Comment faire des rencontres à 50 ans et plus ?

À l’approche de la Saint-Valentin, une question revient avec insistance dans l’esprit de nombreuses femmes (et hommes) de plus de 50 ans : faut-il vraiment swiper pour espérer aimer à nouveau ? À force de pouces frénétiques et de profils jetables, le romantisme s’est parfois dissous dans l’algorithme. Et si Cupidon préférait aujourd’hui les chemins de traverse plutôt que les autoroutes numériques ?

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Peut-on encore trouver l’amour sans applications ? Les réseaux sociaux laissent-ils une place aux rencontres accompagnées, choisies, incarnées ? C’est tout l’enjeu du travail mené par l’agence matrimoniale A2 Rencontres by Valérie Dax, agence de référence en Belgique depuis plus de 50 ans, et par sa directrice, Marie de Duve, qui observe de très près les nouvelles façons d’aimer après 50 ans.

Plus de femmes que d’hommes ?

Un constat interpelle : davantage de femmes que d’hommes franchissent la porte de l’agence matrimoniale. Aujourd’hui, elles représentent environ 60 % des inscrits. Un déséquilibre à rebours de celui observé sur les applications de rencontres, où les hommes sont largement majoritaires. À titre d’exemple, on compterait 9 hommes pour 1 femme sur Tinder Belgique et 7 hommes pour 1 femme sur les applications de rencontres en général dans notre pays.

Faut-il en conclure que les femmes seraient plus enclines à rechercher une relation durable, tandis que les hommes préféreraient le papillonnage digital ? La réalité est plus nuancée. Les trois-quarts des utilisateurs d’applications ont entre 18 et 34 ans. Les hommes de plus de 35 ans semblent, eux, moins enclins à recourir à des applications ou à des professionnels, souvent par méconnaissance… ou par discrétion.

Des rencontres qui ont du sens

« À 50 ans, on possède une belle maturité pour faire le bon choix. On sait enfin qui l’on est et ce que l’on veut vraiment. On ne cherche plus à construire une carrière ou à élever des enfants — ces étapes sont franchies et les enfants sont grands. On est en pleine forme et on a enfin le luxe le plus précieux : le temps pour soi, pour l’autre et le temps de profiter de la vie. C’est précisément là que réside la magie de cet âge…» explique Marie de Duve.

Après 50 ans, on ne cherche plus à multiplier les rendez-vous. On cherche à rencontrer juste. Les personnes qui s’inscrivent dans une agence de rencontres privilégient clairement la qualité à la quantité. Ce sont des femmes et des hommes actifs, souvent indépendants, cadres ou chefs d’entreprise, avec peu de temps libre et une vraie envie de partage.

Le mot qui revient le plus souvent lors des entretiens ? Partage, justement.  « Il est essentiel de ressentir et d’écouter la personne. D’une part pour comprendre ses attentes, et d’autre part pour s’assurer de sa sincérité et de sa disponibilité affective (on pense parfois avoir fait le deuil de sa précédente relation, alors que ce n’est pas encore le cas). Cela nous permet de proposer des rencontres très ciblées qui correspondent parfaitement aux valeurs et au projet de vie des deux parties »,  ajoute Marie de Duve.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 2025, une quarantaine de couples se sont formés par le biais de l’agence, et la plupart des membres trouvent leur bonheur à la 6ᵉ ou 7ᵉ rencontre.

L’amour n’est pas une question d’âge…

… mais de disponibilité intérieure. Ici, pas de vitrine narcissique. Le physique n’est pas le critère principal. Les profils sont présentés sans photo ni âge, afin d’éviter les a priori et de laisser la place à l’essentiel : les valeurs, le rythme de vie, la vision du couple. Une fois la rencontre effectuée, un questionnaire détaillé permet d’affiner la suite, avec un accompagnement humain et psychologique — loin du verdict brutal d’un swipe à gauche.

« Tomber amoureux à 50 ans est merveilleux car on redécouvre des émotions que l’on pensait parfois oubliées. C’est l’âge idéal : on a la lucidité de l’expérience, mais aussi la légèreté de la liberté retrouvée. On oublie souvent ce que c’était, et le vivre à nouveau avec une situation stable est une expérience incroyable. »

La Saint-Valentin : déclencheur d’un nouveau départ

Chaque année, la période qui entoure la Saint-Valentin agit comme un révélateur. « Nous constatons un regain d’inscriptions au mois de février. Après avoir passé les fêtes en tant que célibataire et avec la perspective du printemps, c’est un moment clé qui motive à agir et à croire en soi. Le fait d’avoir l’assurance de rencontrer des personnes en toute sécurité et avec qui on est sûr
d’avoir des choses à se dire est d’autant plus motivant », assure Marie de Duve.

Et si aimer après 50 ans était une chance ?

Faire des rencontres à 50 ans et plus, ce n’est pas revenir sur le marché de l’amour. C’est y entrer autrement. Avec plus de lucidité, moins d’illusions, mais infiniment plus de profondeur. Et parfois, pour retrouver Cupidon, il suffit simplement de ralentir — et de lui laisser le temps de viser juste.


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