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Mère et fille : elles ont lancé leur business

Elles se ressemblent. Et pas seulement physiquement. Elles ont aussi le même goût pour l’aventure. Leur amour inconditionnel a donné naissance à un projet, une marque, des ateliers, une vocation,… Pour ces mamans et leurs filles, travailler ensemble a permis de partager une passion mais également de renforcer le lien qui les unit. Elles nous racontent les petits et grands bonheurs issus de leur collaboration en duo.

 

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Entre mère et fille : l’histoire de Karen et Louise

« Je vois aussi notre projet comme un investissement futur pour Louise »

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Crédit : Emmanuel Laurent

Pourriez-vous nous raconter comment votre marque a vu le jour ?

Louise: Il y a deux ans, j’effectuais un séjour d’échange en Argentine. Pour m’occuper en dehors des heures de cours, je suis allée chercher tout le matériel nécessaire pour me mettre au crochet. De retour en Belgique, alors que la maille redevenait tendance, j’ai commencé avec l’aide de ma mère à tricoter des pulls et des cardigans trendy.

Karen : Je m’y connaissais déjà un peu en tricot. Pas grâce à mon travail, car j’officiais dans un secteur complètement différent, très abstrait. J’ai occupé un poste dirigeant dans le domaine des technologies de l’information pendant 25 ans. Mais après un burn-out assez grave, je me suis mise à chercher ma vraie passion. Ce fut une quête longue et éprouvante. J’ai tout essayé pour surmonter l’épuisement : de l’acupuncture à la méditation en passant par les conversations profondes et trois longs séjours en Thaïlande. Finalement, j’ai trouvé mon bonheur beaucoup plus près de chez moi, dans le tricot.

L : Nous nous sommes alors encouragées mutuellement.

K : En effet, après de nombreuses commandes de la part d’amis et de la famille, un événement très réussi et des pages sur les réseaux sociaux en pleine expansion, j’ai mis mes autres activités sur pause et aujourd’hui, le reste appartient plus ou moins au passé.

On conseille généralement de séparer travail et vie privée. N’est-ce pas parfois difficile ?

L : Chez nous, on a toujours beaucoup parlé du travail.

K : On ne peut pas vraiment séparer l’un et l’autre. Étant donné que mes grands-parents, mes parents, mon frère et mon mari étaient ou sont tous indépendants, nous sommes habitués à cette situation. C’est un énorme avantage de pouvoir communiquer sur ce sujet, d’être entouré de beaucoup de gens qui comprennent bien le monde dans lequel on évolue. Sans ça, notre marque ne serait pas la même ! J’y vois aussi un investissement futur pour Louise. En même temps, j’essaie de lui dire régulièrement que je ne m’attends pas à ce qu’elle poursuive notre projet pour le restant de ses jours. Je veux qu’elle sache que je lui laisse toute la latitude de suivre son propre chemin et de colorier un peu en dehors des lignes.

Selon vous, quel est le secret d’une entreprise familiale prospère ?

K : Je pense qu’il est très important d’avoir des rôles bien définis pour ne pas empiéter sur le travail de l’autre. Ça commence par une bonne connaissance des talents de chacune. Vous avez besoin de plusieurs choses : de la stratégie, de l’expertise, et puis de quelqu’un qui sache raconter votre histoire. Ça vaut toujours la peine de comprendre les talents présents dans votre équipe, et d’en saisir le potentiel. Pas seulement dans les grandes entreprises, mais aussi dans une collaboration comme la nôtre.

Quelles sont vos qualités respectives ? Comment vous complétez-vous dans le travail ?

L : J’apprends beaucoup de l’expérience professionnelle de maman, et je pense que mes études en management international complètent bien son profil. Je comprends aussi plus rapidement les tendances qui font vibrer ma génération.

Travailler ensemble, ça a changé votre relation ?

L : Je pense que oui.

K : C’est difficile à dire. Je crois que oui, mais il me semble aussi que, quoi qu’il en soit, Louise est dans une période de sa vie marquée par de grands changements. Ces deux dernières années, elle est partie en Argentine et en Espagne pour des séjours assez longs, et je l’ai vue passer du statut d’enfant à celui de femme adulte. Quant à savoir si notre collaboration a un rapport direct avec ça, je n’oserais pas trop me prononcer. Mais en tout cas, nos liens se sont resserrés pendant cette période, et c’est merveilleux pour moi en tant que mère.

