Quels sont les bienfaits de la philosophie pour nos petits-enfants?

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Une écoute de l’autre plus attentive

Si la philosophie pour enfants est une occasion de parler de la vie et des valeurs, elle n’est évidemment pas une solution miracle qui ferait de chaque petit un Socrate en herbe. « C’est un prétexte pour alimenter des échanges avec les parents, les enseignants et les copains, relativise Patrice Huerre. Il est important que le débat se poursuive le soir à table ou dans le reste de l’école. » Après avoir suivi un atelier sur la barbarie, Victor, du haut de ses 5 ans, mettait ses parents en garde contre les dangers de la colère quand ils s’énervaient. « Nous avons alors parlé avec lui de ce qui est juste et de ce qui ne l’est pas, témoigne Zahra, sa mère, 35 ans. Il était beaucoup plus sensible que nous au respect des règles, à la malhonnêteté… Comme si les adultes s’étaient habitués à la tricherie et au mensonge, tandis que les enfants les jugeaient encore inacceptables. »

Le débat se révèle d’autant plus fécond qu’il initie les petits à la complexité du monde et remet en question les évidences des plus grands. La philosophie permet aux plus jeunes de s’interroger sur les sens des mots qu’ils utilisent et de préciser leur langage. Ces débats les initient au jeu démocratique : chacun a le droit de s’exprimer, il faut respecter le point de vue des camarades et attendre son tour pour prendre la parole. « Lorsque l’on suit un groupe sur une année, on s’aperçoit de la progression spectaculaire accomplie dans le domaine de l’écoute de l’autre », -s’enthousiasme Michel Piquemal, auteur de nombreux -ouvrages jeunesse, dont les Philo-Fables.

« Si nous n’abordons pas les grandes questions existentielles avec les enfants, avertit Philippe Meirieu, ils chercheront des réponses auprès de ceux qui en font l’exploitation commerciale : dans les mangas, les films, les séries télé… » On l’aura compris, la philosophie pour les petits n’est pas réductible à une gym de l’esprit, elle est aussi et surtout une boîte à outils qui fournit des clés pour mieux se comprendre et mieux vivre ensemble.

Philosopher au lieu de frapper

La philosophie dissuade-t-elle les enfants de recourir à la violence ? D’après une étude menée par le professeur de philosophie Serge Robert, l’enfant qui participe à des ateliers de réflexion et de débats devient plus confiant. Il perd un peu du manque d’assurance qui conduit à agir avec brutalité. Le fait qu’il apprenne à mieux s’exprimer joue aussi.
« Spontanément, l’enfant exprime son rapport à la vérité comme un rapport de force, explique le pédagogue Philippe Meirieu. L’éducateur doit transformer cela en rapport argumentatif, en construisant un espace où celui qui a raison n’est pas le plus costaud, mais celui qui justifie le mieux son propos. » Le contraire de ce qui se passe dans la cour de récré.

Article paru dans le Psychologies
www.psychologies.com

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