Carence en fer : un facteur de risque de démence chez les femmes ?

Fatigue persistante, essoufflement au moindre effort, difficultés de concentration, brouillard mental… Chez de nombreuses femmes de plus de 50 ans, ces symptômes sont souvent attribués à la périménopause ou à la ménopause. Pourtant, ils peuvent aussi révéler une carence en fer, un problème de santé fréquent mais encore trop souvent sous-estimé.

Reading Time: 2 minutes

Une récente étude menée par des chercheurs de l’Institut Karolinska et de l’Université de Stockholm apporte un nouvel éclairage : chez les personnes âgées de 60 à 80 ans, l’anémie liée à une carence en fer est associée à un risque significativement accru de développer une démence de type Alzheimer.

Une étude qui interpelle

Les chercheurs ont suivi 2 282 adultes âgés de 60 à 80 ans. Leurs résultats montrent que les personnes souffrant d’anémie présentaient un risque de démence augmenté de 66 % par rapport à celles dont le taux d’hémoglobine était normal.

L’équipe a également analysé plusieurs biomarqueurs sanguins associés à la maladie d’Alzheimer. Les participants anémiés présentaient dès le début de l’étude des concentrations plus élevées de certains marqueurs caractéristiques de la neurodégénérescence.

Quel lien entre le fer et le cerveau ?

L’explication la plus probable repose sur le rôle essentiel du fer dans le transport de l’oxygène. En cas d’anémie, le cerveau est moins bien oxygéné. Cette hypoxie chronique, même discrète et sans symptômes marqués, pourrait fragiliser progressivement les neurones et favoriser l’apparition des lésions caractéristiques de la maladie d’Alzheimer. Les auteurs rappellent toutefois qu’il s’agit d’une association, et non d’une preuve que la carence en fer provoque directement la démence. D’autres travaux seront nécessaires pour confirmer ce lien de causalité.

Pourquoi les femmes sont-elles particulièrement concernées ?

Les femmes sont plus exposées aux carences en fer tout au long de leur vie, notamment en raison des règles abondantes, des grossesses ou de certaines pathologies gynécologiques. Même après la ménopause, les réserves en fer peuvent rester insuffisantes si la carence s’est installée pendant plusieurs années.

Or, les symptômes d’un déficit en fer — fatigue, baisse des performances cognitives, troubles de l’attention — peuvent facilement être confondus avec ceux de la transition ménopausique.

Faut-il se supplémenter ?

Pas systématiquement. Un excès de fer peut également être délétère. En revanche, cette étude rappelle l’importance de dépister une éventuelle carence, notamment chez les femmes présentant une fatigue persistante ou ayant des antécédents de règles abondantes.

Un simple bilan sanguin (numération formule sanguine, ferritine, coefficient de saturation de la transferrine si nécessaire) permet d’évaluer les réserves en fer et de déterminer si une prise en charge est justifiée.

Ce qu’il faut retenir

Cette étude souligne un message important : la santé du cerveau se construit aussi à travers la prévention des facteurs de risque modifiables. Si la carence en fer ne constitue pas à elle seule une cause de maladie d’Alzheimer, elle pourrait représenter un facteur supplémentaire sur lequel il est possible d’agir.

Pour les femmes à partir de la cinquantaine, ne pas banaliser une fatigue inhabituelle reste donc essentiel. Vérifier son statut en fer, lorsqu’il existe des symptômes ou des facteurs de risque, peut contribuer à préserver non seulement sa vitalité, mais peut-être aussi sa santé cognitive à long terme.

Source : étude publiée dans JAMA Neurology.


© Fiftyandme 2026