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L’automne de l’opéra

Les plus grandes maisons d’opéra ont leurs histoires qui participent à l’Histoire. 2019 marque le 350e anniversaire de l’Opéra de Paris. A cette occasion, la Monnaie, notre maison d’opéra nationale est également mise à l’honneur à travers différents prêts de pièces issues de ses collections. Tour d’expositions en 4 étapes.

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Quand l’Opéra de Paris fête son 350e anniversaire, c’est la France qui met les petits plats dans les grands. Quelques grandes institutions culturelles ont placé l’opéra à leurs cimaises. Pour le plaisir des mélomanes. Et des autres. En effet, l’Opéra de Paris, honorable institution fondée en 1669, offre 1.001 prétextes à un parcours scénographique des plus intéressants. Une occasion saisie avec raison par le Centre Pompidou-Metz, le Centre National du Costume de Scène, le Musée d’Orsay ou encore la Bibliothèque-Musée de l’Opéra. Mais aussi chez nous, à Bruxelles, Liège ou encore Charleroi.

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A Metz

Opéra monde, la quête d’un art total

Dans le Grand Est, ce sont les relations entre les arts plastiques et le genre lyrique qui sont explorées. Outre un plongeon dans l’univers de metteurs en scène tels que le Sud-Africain William Kentridge (avec une section entièrement dédiée à Die Zauberflöte notamment) ou encore l’italien Romeo Castellucci (avec une projection de la production du Parsifal créé à la Monnaie en 2011), ce sont l’attirance et/ou le rejet d’un genre pour l’autre qui sont décortiqués. Dans une scénographie labyrinthique où l’on se perd parfois un peu, le parcours se délie petit à petit pour s’achever sur un énorme coup de cœur : la projection de la performance proposée par Clément Cogitore dans le cadre de 3e Scène, le programme jeune de l’Opéra de Paris. Il s’agit d’une réinterprétation d’une partie du ballet de l’opéra baroque Les Indes Galantes de Jean-Philippe Rameau, avec le concours d’un groupe de danseurs de Krump, et de trois chorégraphes : Bintou Dembele, Grichka et Brahim Rachiki. Fort et puissant.

Jusqu’au 27 janvier au Centre Pompidou-Metz, Parvis des Droits de l’homme, Metz, www.centrepompidou-metz.fr

A Moulins

Habillez l’opéra

Au centre de la France, une institution trop peu connue a pris ses quartiers (sans mauvais jeu de mots) dans d’anciennes casernes militaires du XVIIIe siècle. Des volumes à la dimension de ses collections. Le Centre National du Costume de Scène à Moulins conserve et commissionne les collections des costumes historiques de l’Opéra de Paris, de la Comédie-Française et de la Bibliothèque Nationale de France. Avec des collections rassemblant plus de 10.000 pièces, leurs expositions font rêver. C’est aussi le cas de la dernière en date, Habiller l’Opéra, qui explore les grands courants esthétiques qui animent l’opéra et le ballet du XIXe au XXIe siècle. La scénographie impressionnante nous plonge dans les coulisses du bâtiment de l’Opéra Garnier et se découpe chronologiquement autour des personnalités qui ont dirigé l’Opéra de Paris depuis 1875… dont un focus sur Gerard Mortier, ce Gantois qui fut directeur de la Monnaie de 1981 à 1991. Un point de vue intéressant et révélateur des influences artistiques mais aussi des personnalités qui les incarnent.

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Jusqu’au 3 novembre au Centre National du Costume de Scène, Route de Montilly, Moulins, www.cncs.fr

A Paris

Degas à l’opéra

Le Musée d’Orsay dont les collections sont principalement issues du XIXe siècle mettra, à partir de fin septembre, l’accent sur un artiste qui avait une relation toute particulière avec l’opéra : Edgard Degas. Depuis ses débuts dans les années 1860 jusqu’à la fin de son œuvre, Degas a représenté l’opéra depuis une multitude de points de vue : la fosse d’orchestre, les coulisses, la salle, le foyer… mettant ainsi en composition tout un univers passionnant et passionné. Une exposition qui s’annonce ambitieuse. Elle est organisée conjointement avec la National Gallery de Washington.

Jusqu’au 19 janvier au Musée d’Orsay, Rue de la Légion d’Honneur, Paris, m.musee-orsay.fr

A Paris

Le grand opéra, le spectacle de l’histoire

L’exposition Le Grand Opéra est le dernier rendez-vous proposé par l’Opéra de Paris avant la clôture de sa programmation anniversaire (le 26 décembre avec Battle Opéra, un grand battle de hip-hop qui est organisée sur la scène de l’Opéra de Paris). Le Grand Opéra, le spectacle de l’histoire est organisée en partenariat avec la Bibliothèque Nationale de France et retracera le genre du « grand opéra à la française ». On pourra notamment y admirer des œuvres prêtées par la Monnaie et liées au premier « grand opéra à la française », La Muette de Portici d’Auber… qui marqua l’histoire de la Belgique au fer rouge.

Du 24 octobre au 2 février à la Bibliothèque-musée de l’opéra, Palais Garnier, Rue Scribe, Paris.

JUKE-BOX OPERA

Quand l’opéra s’invite sur les planches…

La compagnie belge Pop-Up a monté une production qui fait l’effet d’une petite bombe de fraîcheur dans le paysage théâtral. Il ne s’agit pas d’un événement en lien avec le 350e anniversaire de l’Opéra de Paris mais ce focus opéra était un prétexte trop beau pour le laisser passer… Juke-Box Opéra raconte Julie Mossay, une Liégeoise, chanteuse à la fois lyrique et de variétés. C’est tout dire. Cette personnalité à la destinée aux grands écarts – la menant de l’entreprise de friteries de son père à l’interprétation de grands rôles sur la scène de l’opéra (Bruxelles, Metz, Paris…) en passant par le karaoké de variétés et le Concours Reine Elisabeth – avait une histoire à raconter. La sienne, romancée et en musique (forcément ?). Le tout diablement bien mis en scène. Cette pétillante pièce belge va tourner cet automne et nous vous la conseillons fortement…

Du 15 au 19 octobre au Théâtre de la Place à Liège et les 15-16 novembre au PBA à Charleroi. Toutes les dates sur www.compagniepopup.be.