Entre mère et fille : l’histoire de Laurence-Marie et Ghislaine

« Travailler ensemble est un réel plaisir car nous sommes aujourd’hui collègues, amies et famille. »

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Crédit : Emmanuel Laurent

Comment est né votre projet ? Pouvez-vous nous raconter son/votre histoire en quelques lignes ?

Ghislaine : J’ai étudié la gemmologie suite à l’achat d’un saphir synthétique en Inde alors qu’on me l’avait vendu comme un vrai.

Laurence-Marie: Et moi, j’ai appris le dessin de joaillerie à Londres puis la gemmologie en Californie. « Mère & Fille » est née en 2014. Ce sont nos amis qui nous ont donné l’idée du nom, car ils nous répétaient souvent ; « que c’est sympa de travailler entre mère et fille ! »

Pas toujours facile de concilier vie familiale et vie professionnelle… Comment maintenez-vous votre équilibre ?

L-M: Mon grand-père et mon père ont tous deux étés indépendants. Cela coule dans nos gènes. Un des secrets pour que cela reste sain : interdire les conversations « boulot » lorsqu’on est en famille. Parfois c’est difficile, car on a soudain une idée ou projet, et il faut se mordre la langue et garder l’idée en tête pour après le déjeuner.

Quel est selon vous le secret du succès d’une entreprise familiale ?

L-M: : Le plus grand avantage de travailler en famille est que l’on a les mêmes ambitions, les mêmes objectifs. La réussite à long terme de la société ne peut qu’être le synonyme de notre propre investissement. Un deuxième avantage, est le respect mutuel. Nous nous connaissons par cœur et connaissons les limites l’une de l’autre. Par exemple, j’ai rapidement compris que tout ce qui était informatique m’incombait, alors que maman a vite compris que le rangement n’était pas mon fort.

Quelles sont vos qualités respectives ? Comment vous complétez-vous dans votre travail ?

L-M : Nous n’avons jamais défini les tâches de l’une et de l’autre. Tout s’est mis très naturellement. Maman est experte en pierres et a l’œil pour les belles pépites, et moi je verrai plus le design, le sertissage, la monture dans laquelle nous intégrerons la pierre. Nous partageons tout le temps nos idées ! Lors des rendez-vous clients, nous sentons rapidement si la présence des deux est nécessaire ou non. Lorsqu’il s’agit d’expertises de bijoux anciens, maman sera la meilleure de nous deux à mener le rendez-vous. Lorsqu’il s’agit de faire des dessins et imaginer des transformations possibles avec les bijoux anciens, je rejoins la table avec mon calepin et mon crayon et reprends le relai. Des petites pierres ramenées de voyages aux bijoux hérités, nous leur redonnons vie en dessinant ensemble une nouvelle monture.

Est-ce que le fait de travailler ensemble à modifier votre relation ?

L-M: Nous avons toujours eu une très bonne relation mère/fille. Heureusement ce n’est pas passé à l’adolescence.Travailler ensemble est un réel plaisir car nous sommes aujourd’hui collègues, amies et famille.

GH : J’ai aussi décidé ne pas ennuyer ma fille avec des questions sur sa vie personnelle. Elle m’en parle si elle le veut car elle doit vivre sa vie en dehors de la maison familiale qui est aussi notre bureau.

Quels sont vos plans pour le futur ?

L-M : Mère & Fille fêtera en avril son 7e anniversaire. Le Covid ayant forcé un certain ralentissement, il nous a permis d’exploiter ce temps pour regarder le chemin parcouru. Ayant toujours travaillé au feeling, nous profitons de cette accalmie pour faire une analyse complète de nos chiffres. Pour ce faire, des amis compétents nous ont aidé. Quant au futur, nous souhaitons mettre en avant l’e-shop et les transformations de bijoux anciens.

Si vous deviez résumer votre duo en une phrase, un mantra ou une citation, ce serait…

L-M et G : « Il y en a plus dans deux têtes que dans une ! » et « « La liberté de l’un s’arrête là où commence celle de l’autre »

www.mereetfille.be

Entre mère et fille : l’histoire de Maryline et Jolien

« Jolien a vraiment dû me convaincre de créer notre entreprise »

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Crédit : Emmanuel Laurent

Pouvez-vous nous raconter la genèse de votre projet ?

