
Ce sont précisément ces personnes-là que Messmer invite à monter sur scène : les plus réceptives, celles dont le subconscient se laisse approcher en douceur. À partir de là, la soirée bascule dans un mélange de science, d’instinct, de théâtre et d’expérience humaine.
Bien sûr, certains spectateurs restent persuadés que les hypnotiseurs ont parfois quelques complices disséminés dans la salle – un soupçon qui revient depuis des décennies dans ce milieu. Mais l’exécution, la cohérence et la rapidité des phénomènes observés laissent penser que si secret il y a, il ne suffit certainement pas à expliquer l’ensemble de ce qui se joue sur scène. Et c’est justement cette zone grise, entre doute et fascination, qui rend le spectacle si captivant.
Un enfant et un grimoire
Si Messmer maîtrise aussi bien son art, c’est que son histoire a commencé tôt dans sa vie. À sept ans, il a déniché dans les affaires de son grand-père un grimoire consacré à l’hypnose et au magnétisme. Ce fut alors comme une révélation : il a commencé à s’entraîner, observer, expérimenter. Plus tard, il étudiera la psychologie « au cas où » le théâtre ne lui ouvrirait pas ses portes, deviendra hypnothérapeute, puis basculera vers la scène pour démocratiser l’hypnose à travers le rire.
Depuis 2007, ses spectacles affichent complet, de Fascinateur à Hypersensoriel, et sa notoriété explose grâce à Stars sous hypnose sur TF1. Son nom de scène rend hommage à Franz-Anton Mesmer, pionnier du magnétisme, auquel il ajoute un « S » pour sceller sa signature.
Messmer en Belgique
17 & 18 février – Forum de Liège
19 & 20 février – Théâtre Royal de Mons
21 février – Cirque Royal, Bruxelles
22 février – WEX Marche-en-Famenne
10 juin – Dôme de Charleroi

