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La Femme de la Semaine : Rencontre avec Marlène de Wouters

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Les médias donnent de multiples surnoms à Marlène de Wouters : « la ballerine des courts de tennis » pour ses prouesses sportives, « la Jennifer Lopez des pistes» pour sa sensualité dans « Danse avec les Stars », et « l’Oprah Winfrey néerlandophone» pour la qualité de ses talk-shows télévisés. Même si ces ressemblances sont justifiées, son parcours nous démontre son unicité. Ancienne sportive de haut niveau, elle fut la première femme belge au classement WTA[1] à 18 ans. A 23 ans, elle devient la première présentatrice d’une grande chaîne télévisée. A la quarantaine, elle reçoit 5 Gouden Ogen, écrit 3 livres et fonde son association. Et, surprise ! Tout cela n’est qu’un très bref aperçu de la trajectoire de cette maman de trois enfants…

Une femme multi-casquettes

Comme disait Marilyn Monroe : « une belle carrière, c’est bien, mais vous ne pourrez jamais vous y blottir lors d’une nuit glaciale». Avec beaucoup d’humilité et d’authenticité, Marlène nous confie : « Je ne me considère pas comme une femme d’affaires car mon leitmotiv n’a jamais été l’argent. Il faut payer les factures, bien sûr, mais je suis persuadée que faire ce que l’on aime est bien plus important que le nombre de billets que l’on a sur son compte en banque. De plus, je suis persuadée que si vous faites quelque chose que vous aimez, vous génèrerez de la richesse : spirituelle, émotionnelle et matérielle. Comme la plupart des femmes, pendant 20 ans, ma vie a été principalement mes enfants et mon travail. Mais, ce n’en était pas vraiment un, car je m’amusais. C’est extrêmement important de pouvoir s’amuser dans son job, car il occupe 2/3 de notre temps. Je pense qu’attendre sa retraite pour s’épanouir est le pire calcul qu’il soit. De plus, le fait d’être indépendante offre le luxe de pouvoir jongler avec les heures et les offres. Lorsque les enfants étaient petits, je m’organisais pour réaliser toutes mes tâches pendant les horaires d’école. Si quelqu’un m’appelait et me proposait une réunion à 18h, je me contentais de dire que j’avais déjà quelque chose de prévu. Cela n’a jamais posé de problème car, au fond, c’était un « rendez-vous » aussi important que les autres, avec mes enfants. Je suis très ambitieuse et cela ne m’a jamais empêché de privilégier les moments avec eux parce que personnellement, mes parents ont joué un rôle très important dans ma réussite. Mon père m’a toujours motivée à explorer le monde, à entreprendre, à vivre mes rêves. C’était un véritable entrepreneur qui connaissait ses priorités : sa famille, ses valeurs, et son travail. Son exemple m’a énormément aidé dans l’éducation de mes propres enfants. Je pense que c’est important d’établir une relation de confiance avec eux, de leur dire qu’ils ne sont pas obligés de tout nous dire mais qu’ils peuvent tout nous dire. En tant que parents, nous voulons leur donner le meilleur et avons donc tendance à les pousser pour qu’ils deviennent ce que nous aimerions qu’ils soient mais pour établir un échange, nous devons apprendre à les laisser être ce qu’ils sont, tout en leur inculquant le respect de l’autre et d’eux-mêmes ».

 Un capital sympathie exacerbé…

Un grand journaliste a confié à Marlène: « Pour se distinguer, il faut deux choses : savoir écouter et savoir s’intéresser à l’autre ». Son écoute active, dorénavant célèbre, a valu à  Marlène deux Prix dont “meilleur talk-show” et “meilleure présentatrice tv”. « Je suis d’un naturel très curieux et spontané. L’être humain m’intéresse réellement car je le trouve complexe et de ce fait, très intéressant. Je suis convaincue que c’est la base de tout. J’ai eu la chance de recevoir de nombreuses personnalités à l’instar de Gorbachev, la Reine de Jordanie, Patrick Dempsey, Mariah Carey, etc. Toutes ces rencontres exclusives m’ont extrêmement inspirée. En parallèle, je désirais également donner la parole aux citoyens concernés par de lourds sujets de société comme, notamment, l’euthanasie, les erreurs médicales ou encore la religion. Nous entendons constamment des avis d’experts et cela forge l’opinion publique mais c’est également important de comprendre les opposants, sur le terrain. Par exemple, l’une des émissions s’intitulait « le combat éternel ». L’homme interviewé était un papa qui avait perdu sa femme et ensuite, son fils de 14 ans. Tous deux étaient décédés d’un cancer. Son témoignage était percutant car il disait qu’il aurait tout donné pour épargner la dernière semaine de vie de son fils en sachant qu’il allait mourir, mais la loi interdit l’euthanasie pour un enfant de cet âge. Au dessus du lit de ce jeune homme, il était inscrit « Je vais rejoindre maman », il savait qu’il était condamné et la dernière semaine, il souffrait à un point qu’on ne souhaiterait même pas à son pire ennemi. Mes émissions ont fait écho parce que, quelles que soient les personnes interviewées, elles me confiaient des aspects particulièrement privés de leur existence. Il s’agissait de confidences jusqu’alors jamais confiées à un journaliste. Je pense que l’empathie vient avec le développement personnel et la sincérité. Je me suis sortie du lot parce que je donne énormément de ma personne et, c’est en écoutant pour comprendre et non pas pour répondre que j’ai pu tisser des liens de confiance ».