Maryline (56 ans) : J’ai toujours eu un faible pour les activités créatives, comme la composition florale, le jardinage et autres travaux manuels. Sur ma longue liste figurait depuis un moment un cours de céramique, mais je ne parvenais pas à convaincre Jolien de se joindre à moi. Et je ne voulais pas commencer toute seule. Elle a fini par accepter et nous sommes toutes les deux tombées amoureuses de cette technique incroyable.

Jolien (28 ans) : J’ai suivi une formation artistique, j’avais donc déjà une certaine expérience en modelage. Mais si on m’avait dit à l’époque que je serais obnubilée un jour par le tour de potier, j’aurais éclaté de rire. C’est très technique, et c’est ce côté-là que j’ai le moins apprécié dans ma formation. Après avoir suivi différents cours et ateliers pendant plusieurs années, j’ai une vision très différente de la question.

M : Je ne suis pas aussi animée par l’entrepreneuriat que Jolien, et ce n’était d’ailleurs pas mon intention d’entreprendre. Elle a vraiment dû me convaincre de créer notre entreprise.

J : Je travaillais déjà en tant que graphiste indépendante, ce n’était donc pour moi qu’une étape minime de plus à franchir. Nous avons commencé avec une petite collection en ligne, et les premières commandes n’ont pas tardé. À partir de là, nous avons continué à nous développer. Pour avoir notre propre studio, nous avons dû faire des investissements assez importants. Il nous a donc fallu quelques années avant de pouvoir opérer à un niveau professionnel comme nous le faisons aujourd’hui.

Selon vous, quel est le secret d’une entreprise familiale prospère ?

M : Cette intuition mère-fille.

J : Tout à fait. Et nous pouvons nous faire confiance aveuglément. Ça facilite les choses.

Quelles sont vos qualités respectives ? Comment vous complétez-vous dans le travail ?

J : Je suis stressée et maman sait comment m’apaiser. Elle a également le souci du détail.

M : Je ne suis pas branchée marketing, technologie et réseaux sociaux. C’est aussi la raison pour laquelle j’ai accepté qu’on travaille ensemble : Jolien est très forte dans ces domaines.

De vous deux, qui est la patronne ?

J : Je suis la patronne (rires). Un jour, papa a dit très justement : il ne peut pas y avoir deux capitaines sur un bateau. Nous prenons les décisions finales ensemble, mais je fais les plannings et c’est moi qui développe les grandes lignes. Je suis donc le capitaine de notre navire.

Travailler ensemble, ça a modifié votre relation ?

M : Nous sommes devenues plus proches, et le papa joue aussi un rôle important. Il est impliqué dans de nombreuses tâches. Notre entreprise a renforcé les liens au sein de notre famille.

J : Papa et mon petit ami sont nos consultants lors du dîner dominical (rires). Surtout pendant l’apéro, de bonnes idées émergent. C’est très agréable que nos proches réfléchissent avec nous et soient fiers de ce que nous accomplissons. Et je suis aussi super fière de ma mère. J’espère que nous continuerons à travailler ensemble pendant longtemps encore. Notre professeur de céramique a plus de 70 ans, donc quand je vois ça, je me dis qu’il nous reste de la marge.

M : L’inverse est vrai aussi ! C’est tellement incroyable qu’elle arrive à faire tout ça. C’est dingue de la part d’une si jeune femme.

J : J’espère que nous pourrons rendre les gens heureux avec nos céramiques pendant longtemps encore. Chaque jour, nous recevons de nouveaux commentaires de personnes qui savourent leur cappuccino dans leur nouvelle tasse en céramique faite main. Contribuer à ce que chacun apprécie à nouveau les moments simples du quotidien, voilà ce qui donne sens à notre travail. N’attendez pas toujours le prochain « grand » événement, mais rendez les petits moments aussi précieux que possible. En 2020, nous avons constaté une fois de plus que c’est là que réside notre bonheur.

Entre mère et fille : l’histoire de Rita et Ine

« Nous sommes comme l’eau et le feu, mais c’est ce qui rend notre collaboration si passionnante »

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Crédit : Emmanuel Laurent

Pourriez-vous nous raconter la genèse de votre projet ?

Ine : Comme ma mère travaillait dans l’industrie de la beauté, j’ai grandi dans un temple dédié à la beauté, truffé de pommades et de crèmes incroyables. Tout ça me fascinait. Il n’est donc pas surprenant que j’aie choisi de marcher dans ses pas pendant mes études secondaires.

