Culture : tout un été à admirer, lire et vivre

De la mode au design et aux festivals en passant par la photographie et l’histoire, sans oublier la lecture et la peinture, la culture bat son plein au cœur des villes. Nous avons déniché pour vous les événements les plus marquants aux quatre coins du pays.

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Histoire

Napoléon, encensé ou décrié ?

Cette année marque le bicentenaire de la mort de Napoléon Bonaparte à Sainte-Hélène, l’île où il était en exil après sa défaite à Waterloo. Deux expositions grandioses lui sont consacrées, l’une à la gare de Liège-Guillemins, l’autre au pied de la Butte du Lion.

Loin de faire son apologie, Napoléon, au-delà du mythe porte un regard aussi objectif et critique que possible sur l’empereur déchu. De son vivant déjà, il comptait autant de partisans qui l’adulaient tel un héros que de détracteurs qui le haïssaient à mort. La légende à laquelle il a lui-même contribué n’a cessé de prendre de l’ampleur depuis sa mort, inspirant des milliers d’ouvrages, films et documentaires. En plus d’un parcours chronologique classique, l’exposition de Liège s’articule autour d’une dizaine de thématiques visant à mieux cerner la vie et l’œuvre de Napoléon.

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© Collection Bruno Ledoux

Au Mémorial de la Bataille de Waterloo, l’exposition Napoléon : de Waterloo à Sainte-Hélène, la naissance de la légende aborde quatre thèmes par ordre chronologique, de la bataille décisive de 1815 à sa mort en 1821. Le premier – du champ de bataille à l’exil – rassemble des pièces de la bataille et de son départ pour son lieu d’exil. Le visiteur plonge ensuite dans la vie quotidienne de Napoléon à Sainte-Hélène, où il a eu pour seuls compagnons quelques généraux et domestiques restés fidèles. Le troisième espace dévoile un Napoléon déterminé à poursuivre ses combats par la plume et l’image pour éviter que d’autres écrivent son histoire à sa place. Enfin, la dernière section – le temps du héros – montre comment cet homme adulé par les uns et décrié par les autres a donné naissance à deux légendes.

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© Waterloo 1815.

Napoléon, au-delà du mythe, jusqu’au 9 janvier 2022 à la gare de Liège-Guillemins (www.europaexpo.be). Napoléon, de Waterloo à Sainte-Hélène, la naissance de la légende, jusqu’au 17 octobre au Mémorial de la Bataille de Waterloo 1815 (www.waterloo1815.be).

Design

100 ans – 100 chaises

Demandez à cent personnes ce que le mot « chaise » évoque pour elles et la plupart citeront la chaise de cuisine ou de salle à manger, tandis que les moins chanceux mentionneront le fauteuil roulant et quelques esprits troublés penseront à la chaise électrique. L’exposition au Design Museum Brussels adopte une approche plus large et retrace l’évolution de ce meuble du quotidien au cours des cent dernières années. Les esprits créatifs n’ont cessé au fil du temps de réinventer la chaise et de remettre en question son bagage culturel, technique, historique et social. Vous aurez donc le plaisir d’admirer pas moins d’une centaine de chaises qui reflètent chacune l’évolution du design sous un angle spécifique et selon cinq approches : production, utilisation, innovation (entre autres la chaise en porte-à-faux S33 de Mart Stam), valeur iconique et volet expérimental.

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Danseuse Michelle Peters © Tai Lomas.

Chaise. Stoel. Chair. Defining Design jusqu’au 29 août au Design Museum Brussels. Infos : designmuseum.brussels

Mode

Plus vite, plus haut, plus fort… plus beau

Programmée en 2020 mais reportée à cette année tout comme les Jeux olympiques – Covid oblige –, l’exposition Activewear est prête à éclore. Nous avons interrogé la commissaire Eve Demoen sur la relation qui unit le sport et la mode.

En plus des aspects directement liés à la performance, les athlètes d’aujourd’hui tiennent-ils compte d’autres paramètres ?

Eve Demoen : « Ce n’est pas nouveau. Merlene Ottey et Florence Griffith-Joyner faisaient déjà en leur temps le lien entre sport et mode. À l’heure actuelle, c’est surtout la technicité du vêtement qui intéresse les sportifs : en quoi peut-il leur permettre de courir plus vite ou de sauter plus haut ? Dans l’optique des JO, les nations participantes collaborent souvent avec des créateurs. En 2012, les athlètes anglais ont été habillés par Stella McCartney et les belges par Stijn Helsen, tandis que Giorgio Armani a dessiné les tenues de l’équipe olympique italienne pour 2020. »

Quel est le lien entre le sport et la mode ?

