Alzheimer, des avancées prometteuses apportent de l’espoir

La maladie d’Alzheimer nous concerne tous. Si aucun remède n’est encore disponible, la recherche évolue à grands pas depuis ces dernières années. Avec de nouvelles pistes prometteuses pour ralentir la maladie, la diagnostiquer et permettre une approche plus personnalisée.

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Avec quelque 200.000 cas enregistrés en Belgique en 2025 la maladie d’Alzheimer occupe la première place des maladies liées à la démence. Une épée de Damoclès redoutée, et plus encore pour les femmes, davantage concernées avec 60 % des cas constatés. Si Alzheimer reste incurable, les pistes de recherche ne cessent
d’évoluer favorablement. L’année 2025 est même qualifiée d’historique par les chercheurs avec des avancées multiples pour ralentir la maladie. L’occasion de dresser un bilan de l’avancée des recherches. Et d’apporter un peu (beaucoup) d’espoir aux malades et leurs aidants.

Alzheimer : quels sont les facteurs de risque ?

La maladie d’Alzheimer tient son nom du psychiatre et neurologue allemand Aloïs Alzheimer (1864-1915). Dès 1906 le scientifique avait associé les symptômes constatés chez une patiente à des lésions cérébrales bien spécifiques. Aujourd’hui encore, les causes du déclenchement de la maladie restent incertaines même si les
recherches s’accordent sur des éléments bien établis. Les neurones de la personne malade seraient affectés par la présence de plaques amyloïdes présentes entre les neurones mais aussi par la dégénérescence neurofibrillaire constatée à l’intérieur des neurones. Deux lésions des neurones associées à des amas de protéines normalement constitués lors du vieillissement normal. Mais bien plus élevés dans le cas de la maladie d’Alzheimer.

Concrètement, la maladie se déclenche après 60 ans avec des symptômes légers et souvent confondus avec ceux d’un état de fatigue ou de stress : des oublis, une difficulté à retrouver un mot, à se souvenir de moments proches, à raisonner ou se motiver au quotidien. Autant de premiers symptômes souvent négligés mais qui,
explique la Fondation recherche Alzheimer devraient amener la personne à consulter. À ce stade des recherches et des données récoltées les scientifiques estiment que le nombre de cas constatés dans le monde devrait doubler tous les 20 ans. Phénomène alimenté par le vieillissement de la population mondiale.

Si Alzheimer concerne aussi bien les hommes que les femmes, la maladie se montre pourtant plus présente au sein de la gent féminine, où l’on retrouve plus de 60% des cas enregistrés. Plusieurs raisons scientifiques l’expliquent. L’espérance de vie, notamment, plus élevée pour les femmes, avec environ six ans de vue supplémentaires par rapport aux hommes. La maladie toucherait, selon les données actuelles, entre 15 et 20 % des plus de 80 ans. Mais l’âge ne fait pas tout. D’autres facteurs interviennent également. Exposés par la Fondation recherche Alzheimer mais aussi par l’étude réalisée par la fondation WBF (Women’s Brain Foundation). Dont l’exposition plus importante des femmes à la dépression, au risque de maladies cardio-vasculaires et au stress chronique. Un risque d’Alzheimer associé aussi aux bouleversements hormonaux
rencontrés à la ménopause. La baisse des oestrogènes, dont on connaît l’influence positive sur la protection du cerveau, accélère le déclin cognitif et expose davantage le cerveau au risque de développer la maladie. Des femmes concernées également par la modification des chromosomes X (deux par cellule) liée à l’âge. Tout cela se révèle fort complexe, mais la conséquence réside dans le risque de développer la maladie par la réactivation de certains gènes normalement inactifs. Une dimension féminine prise en compte dans les recherches actuelle. Pour la petite digression, il convient de rappeler que le premier patient étudié par Aloïs Alzheimer était une femme. Des femmes concernées par la maladie. Comme malades mais aussi par le rôle
d’aidant-proche, occupé à 56%.

Où en sont les recherches menées sur la maladie ?

Si, rappelons-le, aucun traitement n’est encore disponible pour guérir la maladie, les recherches avancent favorablement. Avec une accélération des essais et des pistes de recherche. Le magazine scientifique Lancet souligne que les progrès enregistrés concernent une meilleure compréhension de la pathophysiologie, principalement centrée sur l’accumulation des protéines beta-amyloïde et tau, mais aussi l’inflammation neurogliale ainsi que les facteurs vasculaires et génétiques. Témoignage concret de la dynamique engendrée par les recherches en cours, quelque 150 essais cliniques actifs ont été recensés pour 2025. Avec l’accent porté
sur l’amélioration du diagnostic, phase majeure pour freiner au plus tôt l’évolution de la maladie.

Parmi les avancées notables figurent aussi des biomarqueurs capables de détecter et identifier les signes cliniques de la maladie avant l’apparition des premiers symptômes. Un diagnostic rendu plus précis et personnalisé et qui repose sur trois principaux outils. Une imagerie cérébrale devenue plus précise avec l’amélioration des techniques. Mais aussi des analyses de biomarqueurs présents dans le liquide cérébrospinal. Et enfin, l’utilisation future de nouveaux tests sanguins, encore à valider. Cette avancée dans le diagnostic permettra une prise en charge plus rapide et plus personnalisée du malade, avec un traitement rendu plus efficace quand Alzheimer n’est encore qu’au stade précoce.

Au sein de l’institut Pasteur de Lille un nouveau challenge attise l’espoir de la communauté internationale : le développement d’un mini-cerveau, un million de fois plus petit qu’un cerveau humain, pour mieux appréhender les symptômes de la maladie. Un organoïde, pour utiliser le jargon scientifique, destiné à « servir de matériau vivant pour mimer la maladie et évaluer l’efficacité de nouveaux traitements. » Le but consiste à étudier ce que la maladie change dans les neurones. Un projet innovant, mais dont les résultats ne seront pas disponibles avant 5 ou 10 ans.

Et quid côté traitements ? De nouveaux médicaments sont testés pour ralentir l’évolution de la maladie, notamment avec un ciblage sur les protéines associées à Alzheimer. Les résultats des essais, disponibles en ligne, se révèlent encourageants mais pas encore définitifs. Enfin, d’autres pistes prometteuses sont suivies par les chercheurs. Comme la stimulation cérébrale non invasive combinée avec des modifications du mode de vie pour ralentir le déclin cognitif. Comme un meilleur suivi des risques, estimés à 14 par les chercheurs. Ceux liés à de l’hypertension, du diabète, de la dépression ou de l’obésité. Pour n’en citer que les principaux. La prévention, largement présente dans les avancées médiatisées, constitue pour les chercheurs un axe majeur pour protéger au mieux la santé du cerveau. « Un ciblage de ces risques pourrait réduire de 45% les cas de démence » souligne le World Alzheimer Report publié en 2025.

Ces avancées notables constatées depuis 2023 ont un premier palier à atteindre, transformer la maladie d’Alzheimer en une maladie gérable, au moins pour le stade précoce. Une bonne nouvelle, prometteuse d’espoir pour les patients et leurs aidants. Oui mais avec la conscience des nombreux défis encore à relever. Comme les coûts importants des traitements, la gestion des effets secondaires ainsi que l’accès pour tous aux traitements promis.


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