Rita : Je n’ai pas toujours travaillé dans l’industrie de la beauté. Avant la naissance d’Ine, je travaillais comme cheffe cuisinière. Comme le voulait la mentalité de l’époque, mes parents voulaient que je choisisse des études qui m’offrent une certaine sécurité. Et ce n’était pas le cas, selon eux, de l’industrie de la beauté. Mais ça a continué à me trotter dans la tête et c’est finalement mon mari qui m’a persuadée de poursuivre mon rêve. Nous avions plein de projets liés à la création d’une entreprise jusqu’à ce qu’il décède en 1996 et que ce ne soit plus possible, ni émotionnellement ni financièrement.

I : Ma mère s’est occupée de ma sœur et de moi. Elle s’est retrouvée dans l’obligation de travailler pour une grande entreprise. J’ai énormément de respect pour ce qu’elle a accompli.

R : En effet. Mais le désir de créer mon propre salon de beauté ne m’a jamais quittée. Sur son lit de mort, ma mère m’a dit qu’elle regrettait de me l’avoir interdit et m’a donné sa bénédiction pour m’aventurer dans cette voie.

On conseille généralement de séparer travail et vie privée. N’est-ce pas parfois difficile ?

R : C’est très difficile ! Chacune a sa vision et son opinion, ce qui n’a pas facilité les choses dans un premier temps. Après une formation intense auprès de deux business coaches, nous avons appris à connaître les points forts et les points faibles de l’autre. Depuis lors, nous savons que tout ce qui est lié à la technologie est du ressort d’Ine, tandis que le conseil aux clients me revient.

Quelles sont vos qualités respectives ? Comment vous complétez-vous dans le travail ?

I : Je suis assez jalouse de la confiance en soi de ma mère. Je sens que j’ai aussi certaines connaissances, mais je manque parfois de confiance pour les transmettre aux gens. Quand j’essaie tout de même de le faire, maman ne manque pas de me féliciter.

R : Je considère mon manque de connaissances technologiques comme une lacune. En même temps, je suis très fière que ma fille soit compétente dans ce domaine. C’est peut-être ce qu’il y a de plus beau dans notre collaboration : nous sommes deux personnes avec de nombreuses qualités, mais nous avons aussi nos faiblesses. Mais là où je suis faible, elle est forte, et vice versa.

De vous deux, qui est la patronne ?

I : Maman !

R : Lorsqu’il s’agit de prendre la décision finale, c’est généralement moi qui appuie sur le bouton. Mais nous nous mettons toujours d’accord, n’est-ce pas ?

I : C’est vrai. Peut-être parce que ma mère avait déjà lancé l’entreprise et que je n’ai commencé à y travailler à temps plein qu’après mes études. Nous y pensons parfois : si je devais reprendre la société à un moment donné, est-ce que je prendrais les mêmes décisions ?

R : Je ne pense néanmoins pas qu’il faille trop y réfléchir. Ma fille dit que je dois continuer à gérer l’entreprise pendant au moins vingt ans encore – c’est-à-dire jusqu’à mes 75 ans ! Honnêtement ? Je me vois encore faire ça longtemps. J’aime toujours autant ce que je fais, et j’apprécie de pouvoir travailler dans mon salon tous les jours de 7h30 à 22h.

I : Pas moi ! J’ai encore un fils de 5 ans. J’ai des ambitions, mais je pense que ma famille ne doit pas en pâtir. C’est ce que j’essaie d’expliquer à maman de façon subtile. Elle n’a pas toujours pris la peine de m’écouter, mais aujourd’hui notre collaboration nous a appris tant de choses l’une sur l’autre qu’elle parvient à comprendre. Comme vous pouvez le voir, nous sommes comme l’eau et le feu, mais c’est ce qui rend notre collaboration si passionnante.

Entre mère et fille : l’histoire de Valérie, Coline et Aurélie

« J’ai voulu partager le goût de nos souvenirs d’enfance »

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Crédit : Emmanuel Laurent

 Comment est né ce projet ? Quelle est votre histoire ?