« Les deux tournent autour du corps. Notre exposition traite de l’influence du sport sur la mode (au sens artistique). Nous ne présentons donc pas de vêtements de sport en tant que tels. Mais la frontière reste poreuse par moments. C’était déjà le cas à la fin du 19e siècle, point de départ de notre exposition et période à laquelle le sport et les loisirs ont commencé à gagner du terrain. Coco Chanel, véritable égérie de la mode qui a intégré des éléments du dressing masculin dans ses créations pour femmes, a été une pionnière en la matière. Aujourd’hui – et la pandémie n’y est pas étrangère –, les tenues sportives du style survêtements ou baskets déferlent sur les catwalks. Un phénomène que recouvrent des termes comme activewear, sportswear, athleisure… Le créateur Glenn Martens de Y/Project affirme qu’il utilise les principes du vêtement de sport pour que ses créations conceptuelles puissent être portées. C’est l’idée centrale de notre exposition. »

Élodie Ouédraogo et Olivia Borlée en curatrices invitées

« Nous avons fait appel à Élodie et Olivia parce qu’elles incarnent parfaitement le sport et la mode. En plus de leur passé d’athlètes de haut niveau, elles sont actives dans cet univers à travers leur propre label 42ǀ54. Elles connaissent la mode (belge) sur le bout des doigts et lui vouent une véritable passion. Sans oublier leur vaste expertise dans la recherche de matériaux, en quête d’une plus grande durabilité et d’une meilleure technicité. »

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Olivia et Élodie. © Ronald Stoops.

Les baskets valent bien un coin dans l’expo

« Le streetwear a permis au sportswear de se faufiler dans le monde la mode grâce à plusieurs pièces. Les hoodies, survêtements et autres baskets ont révolutionné la mode. Des stylistes étiquetés streetwear comme Kim Jones et Virgil Abloh sont à la tête de marques aussi prestigieuses que Dior Homme et Louis Vuitton. Indissociables du streetwear, les sneakers sont devenues des vecteurs clés de l’identité. Les maisons de mode nouent des partenariats avec des marques de baskets et les marques de sport sont demandeuses de collabs pour leurs capsules. »

Les hommes aussi

L’économie du streetwear est fortement axée sur les hommes. Il est rare de trouver des baskets pour adultes sous la pointure 39/40 et les créateurs n’hésitent pas à intégrer des éléments du sportswear et du streetwear dans leurs collections, comme en témoignent Y/Project, Raf Simons, Louis Vuitton, Dior Homme, Craig Green… Le genre fait en outre partie des thèmes de l’expo : tout le monde – M/F/X – porte des sweats à capuche, des baskets et des survêtements. »

Activewear, jusqu’au 30 décembre 2021 au Musée de la Mode de Hasselt. Infos : www.modemuseumhasselt.be.

Tourisme culturel

Tempête en mer

Tout au long de l’été et jusqu’en automne, chaque commune du littoral vous fera découvrir une œuvre d’art. Sous la bannière Beaufort 21, 21 artistes belges et étrangers ont été sélectionnés pour réaliser chacun une œuvre d’art. Cette édition entend bien innover avec un projet qui se déroule sur l’ensemble de la côte. Heidi Ballet, commissaire : « La manière dont l’homme est soumis à la volonté de la nature est un thème récurrent lors de cette édition. Si l’on se demande parfois à la vue des immeubles comment l’homme a changé la côte, la question peut aujourd’hui se poser en sens inverse : comment la côte a changé l’homme ? Une perspective que nous avons jugée plus appropriée en ces temps de pandémie. »

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© Pers

Autre nouveauté figurant au sommaire de cette édition : une création musicale de l’artiste américain Ari Benjamin Meyers, qui sera jouée dans toutes les villes côtières. Les dix représentations se dérouleront avec la collaboration du groupe musical Die Verdammte Spielerei.

Beaufort 21, triennale de l’art contemporain au bord de la mer, jusqu’au 7 novembre 2021 dans chaque ville et commune de la côte. Infos : www.beaufort21.be.

Photographie

Le tour du globe

Dans l’écrin unique du Waagnatie d’Anvers, vous pouvez admirer plus de deux cents photos en grand format du photographe de presse de renommée mondiale Steve McCurry (°1950). Elles vous entraînent dans un périple qui démarre en Afghanistan et en Inde pour s’achever aux États-Unis, au Brésil et en Italie après un crochet par l’Afrique et Cuba. Steve McCurry croule littéralement sous les récompenses : il a décroché pas moins de quatre fois le World Press Photo Award et a été intronisé en 2019 à l’International Photography Hall of Fame. Il parle de son travail en ces termes : « J’aime surtout le côté méditatif la photographie, elle m’apaise. J’aime voyager aux quatre coins du globe, aller à la rencontre d’autres cultures et découvrir des paysages différents. » Son œuvre livre un témoignage sur des conflits, des cultures anciennes et des traditions ancestrales selon une approche essentiellement axée sur l’humain. Grâce à un audioguide, Steve McCurry en personne vous accompagne durant votre visite.

