Avec les belles journées ensoleillées d’été la tentation est grande d’en profiter pour donner à la peau cette jolie teinte halée et amener cette touche de séduction supplémentaire qui sied bien aux tenues estivales. Mais ce serait oublier que cette exposition peut occasionner de graves conséquences sur la santé de la peau. Par la
combinaison toxique entre soleil et médicaments. Une photosensibilité à la prévalence plus importante auprès de la gent féminine par l’usage de cosmétiques, de traitements hormonaux ou de la présence de peaux plus sensibles.
Qu’est-ce que la photosensibilité ?
La photosensibilisation médicamenteuse c’est « une réaction anormale de la peau, résultant d’une
interaction entre l’exposition solaire (rayons uv et lumière visible) et un médicament photosensibilisant. » Cette expression générale couvre deux types de réactions bien distinctes l’une de l’autre. La phototoxicité, aux effets immédiats de type coup de soleil, et la photoallergie, aux effets différés (de 5 à 21 jours), de type allergiques. Certains des médicaments photosensibilisants ne déclenchent que l’un des deux
types mais d’autres peuvent impliquer les deux types.
Comme le souligne l’Hôpital Universitaire de Bruxelles sur son site internet, « en Belgique, environ 8% des effets indésirables cutanées liés aux médicaments sont attribués à ce phénomène de la photosensibilité. »
Si la prise de médicaments génère cette sensibilité extrême il convient de rappeler qu’elle ne constitue pas le seul facteur déclencheur. Pour la petite digression, certains aliments consommés provoquent aussi le même résultat par leur composition. Il en va ainsi des agrumes et de certains fruits à ne pas consommer
avant de s’exposer au soleil. Un danger d’autant plus important qu’ils figurent bien souvent dans les menus d’été pour leur effet fraîcheur. Il en va ainsi des citrons, du kiwi, de la figue, mais aussi du céleri, du persil ou du fenouil. Et si ces aliments déclencheurs sont consommés en parallèle avec la prise de médicaments l’effet
multiplicateur se révèle redoutable pour la peau. Et, comble du paradoxe, certains filtres UV présentent aussi un danger de photosensibilité. Autant se renseigner avant tout achat effectué avant l’usage.
Pourquoi les femmes sont-elles particulièrement concernées ?
Si la photosensibilité concerne chacun d’entre nous, sa prévalence se montre plus importante auprès du genre féminin. Et ce pour plusieurs facteurs, pris individuellement ou, combinés. Comme certains facteurs hormonaux qui peuvent engendrer une hyperpigmentation aggravée par une exposition au rayons UV.
L’usage fréquent de cosmétiques, souvent photosensibilisants, peut également provoquer des brûlures ou des réactions de type allergique. Certaines femmes peuvent également développer une allergie connue sous l’expression de lucite estivale bégnine (Leb), caractérisée par la présence d’éruptions cutanées dans le
cou et le décolleté. In fine, certaines maladies auto-immunes plus spécifiquement féminines peuvent aussi provoquer une photosensibilité. Comme le lupus érythémateux disséminé, mais aussi la dermatomyosite.
Signaux d’alerte
Les premiers effets de la photosensibilité, similaires à un coup de soleil, se manifestent rapidement sur la peau agressée. Avec des signaux d’alerte à la sévérité variable selon la durée d’exposition, le traitement et le type de peau :
– Une peau rougie
– Une sensation de brûlure douloureuse
– Des plaques rouges, des cloques et des pustules
– Une peau gonflée
– Des taches colorées persistantes
– Une sensation de malaise.
Quels sont les médicaments les plus sensibles à l’exposition au soleil ?
Si tous les médicaments n’ont pas tous le même pouvoir toxique, la prudence reste de mise avant de s’exposer. Les conseils du pharmacien et du dermatologue peuvent éviter ou limiter les conséquences. Nombreux sont les médicaments déclencheurs d’inflammation en cas d’exposition aux UV. Il s’agit dans la plupart des cas d’anxiolytiques, d’antidépresseurs, d’antibiotiques, de diurétiques mais aussi de médicaments anti-acnéiques. Des médicaments pris par voie orale ou proposés sous forme de gels, tout aussi dangereux. Plus de 300 substances, ingérées ou appliquées sur la peau, sont recensées pour leur prédisposition à déclencher des réactions cutanées.
A ce stade, une question se pose : comment savoir si mon traitement actuel en fait partie ? Premier point, la notice doit l’indiquer clairement sur la boîte et parmi les recommandations. Plusieurs listes, disponibles en ligne et sans cesse remises à jour, détaillent également les médicaments et autres produits photosensibilisants.
Négliger le risque de s’exposer aux UV avec la prise de médicaments n’est pas anodin au vu des conséquences durables. Outre les effets cutanés immédiats, une peau fragilisée par l’exposition répétée à ce cocktail de médicaments et de soleil encourra de fortes probabilités de subir une hyperpigmentation avec l’apparition des taches brunes sur le visage, le cou ou les mains. Mais aussi, et surtout, un vieillissement accéléré de la peau et le déclenchement possible de cancers de la peau, avec des carcinomes et des mélanomes. Deux types de cancers au pronostic favorable s’ils sont détectés de façon précoce. Raison supplémentaire de prendre des rendez-vous réguliers chez le dermatologue avant et après la saison estivale et de procéder à une autoévaluation pour détecter toute modification de sa peau et de celle des grains de beauté présents. Un principe de précaution d’autant plus important pour la femme soumise à la prise de médicaments.
Quels conseils de prévention suivre ?
Lors d’un traitement médicamenteux le premier conseil du praticien, le plus évident, sera d’éviter toute exposition le temps de la durée du traitement. Mais aussi après la fin du traitement durant une période recommandée par le médecin et variable selon les médicaments pris.
D’autres conseils de prévention apportent une approche plus concrète et réaliste. Comme la recommandation de ne pas s’exposer durant les heures les plus chaudes (11h à 16 heures) et de porter une tenue qui couvrira le plus possible le corps. Avec des vêtements traités anti-UV et un chapeau à large bord pour se protéger le visage, si fragile face aux UV. Des vêtements adaptés, mais aussi l’utilisation répétée de crèmes solaires à très large spectre protecteur (anti-UVA A et UVB, avec l’indice maximum SPF (Sun Protection Factor) 50+ voire le plus élevé possible, 100. Le service dermatologique de l’hôpital Universitaire de Bruxelles apporte sur son site d’autres conseils préventifs pour limiter les effets de la photosensibilité. Comme celui de bien lire les notices de tout médicament prescrit même si le pharmacien et le médecin se chargent bien souvent d’alerter sur ce risque de photosensibilité. Un risque loin d’être limité à la seule saison estivale. L’intensité des UV peut être tout aussi élevée en hiver, et pas seulement lors des sports d’hiver en haute montagne.
En cas d’impossibilité d’éviter une exposition solaire, notamment pour des raisons professionnelles, le médecin pourra dans certains cas prescrire des médicaments alternatifs, moins sensibles.