 Valérie : J’ai commencé dans la restauration à 15 ans, lorsque j’étais étudiante. J’ai toujours aimé ça. Et puis je me suis dirigée vers le social et j’ai travaillé pendant 20 ans comme attachée de presse dans le domaine de la culture. Mais toujours avec un pied dans l’HORECA puisque j’étais consultante pour des chefs. Cette passion m’anime depuis toujours. J’ai notamment travaillé avec la Villa Loraine et Yves Mattagne. Et puis, il y a 9 ans, j’ai créé Pistolet Original, dans l’esprit de mettre en avant nos « madeleines de Proust ». D’offrir le meilleur des spécialités belges dans la petite restauration. Parce qu’aujourd’hui, on mange des sushis, des durums, à chaque coin de rue. Mais où est passée notre gastronomie ? J’ai voulu réintroduire le « vrai » pain, le pistolet de mes souvenirs d’enfance. Et tout ce qui va dedans, le filet d’Anvers, les crevettes, l’américain, le boudin… qui vient de nos artisans. J’avais envie de faire revivre le plaisir du souper à la belge. Comme à l’époque de nos grands-parents.

Comment conciliez-vous vie familiale et vie professionnelle…

Valérie : Depuis le début, mes deux filles Coline et Aurélie m’ont toujours soutenue. Elles ont mis la main à la pâte en venant travailler avec moi en tant qu’étudiantes. Aujourd’hui, elles suivent mon parcours et celui d’Alain, mon mari. Coline est un peu plus du côté de son papa (théâtre, cinéma, chant…). Elle fait aussi Psycho. Aurélie a étudié la communication pour finir restauratrice. Elle a ouvert Hors-Champs à Gembloux avec son compagnon, le chef étoilé Stefan Jacobs. Alors, automatiquement, on travaille un peu moins ensemble. Mais finalement, on se suit toujours dans ce qu’on fait. Que ce soit en terme de communication ou de fournisseurs, il y a plein de passerelles dans le métier. Et Coline travaille encore avec moi en tant qu’étudiante, d’autant plus que le cinéma est un peu en stand-by actuellement. Pistolet Original fait partie intégrante de nos vies.

Quel est selon vous le secret du succès d’une entreprise familiale ?

Valérie : Je crois que les forces d’une entreprise familiale, c’est la confiance et le fait de savoir qu’on peut toujours compter les uns sur les autres, même en cas d’urgence. Il y a aussi la motivation bien sûr. On a aussi envie de transmettre, de pérenniser. Malheureusement, cette notion d’entreprise familiale n’a plus du tout le même son et le même sens qu’il y a encore une vingtaine d’années. Juridiquement ce n’est plus aussi facile qu’avant. Heureusement, les valeurs restent.

Quelles sont vos qualités respectives ?

Valérie : Leur soutien a été énorme à tous les niveaux. Non seulement je pouvais compter sur elle pour me donner un coup de main, mais elles ont aussi toujours été à l’écoute. Elles étaient d’excellentes goûteuses aussi (rires). Elles se sont familiarisées très jeunes avec le monde du travail.

Coline : Maman est super créative. Et elle a toujours cette capacité à rebondir. Non seulement avec la situation de crise, mais aussi de manière générale. Elle a réussi à garder les valeurs du début. C’est un battante.

Aurélie : On est très dans l’émotionnel, mais elle sait toujours garder un regard très professionnel. Elle a une force de caractère tout en étant très empathique. C’est très inspirant, je trouve.

Quels sont vos plans pour le futur ?

Valérie : J’ai publié un livre d’ « Histoires Belges à Cuisiner » très récemment. Avec des recettes, des astuces et des anecdotes. L’avenir de Pistolet Original, c’est de diversifier nos activités en terme de livraison et de take-away. On propose maintenant des pistolets emballés individuellement. On est chez Rob, chez Filigranes et plus récemment chez Färm (avec une gamme de pistolets bio). On va aussi développer la terrasse et la petite baraque qui est à l’extérieure, à deux pas de la Place du Sablon, dès que possible.

Si vous deviez résumer votre trio en une phrase…

Valérie : Ce que je dirais par rapport à l’aventure « Pistolet Original » et surtout sur notre rapport mère-fille, parce qu’on nous le dit souvent en rigolant : « les chiens, ne font pas des chats ». Que ce soit au niveau de nos caractères, de nos passions, de la manière dont on mène nos projets,… En tous cas, on y met du cœur, de l’ouverture aux autres. On s’investit pleinement.

www.pistolet-original.be

Entre mère et fille : l’histoire de Martine, Dilara et Tuana

 

Comment est né votre projet ? Pouvez-vous nous raconter son histoire ?

