La peau, reflet de notre bonne santé et objet de toutes les attentions pour magnifier la féminité. Mais aussi la victime de nombreuses agressions. Comme les perturbateurs endocriniens. Un enjeu sanitaire majeur pour les dermatologues, pour
les graves effets constatés sur la peau. Principale voie d’accès de ces PE, omniprésents dans notre quotidien. Quels sont leurs effets sur la peau, comment s’en prévenir ? Explications.
Les perturbateurs endocriniens (PE), mais de quoi s’agit-il ?
Les perturbateurs endocriniens (PE)… Une menace bien connue du milieu médical et scientifique. Soit, mais qu’en est-il du grand public ? Et notamment de la gent féminine, concernée à plus d’un titre. Notamment pour l’usage fréquent et parfois
intensif de cosmétiques. Sans verser dans le langage scientifique abscons, les perturbateurs endocriniens (PE), estimés à plus de 10.000, peuvent se définir comme des substances exogènes susceptibles d’interférer avec notre système hormonal en modifiant l’action des hormones naturelles. Par mimétisme, blocage ou modification. Avec la peau, ces perturbateurs endocriniens trouvent une porte d’entrée accessible et fragilisée par l’usage fréquent des cosmétiques et autres contacts plastiques.
Où trouve-t-on ces PE ? La réponse tient en quelques mots : partout dans notre quotidien. Qu’il s’agisse des plastiques, des pesticides, des emballages alimentaires… Mais aussi et surtout des produits cosmétiques, aux composants souvent délétères pour la santé de la peau. Comme le bisphénol A, le triclosan, les phtalates ou les parabènes. Pour ne citer que les plus courants.
Des PE aux effets délétères renforcés par l’exposition chronique ou combinée (comme les plastiques et les cosmétiques). Parmi les populations les plus sensibles aux effets des PE figurent les femmes enceintes, les nourrissons et les adolescents en plein développement. Sans oublier les personnes aux antécédents de cancers hormono-dépendants ou soumises à des traitements médicaux, comme une hormonothérapie ou une chimiothérapie. Les femmes, dans leur globalité, figurent aussi dans le public cible. Pourquoi ? Pour une raison physiologique évidente. Les femmes, de manière générale, détiennent un indice de masse grasse plus important que les hommes. Comme de nombreux PE sont stockés dans le tissu gras, cela rend de facto la femme plus vulnérable à leurs effets.
Quels sont les effets possibles des PE sur la peau ?
L’impact des PE sur la peau n’est pas anodin et peut donner lieu à des effets sévères. Nombreux, dont l’un des plus fréquemment rencontrés : la chloracné. Soit une forme sévère d’acné caractérisée par des kystes et des comédons en quantité importante. D’autres manifestions cutanées peuvent survenir également. Comme le développement de dermatites atopiques ou de contact, associées dans ce dernier cas d’allergies. Les PE peuvent aussi accélérer le vieillissement cutané par la présence de stress oxydatif et de dégradation du collagène. Ils peuvent aussi aggraver d’autres infections cutanées déjà existantes et liées au dérèglement hormonal généré à la ménopause. Sur le plan esthétique, l’exposition aux perturbateurs endocriniens peut générer une hyper
ou hypo pigmentation de la peau ainsi qu’une forme d’hypertrichose (une pilosité excessive). Autant d’effets indésirables capables de jouer sur la confiance et l’image que la femme souhaite refléter aux yeux des autres. Un risque cancéreux est également présent parmi les effets possibles provoqués par la présence de PE.
Quelles sont les recommandations utiles pour préserver sa peau ?
Face à cette menace incarnée par les perturbateurs endocriniens, il convient de prendre contact avec son dermatologue pour bénéficier de conseils personnalisés. Notamment quant au type et à l’état de sa peau. Un cas n’est pas l’autre. De l’avis du milieu médical, se contenter d’une approche globale du problème n’est pas la solution à suivre. La plupart des études scientifiques menées sur les PE privilégient toutefois quelques recommandations communes. Comme la nécessité de privilégier des cosmétiques naturels. Certifiés sans présence de parabènes, de phtalates, de triclosan ou d’autres filtres aux effets jugés controversés par les dermatologues. Un choix nécessaire, accompagné d’une réduction recommandée de l’usage de tous les
produits parfumés et à base de plastiques. Comme les plats dédiés au passage au micro-ondes et qui libèrent des particules durant la cuisson. A remplacer par des plats en verre.
La protection contre les effets des perturbateurs endocriniens passe également par quelques petits gestes simples, à intégrer à son quotidien. Comme le fait d’aérer sa maison 15 minutes au moins deux fois par jour. Mais aussi ma nécessité de laver le
linge et les essuies, draps neufs avant toute utilisation. Autant de conseils mis en avant par le SPF Santé sur sa page dédiée aux PE. Des perturbateurs endocriniens aux enjeux désormais pris en compte par les autorités pour l’impact majeur sur le plan sanitaire. Sur le plan européen, une directive prise en 2019 via le règlement Cosmétique a interdit ou réduit l’usage de
certains PE. Sur le plan national, la Belgique n’est pas en reste avec la prise de mesures administratives. Comme l’inscription depuis 2023 des perturbateurs endocriniens au Code belge du bien-être au travail. Mais aussi la mise en place de
mesures préventives inscrites dans le cadre global du Plan d’Action National sur les Perturbateurs Endocriniens (NAPED).
Note : Cet article se veut informatif et ne peut remplacer l’avis d’un dermatologue.