… et un grand coeur

En Belgique, 420.000 enfants vivent sous le seuil de pauvreté. Cela représente 17% de la population. Les exemples de sportifs professionnels issus de milieux défavorisés ne sont plus à compter. Bien plus que l’économie ou la politique, le sport permet à ces jeunes de s’élever socialement car ils y développent leur confiance en eux, l’esprit d’équipe, la combativité et le gout de la victoire.

En tant qu’ancienne sportive de haut niveau, Marlène connait parfaitement les bienfaits du sport dans son ensemble et c’est pour cette raison qu’elle a décidé d’aider ces jeunes dans le but de créer une Belgique un peu plus équilibrée : « J’ai créé l’association MW Fund avec quatre autres personnes en partenariat avec la fondation « Roi Baudoin » car nous désirions faciliter l’accès au sport pour les enfants défavorisés en Belgique. Ces jeunes sont perdus, livrés à eux-mêmes et n’ont, en général, pas la possibilité de faire du sport. Alors ils trainent dans les rues et Dieu sait ce qui peut leur arriver ! Or, le sport est un moteur pour sortir ces enfants de la pauvreté car il amène la santé, la discipline, la confiance en soi et le développement de soi. Je pense que c’est primordial de leur donner l’occasion d’en faire. Il y a deux grands challenges actuellement dans ce monde, c’est l’écologie et la pauvreté. C’est important que les personnes s’entraident et que celles ayant eu plus de chance tendent la main vers les autres ».

Son conseil : Vous devez croire en vous et vous libérez des croyances toxiques qui font en sorte que vous vous oubliez. Arrêtez de vous mettre dans le rôle de la mère ou de la femme qui ne pense qu’à donner car vous pouvez aussi recevoir. N’oubliez pas de garder un peu d’amour pour vous-même et de faire des choix de cœur. Inscrivez vos croyances sur un papier et faites une sélection parmi elles, demandez-vous : Qu’est-ce que je désire garder ? Qu’est-ce que je jette à la poubelle ? Quelles sont les fausses obligations que je me mets sur le dos ?

Sa citation préférée : Eleanore Roosevelt « Hier fait partie de l’histoire, demain est mystère, mais aujourd’hui est un cadeau. C’est pour cette raison que nous l’appelons « présent ». » En écrivant ces mots, l’auteure nous dit que le plus beau cadeau de la vie est de vivre le moment présent. Pour Marlène, la curiosité saine nous maintient dans le moment présent car elle mobilise nos capacités intellectuelles dans l’instant.

Sa plus grande fierté : Avoir osé participer à l’émission culte « Danse avec les stars ». L’idée lui plaisait et c’était quelque chose qu’elle faisait pour elle au risque de se ridiculiser devant des milliers de téléspectateurs. A sa grande surprise, son surnom est devenu la « Jennifer Lopez du Dance Floor ».

Sa personnalité préférée : Mieke Vogels. Cette femme l’inspire car, à l’époque, peu de femmes jouaient un rôle important en politique. Cette femme a dû se battre dans un monde d’hommes, ce qui est très inspirant. Marlène a d’ailleurs écrit trois livres dont un qui s’intitule « Ministres dans tous leurs états ». C’était durant la grande crise politique belge qui a engendré une longue période sans gouvernement et qui relate la vie de cinq grands ministres belges dont Mieke Vogels.

[1] Women’s Tennis Association

Envie d’en savoir plus sur Marlène de Wouters, notre Femme de la Semaine ? Découvrez son portait complet dans le livre WonderFul Women paru le 7 septembre 2017 en vente chez Club, Filigranes et Cook & Book. 

Suivez-la sur www.marlenedewouters.be

Cet article vous a plu ? Ne manquez pas la rencontre avec Dominique Leroy, notre Femme de la Semaine prochaine.

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