Il y a 33 ans, à la naissance de ma fille Dilara, j’ai fait un post-partum carabiné et mon bébé a développé des réactions allergiques. Nous avons été prises directement en charge (notre bonne étoile ?) par une naturopathe énergéticienne. Et c’est de là que tout est parti…  Après une remise en question de nos habitudes alimentaires, je bascule (déjà!) dans le bio ! J’ai vite démarré en cuisine pour inventer des recettes full énergie histoire d’accrocher le papa.

Pas toujours facile de concilier vie familiale et vie professionnelle… Comment maintenez-vous votre équilibre ?

Ce n’est pas parce que c’est difficile qu’on n’y va pas ! Mon père qui était lieutenant-général me disait :”si tu dois choisir entre deux options, choisis toujours la plus difficile!”. Il fallait que je joue sur les deux tableaux. Ensuite, la vie m’a aidée en quelque sorte… Je dirigeais une affaire de prêt-à-porter… Un big bang dans un taxi en Turquie… et tous les compteurs ont été remis à zéro. Après, ma fille et moi-même à sauver, on reconstruit notre vie en fonction de nouvelles priorités. Plus rien ne sera plus jamais comme avant. J’étais enceinte et j’allais, multi-fracturée, mener ma grossesse à terme, les dents cadenassées, à me nourrir avec une palle, c’était ma décision et personne n’a pu me faire changer d’avis. Ma deuxième fille, Tuana, est arrivée 6 mois plus tard. Un nouveau bonheur, une nouvelle victoire. Si j’avais su à l’époque qu’elle allait viser un jour la place du calife.

Quelles sont vos qualités respectives ? Comment vous complétez-vous dans votre travail ? Quelles sont vos valeurs ajoutées ?

Moi je reste la chef d’entreprise, la locomotive, celle qui calcule les risques et les prend. Dilara, ma fille ainée (33 ans), s’est investie à fond dans la rédaction,  le graphisme, la supervision photos et le stylisme culinaire de nos livres. Tuana (28 ans), diplômée de l’IHECS, a commencé il y a 2 ans à s’occuper de mes réseaux sociaux qu’elle a fait littéralement exploser. De fil en aiguille, en plus de ses responsabilités de Community Manager, elle est devenue mon assistante directe.

Notre valeur ajoutée: nous sommes tombées dedans depuis tellement longtemps ! Mes filles connaissent la musique à fond. Aussi, elles apportent toute leur modernité au concept. Notre clientèle rajeunit parce que le concept est anti-âge (rires) mais aussi parce que, via mes filles, nous parlons le langage que les jeunes attendent.

Est-ce que le fait de travailler ensemble à modifier votre relation ?

Oui, elle lui a donné de la densité. Nous avons aussi basculé d’un état maman-enfant à un état adulte-adulte. Mais Maman est toujours là pour le reste.

Quels sont vos plans pour le futur ? (un nouveau livre, des cours, des retraites ?)

Plein de projets ! Ensemble, Dilara et moi, on travaille sur un nouveau livre, un livre Totum Cuisine de l’Energie qui fera le pendant à Douce Detox sur les desserts que nous avons déjà co-écrit en 2020. La sortie prévue ce printemps. Et bien sûr il y a toujours mes Detox Boxes, qui représentent aujourd’hui notre core business, notre activité principale. Les voyages detox vont reprendre, toujours sur un bateau en Turquie (nous fêterons cette année -on croise les doigts- notre 21ème année). Et il y a aussi deux grandes nouveautés : des cures entre 3 et 7 jours dans un magnifique chalet tout en bois et en pleine forêt en Ardennes et des cures detox en petits groupes avec stage yoga-trekking-cours de cuisine intégrés dans un nouveau lieu fantastique lové sur une île secrète en Grèce… Plus d’infos très bientôt sur mon site www.martinefallon.com.

Après, perso, j’aimerais aussi un peu lever un peu le pied en faisant de plus en plus appel à l’équipe. Tout se met bien en place dans ce sens et c’est tant mieux. Il me reste un roman à écrire, la matière est là, il faut juste qu’on me laisse un peu tranquille…

Si vous deviez résumer votre trio en une phrase…

“A qui sait attendre, l’univers ouvre les portes du temps”…

Jamais je n’aurais pu imaginer que mes filles, assez furieuses (normal!)  à 12 ans  de devoir se contenter de légumes vapeur, de sauces crues, de quinoa et de granola maison, se retrouveraient 15 ans plus tard à mes côtés pour développer mon concept en gastronomie vivante. Comme quoi…

 

 

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