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Une sexualité heureuse après 50 ans (et tout au long de sa vie) !

Vivre une sexualité heureuse passé un certain âge semble parfois une gageure… Pourquoi se laisser envahir par la peur du déclin sexuel ?  Après tout, « On n’a pas l’âge de ses artères, mais l’âge de ses désirs » disait le Dr Marc Ganem. Rencontre avec le professeur Armand Lequeux, sexologue à l’UCL.

En quoi la vie sentimentale des quinquas est-elle différente ?

Puisqu’ils se sentent plus jeunes que leurs aînés au même âge, ils hésitent moins à remettre en question leur vie sentimentale, à divorcer pour « refaire leur vie ». Il n’est pas trop tard, à leurs yeux, pour rencontrer le « grand amour ». Ils tolèrent moins une vie conjugale qui se résumerait à la gestion du quotidien domestique.

Pourquoi maintenir une sexualité active après 50 ans et quels en sont les bienfaits pour la santé ?  

D’une part, on garde évidemment une activité sexuelle plus soutenue si on bénéficie d’une bonne santé et la maladie n’est généralement pas un stimulant de la libido. D’autre part, le sexe est bon pour le cœur, les artères, la prostate et le tonus périnéal…Mais évitons les généralisations abusives : il y a des quinquas bien dans leur peau et en bonne santé qui n’ont pas de vie sexuelle active. Ne transformons pas le stéréotype « Les seniors sont asexués, ce n’est plus de leur âge » en une nouvelle contrainte qui serait « Jouissez à tout âge, c’est obligé » !

Comment évolue le plaisir chez l’homme et chez la femme ?

Les hommes sont des Beaujolais nouveaux et les femmes des Bordeaux grands crus ! C’est évidemment une plaisanterie, mais globalement on assiste plutôt à un épanouissement croissant de la sexualité féminine vers la cinquantaine : les enfants partent ou vont partir, la maturité donne de l’audace et les réactions physiologiques de l’excitation sexuelle sont toujours bien présentes. Il n’est pas exceptionnel que certaines aient attendu cet âge pour découvrir en elles de nouvelles potentialités d’accès au plaisir (masturbation, sexe oral, investissement érotique du vagin, fantasmes…). Par contre, les hommes peuvent être inquiets au niveau de leurs « performances », surtout si leur hygiène de vie laisse à désirer (tabac, alcool, sédentarité et surcharge pondérale sont des poisons pour la bandaison). A contrario, certains se déclarent plus sûrs d’eux, plus aptes à différer la jouissance, à contrôler leur excitation et retarder l’éjaculation, plus enclins à profiter des préliminaires comme une rencontre à part entière, plus attentifs au plaisir de leurs partenaires sans leur imposer de jouir comme ils le voudraient.

Quel est l’impact de la ménopause sur la sexualité ?

Pour une femme en bonne santé et bien dans son cœur et dans sa tête, cet impact est mineur. Les phénomènes de sécheresse vaginale ne sont ni systématiques ni immédiats dès l’installation de la ménopause et ils sont facilement compensés, s’ils sont présents, par des œstrogènes à usage local ou par des lubrifiants.

La baisse de la libido est-elle inévitable à l’approche de la cinquantaine ?

Certainement pas ! L’âge du couple et la qualité de sa relation est plus importante que l’âge réel de chaque partenaire. Les couples nouvellement formés après un divorce ou un veuvage témoignent souvent que leur libido est au zénith quel que soit leur âge. Ce qui ne signifie pas qu’il soit nécessaire de quitter son « vieux conjoint » pour réchauffer son désir sexuel. Il y a aussi chez les couples au long cours une maturation de la libido qui autorise des échanges en vérité et en intensité quel que soit leur durée de vie commune.

Quels sont les problèmes les plus fréquents rencontrés par les seniors ?

Les problèmes de santé physique (maladies, interventions chirurgicales, hypertension, arthrose, hygiène de vie déficiente…) sont évidemment plus fréquents chez les seniors et leurs répercussions négatives sur la vie sexuelle sont évidentes.Les problèmes de santé psychique vont également croissant avec l’âge (dépressions, angoisses, insomnies, deuil…) et sont des inhibiteurs de la fonction sexuelle. Les médicaments si souvent utilisés pour ces problématiques (somnifères, antidépresseurs, anxiolytiques) peuvent diminuer la libido et empêcher l’accès à l’orgasme.

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