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Le monde de Steve McCurry, aucune date de clôture spécifiée, au Waagnatie d’Anvers, Rijkaai 150. Infos : www.stevemccurryexpo.com.

À ciel ouvert

Contemplation, lecture et détente

Durant la triennale de Bruges 2021, intitulée TraumA, treize artistes et architectes exposent des œuvres temporaires dans le centre de Bruges et à Zeebruges. Leurs créations sculpturales forment un parcours qui laisse la place à l’imaginaire et vous entraîne dans des endroits qui naviguent entre rêve et réalité. Ces treize installations temporaires se complètent de l’exposition « La ville poreuse » à voir au Poortersloge.

La 40e édition du Festival des arts de Watou s’intéresse à la position de l’homme dans le monde et accueille les amateurs d’arts plastiques, de poésie et de paysages dans le petit village frontalier et ses environs. Plus de trente artistes plasticiens et quatorze poètes participent au Festival des arts. Le tout à découvrir sur trois sites de caractère.

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© Tom Loonan

Triennale de Bruges : TraumA (www.triennalebrugge.be, jusqu’au 24 octobre à Bruges et Zeebruges. Festival des arts de Watou (www.kunstenfestivalwatou.be), du 3 juillet au 5 septembre à Watou et Poperinge.

Livres

Merveilleux génie

« L’unique différence entre un fou et moi, c’est que moi, je ne suis pas fou » (Salvador Dalí)

Nombreux sont ceux qui voient en Dalí cet artiste extravagant dont les visions cauchemardesques et les paysages bizarres expriment les turbulences du 20e siècle. Pendant huit décennies, Dalí a fait preuve d’une créativité sans limite en explorant tous les canaux possibles et imaginables, de la peinture et du dessin à la sculpture, au cinéma, au mobilier, aux livres, à la scénographie et aux bijoux. Sans parler de sa personnalité totalement excentrique qui constituait une forme d’art en soi. Cet ouvrage magnifique vous présente pas moins d’une centaine d’œuvres de Dalí et vous fait découvrir ses sources d’inspiration, des maîtres anciens au réalisme, à l’impressionnisme, au fauvisme et au cubisme.

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Broche Rubis lips, 1949. © Salvador Dalí, Fundació Gala-Salvador Dalí, ARS, 2020.

Salvador Dalí. The Impossible Collection par Assouline. www.assouline.com

Peinture

Flamboyant sang bleu

À la Cour de Busleyden à Malines, trois générations de princes et princesses de Habsbourg ont été préparés à l’immense tâche qui les attendait. En plus d’être un pivot politique et culturel important, Malines était aussi un centre éducatif prestigieux qui accueillait les enfants de familles aisées de toute l’Europe. Charles Quint, Philippe le Beau et Marguerite d’Autriche y ont séjourné, et la future reine d’Angleterre Anne Boleyn y a appris la danse et le français. Vous pouvez y admirer des jouets, des livres, des gravures et des bijoux, ainsi qu’une collection de portraits d’enfants de la main de peintres renommés à l’époque. Ces tableaux étaient offerts en cadeau à des amis ou des alliés pour trouver un digne prétendant, ou simplement conservés comme souvenir.

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Jan Gossart, Dorothée de Danemark, 1530. © The National Gallery, London.

Enfants de la renaissance, à partir du 4 juillet au Museum Hof van Busleyden de Malines. Infos : www.hofvanbusleyden.be.

Cartoons

Notre sport de l’été

Du haut de ses soixante ans, le Festival du dessin humoristique sera plus que jamais haut en couleur. Cette édition, à l’instar des précédentes, s’articule autour d’un thème général. Le choix s’est porté sans surprise sur le sport. Un sujet sur lequel les caricaturistes ont toute latitude pour déployer leur talent inimitable. En plus de l’exposition thématique Tous champions, le festival verra la remise de deux prix : le Press Cartoon Belgium et le Chapeau d’Or. Nouveau cette année : le festival accueillera un special guest. Cet honneur reviendra à Lectrr qui fêtera en 2022 ses dix ans au journal De Standaard et fait partie des caricaturistes les plus en vue, ses créations étant régulièrement reprises dans la presse nationale et internationale.

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Cartoonfestival, du 3 juillet au 29 août au centre culturel Scharpoord de Knokke-Heist. Infos : www.knokke-heist.be/cartoonfestival-knokke-heist.

Photo à la une : ©Steve McCurry.


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