FESTIVAL
España por favor ! Quarante ans après sa première édition en 1985, Europalia remet l’Espagne à l’honneur en déployant un programme pluridisciplinaire à travers toute la Belgique. Place au dialogue entre patrimoine et art contemporain.
Sous l’aile de Francisco de Goya, figure centrale et principale source d’inspiration, le festival met en lumière la richesse culturelle de l’Espagne à travers une offre variée mêlant arts visuels, architecture, théâtre, danse, musique, concerts, cinéma et littérature, ainsi que des noms connus et moins connus. En ouverture, il propose l’exposition majeure « Luz y Sombra. Goya et le réalisme espagnol » à Bozar.

Candela Capitàn – Soles. © Daniel Cao
Goya a vécu à une époque de crise, qui ne diffère peut-être pas tellement de la nôtre. Il a façonné le présent et offert un miroir dans lequel nous nous reconnaissons encore aujourd’hui. Ses séries de gravures Caprichos, Disparates et Desastres de la Guerra témoignent de son regard acéré et de sa puissance visionnaire. Trois concepts clés dont s’inspire l’ensemble du programme. Ils relient le passé et le présent, le local et le global.
Europalia Espagne propose une centaine d’événements qui mobilisent plus de 170 artistes et 80 institutions culturelles répartis dans toute la Belgique, dans une riche diversité de sites et de thèmes. Des métropoles comme Bruxelles, Anvers, Charleroi et Gand à des lieux aussi surprenants que la piscine Wezenberg à Anvers. Les artistes participants viennent de toute l’Espagne et représentent un large éventail de régions, générations et perspectives. Beaucoup s’engagent, en outre, dans un dialogue créatif avec des artistes belges et internationaux. En d’autres termes, ce festival est une occasion unique de s’immerger dans le patrimoine culturel et artistique de l’Espagne tout en réfléchissant aux enjeux mondiaux actuels à travers le prisme de l’œuvre de Goya.
Europalia Espagne, du 8 octobre au 1er février 2026 en différents lieux du pays.
PHOTOS ICONIQUES
Plusieurs expositions de photos particulièrement intéressantes tendent les bras aux amateurs – et qui ne l’est pas. La Boverie de Liège consacre une rétrospective d’envergure à Robert Doisneau. Son œuvre y est présentée à travers 400 clichés poétiques et émouvants de la période 1934-1992. Des espaces interactifs, des documents uniques et des installations originales offrent une plongée dans son atelier, son processus de création et son entourage. Après son succès au Musée Maillol à Paris, l’exposition fait escale à Liège, où elle ajoute une sélection belge inédite qui met en lumière des paysages et figures emblématiques de chez nous comme les Gilles de Binche, le charme intemporel de Bruges sans oublier ses photos de l’Expo 58.

John Lennon et Yoko Ono à l’hôtel Hilton d’Amsterdam, 1969. © Nico Koster
Dans le cadre de leur « Bed-In pour la Paix », John Lennon et Yoko Ono ont passé une semaine au lit à l’hôtel Hilton d’Amsterdam pour attirer l’attention sur la nécessité d’une paix mondiale. Deux mois plus tard, ils réitèrent l’expérience à Montréal où ils enregistrent leur morceau « Give Peace a Chance ». Les clichés emblématiques du photographe néerlandais Nico Koster (°1940), témoin privilégié de la lune de miel historique du couple, sont à revoir dès maintenant.
Robert Doisneau, Instants donnés, jusqu’au 19 avril 2026 à La Boverie à Liège. (expo- doisneau.com)
Koster/Appel et Lennon, jusqu’au 25 janvier 2026 au musée de la Photo au Vrijthof à Maastricht.
TRIO ARTISTIQUE
Vu que le Centre Pompidou se refait une beauté, certaines expositions trouvent refuge dans le prestigieux Grand Palais de Paris. C’est le cas de celle qui met en lumière les moments clés de la carrière de Niki de Saint Phalle (1930-2002) et de Jean Tinguely (1925-1991), un couple extraordinaire uni par un lien artistique indéfectible qui dépassait la simple romance. Pontus Hultén (1924-2006), premier directeur du Musée national d’art moderne du Centre Pompidou, occupe également une place de choix dans cette expo pour son soutien constant qui a braqué les projecteurs sur ce duo mythique.

