Adopter la sexualité kinky pour une vie intime plus épanouie ?

A la cinquantaine, la sexualité de certains couples ressemble à un dimanche après-midi. Routinière, ennuyeuse. Il suffirait pourtant d’y ajouter un peu de piment pour profiter d’une approche plus fun. Celle promise par la sexualité kinky et ses pratiques moins conventionnelles ? Découverte.

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Trop souvent source de tension et d’ennui dans le couple, la sexualité mérite mieux. Avec davantage d’attention et d’investissement. Quand l’ennui au lit menace l’existence même du couple une réaction s’impose. Avec un renouvellement des pratiques. Ce que promet cette tendance adoptée, selon certains sondages, par plus de la moitié des ménages : la sexualité kinky. Un renouveau dans la vie de couple, oui mais à condition d’être consenti par les deux partenaires.

La sexualité kinky, de quoi s’agit-il ?

Derrière cet anglicisme kinky, que l’on peut traduire par l’adjectif coquin, se profile une tendance marquée par un ajout d’excentricité, voire de perversité, dans les relations sexuelles. Pour l’anecdote, le kink a d’abord été un terme nautique du XVIIe siècle et lié aux cordages des navires. Ce n’est qu’au début du XXe siècle que le concept a concerné la sexualité, avec les travaux du psychiatre Richard von Krafft-Ebing  relatifs aux sexualités perverses.

Aujourd’hui, la sexualité kinky a perdu son côté sulfureux. Tout ou presque est permis, sur la base du consentement mutuel.
Pour l’expliquer dans les grandes lignes, il ne s’agit plus avec la sexualité kinky de se cantonner au baiser, à la masturbation, au sexe oral ou à la pénétration. Les pratiques kinky permettent d’aller plus loin dans le plaisir, d’explorer des voies peut-être encore inexplorées par les couples pour pimenter leurs relations. Comme les pratiques BDSM, les jeux de rôle… Un mot doit résumer ces choix : plaisir. Celui de partager des jeux sexuels qui apportent satisfaction et jouissance.

La sexualité kinky par la pratique

La décision mutuelle prise, comment deux partenaires peuvent-ils découvrir les pratiques kinky ? Par où commencer ? Ingrid Schneider, sexologue, répond : « première étape, y aller tout en douceur avant de cibler des séances BSDM, qui réclament une certaine expérience.  Les partenaires peuvent débuter par des dialogues crus, ce que l’on appelle le dirty tak, des jeux de chatouilles, de fessées… Mais aussi l’usage de miroirs dans lesquels s’observer en pleine action, voire celui de liens. » Autant de jeux à l’objectif affiché dès le début : surprendre l’autre et susciter la jouissance.  Une première phase à discuter ensemble lors d’un moment réservé après la relation, l’after care. Chacun y va de ses remarques, de ses ressentis pour améliorer la séance suivante. Un moment indispensable à partager.

Si ces jeux peuvent largement suffire à aider des couples à sortir de l’ennui, d’aucuns peuvent souhaiter aller plus loin encore, avec les pratiques BSDM (pour « Bandage, Domination, Sado-Masochisme »). La sexologue précise : « Une fois encore, tout débute par une communication mutuelle. Avec ce que l’on veut « subir » ou pas, les niveaux de douleur acceptés. » Choisir un safeword peut rassurer les partenaires néophytes. Un mot prononcé qui indique au partenaire de stopper ou ralentir le jeu sexuel entrepris.

Une pratique basée sur le consentement mutuel

Pour que la sexualité kinky fonctionne, nul besoin de viser la performance ou de talents d’équilibriste pour des poses acrobatiques. « Non, mais bien, et c’est déjà beaucoup, d’une certaine complicité. Pour que ces pratiques soient adoptées et appréciées par les deux partenaires. Et cela passe par une communication préalable pour éviter de la frustration ressentie par l’un des partenaires. » Force est de constater que certaines pratiques comme le pegging ou les jeux de liens, de BSDM, peuvent rebuter certains. Question d’éducation, de timidité ou de peur. En parler ensemble au préalable, pour s’accorder se révèle indispensable. En cas de désaccord, des concessions seront peut-être nécessaires, voire des renoncements. Des disparités dans les goûts sexuels peuvent exister dans un couple. L’erreur à ne pas commettre serait d’insister si un partenaire ne souhaite pas s’investir dans ce genre de pratiques excentriques. « Un dernier rappel s’impose, souligne la sexologue : adopter la sexualité kinky n’est pas une obligation. Si votre sexualité plus classique vous convient pour connaître la jouissance, c’est parfait. Nul besoin de se forcer à suivre les modes et tendances. Restez vous-mêmes, dans vos choix. »

 


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