Il fallait y penser. Après avoir massé, pincé, roulé, gua-shaté et yogaté notre visage, voilà qu’on nous propose désormais… de le scotcher.
Pas avec le rouleau qui traîne dans le tiroir du bureau, rassurez-vous ! Le face taping utilise de fines bandes adhésives élastiques que l’on dispose sur le front, les joues, autour de la bouche ou le long de la mâchoire. Sur Instagram et TikTok, les avant-après sont suffisamment séduisants pour donner envie de tenter l’expérience. Mais entre petit coup d’éclat et lifting maison, il y a tout de même quelques rides à franchir.
Mais pourquoi se mettre du scotch sur le visage ?
Le principe vient du kinesio taping, ces bandes colorées que l’on voit depuis longtemps sur les épaules et les genoux des sportifs. Appliquées sur le visage, elles servent notamment à mettre certains muscles au repos et à agir sur les tensions liées à nos mimiques. Car notre visage travaille toute la journée. On fronce les sourcils devant son ordinateur, on plisse les yeux au soleil, on serre les mâchoires quand le programme de la journée déborde… Et, année après année, ces mouvements participent à l’installation des rides d’expression.
Les bandes maintiennent doucement certaines zones pendant quelques heures. Au retrait, les traits peuvent sembler plus détendus, les marques moins prononcées et le visage un peu plus frais. Jusque-là, on signe.
Effet lifting
C’est ici que le joli rêve vendu sur les réseaux sociaux mérite un petit recadrage. Le face taping ne retend pas durablement la peau. Il ne fait pas remonter les bajoues, ne restaure pas le collagène et ne gomme pas une ride installée pendant que nous dormons.
Son effet est essentiellement temporaire. En mettant certains muscles au repos, il peut donner cet aspect « bonne nuit de sommeil » que l’on apprécie tant dans le miroir. Il peut aussi s’intégrer à une routine associant automassage et gymnastique faciale. Mais oublions la promesse du lifting sans bistouri : nous sommes plutôt du côté du petit coup de frais malin. Et finalement, ce n’est déjà pas si mal.
Et après 50 ans ?
C’est justement là que les choses deviennent intéressantes. Avec les années et les changements hormonaux de la ménopause, la peau évolue. Elle devient souvent plus fine, plus sèche, moins dense et moins élastique. Or une peau qui a perdu de sa fermeté ne réagit pas de la même manière qu’une peau de 30 ans. Le face taping semble donc surtout intéressant sur les rides d’expression et les tensions musculaires, davantage que sur le relâchement cutané lui-même.
Et inutile de vouloir tirer davantage sous prétexte que la peau est moins ferme. C’est même tout le contraire : plus elle est fragile, plus le geste doit être délicat. Une bande trop tendue ou mal placée peut marquer un pli au lieu de le lisser.
On scotche où ?
Les adeptes ciblent principalement le front, les joues, le contour de la bouche, le sillon nasogénien et parfois la mâchoire. Mais avant de transformer sa salle de bains en atelier de travaux pratiques, mieux vaut apprendre les bons placements. Car la direction des bandes compte autant que leur tension. Pour débuter, une séance avec une facialiste formée à cette technique peut être utile. Une fois que l’on a compris le geste, rien n’empêche ensuite de poursuivre tranquillement à la maison.
On commence sur une peau propre, sans plaie ni irritation. On choisit surtout des bandes spécialement conçues pour le visage et hypoallergéniques : le gros tape destiné aux sportifs n’a rien à faire sur nos joues. Et on résiste à une tentation très naturelle : tirer. Le tape se pose sans mettre la peau sous tension. Pour une première fois, mieux vaut également le garder peu de temps et vérifier comment la peau réagit. Ça gratte, ça chauffe, ça rougit ? On retire.
Celles que le découpage façon cours de géométrie rebute peuvent aussi se tourner vers des bandes prédécoupées ou certains patchs en silicone. Beaucoup moins spectaculaire, certes, mais nettement plus simple devant le miroir.
Alors, on achète le rouleau ?
Pourquoi pas. À condition de ne pas lui demander l’impossible. Le face taping ne nous rendra pas le visage de nos 30 ans — et entre nous, était-ce vraiment le projet ? En revanche, il peut devenir un petit rituel pour détendre les traits, prendre conscience des crispations du visage et obtenir ponctuellement un effet plus reposé. Avant une soirée, après une semaine particulièrement chargée ou simplement parce qu’on aime prendre soin de soi, l’idée se défend.
Chez Fifty&Me, on préfère d’ailleurs retenir cela : moins une technique pour effacer notre âge qu’une nouvelle façon de détendre le visage. Et si quelques morceaux de tape suffisent à nous faire lever le pied — et le sourcil — on ne va certainement pas s’en priver.