Niki de Saint Phalle, Black Rosy ou My Heart Belongs to Rosy, 1965. © 2025 Niki Charitable Art Foundation/Adagp Paris.
En bref, une exposition qui fait rimer historique et ludique, où les machines animées de Jean Tinguely, considéré comme le père de l’art cinétique (en mouvement), dialoguent avec les sculptures et les reliefs colorés de Niki de Saint Phalle. L’ensemble se complète de films d’archives inédits et de documents exceptionnels.
Niki de Saint Phalle, Jean Tinguely, Pontus Hultén, jusqu’au 4 janvier 2026 au Grand Palais à Paris (en coproduction avec le Centre Pompidou). centrepompidou.fr
ODE À MÈRE NATURE
Alors que son exposition à la Fondation Louis Vuitton vient de s’achever, tandis que d’autres battent leur plein, notamment à Shanghai et en Corée du Sud, la popularité de David Hockney, âgé de 88 ans, ne faiblit pas.
Cet automne, nul besoin de franchir nos frontières pour admirer les œuvres de cette icône du Pop Art puisque le CAP de Mons lui consacre une exposition. Celle-ci réunit une sélection exceptionnelle de peintures, dont certaines de format monumental, mais aussi des compositions réalisées sur iPad. Hockney n’est pas le seul à être mis à l’honneur, puisqu’il côtoie des artistes aussi prestigieux que Vincent van Gogh, Edvard Munch, Constantin Meunier, ainsi qu’une sélection de peintres symbolistes scandinaves du tournant du 20e siècle.

Summer Sky, 2008. © David Hockney, collection Bagnouls
L’exposition explore la relation profonde entre l’humain et la nature à travers une scénographie déployée en six sections (terre mère, champs, saisons, fleurs, solitude et poésie) et trois espaces immersifs où peinture, musique et poésie s’entrelacent en écho au « Chant de la Terre » de Gustav Mahler. Cette œuvre composée en 1907/1908 rend hommage à la nature, à sa beauté fragile et à sa force vitale. La promesse d’une expérience aussi riche sur le plan visuel qu’auditif.
David Hockney. Le Chant de la Terre, jusqu’au 25 janvier 2026 au CAP/Musée des Beaux-Arts de Mons. cap.mons.be
BD ET DESIGN
Le Design Museum aborde sa nouvelle exposition sous un angle ludique. Son récit visuel s’étend du début du 20e siècle à nos jours, jetant un pont entre les objets du quotidien et la bande dessinée. S’appuyant sur la riche collection du Vitra Design Museum, l’exposition explore les multiples façons dont les auteurs de bandes dessinées intègrent des objets de design dans leur narration. Les comics strips publiés dans la presse américaine connaissent le succès dès les années 1900 avant de traverser l’Atlantique pour débarquer en Europe. En Belgique, des figures majeures comme Hergé et Franquin introduisent des objets contemporains dans leurs planches. L’exposition montre comment, au fil des décennies, les bandes dessinées ont puisé leur inspiration dans les grands courants esthétiques de leur époque. Des genres populaires – super-héros, science-fiction… – influencent leur langage graphique, tandis que des créateurs puisent à leur tour dans cet imaginaire visuel foisonnant. La présentation bruxelloise accorde une attention particulière au style Atome et à un modernisme ludique à la belge.

Joost Swarte, Beugel Chair 2018. © Joost Swarte
Design and Comics: Living in a Box, jusqu’au 1er mars 2026 au Design Museum Brussels. designmuseum.brussels

