Frédéric François

Frédéric François : « On ne peut pas vivre sans amour ! »

Depuis 50 ans (déjà!), Frédéric François est la voix de l’Amour. Avec ses 350 chansons, 40 millions de disques vendus et 85 disques d’or, le chanteur italo-belge a conquis le coeur de ses fans pour l’éternité… Et il ne compte pas s’arrêter là ! En effet, l’année 2019 s’annonce aussi passionnante que passionnée avec : « Juste un peu d’amour »(son nouvel album sorti le 22 mars), une tournée internationale dès avril, et un concert-événement à l’occasion de son demi-siècle de carrière ! Rencontre avec une légende vibrante.

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Vous avez connu le succès très jeune. Avez-vous le sentiment d’être passé à côté de l’insouciance, de votre jeunesse ?

Frédéric François : J’ai eu la chance d’être jeune justement dans une période d’insouciance. J’avais 20 ans en 1970. Mes copains s’appelaient Mike Brant, Dave, C. Jérôme… on se voyait dans les coulisses des émissions TV, on rigolait, il n’y avait jamais de concurrence… et c’était la légèreté d’esprit et la bonne humeur qui guidaient notre quotidien.

Quel est le titre qui vous ressemble le plus ?  Et pourquoi ?

Frédéric François : Chaque titre que je compose me ressemble, puisque je vais chercher l’inspiration dans ces moments si précieux où je suis en communion avec moi-même. Mais si je ne devais garder qu’un titre, ce serait peut-être « Je t’aime à l’italienne ». J’ai le cœur qui bouge, je parle avec les mains… vous ne me croyez pas ?

Vous chantez l’amour depuis toujours… Pouvez-vous nous parler de votre vie amoureuse ? Êtes-vous un grand romantique dans la vraie vie ?

Frédéric François :  Je passe un peu pour un extraterrestre, puisque je suis marié depuis presque cinq décennies avec la même femme, avec laquelle j’ai eu quatre enfants. Nous avons tout passé ensemble, les hauts et les bas, les bons et les mauvais moments… et avoir le bonheur de se poser à deux et de regarder le chemin parcouru inspire forcément respect et tendresse… même si ma femme dit que je suis un macho ! J’aime la surprendre. Un jour par exemple, ce n’était pas prévu, j’ai pris un avion, nous sommes allés manger au restaurant à Naples en Italie, et le soir nous rentrions à la maison, en Belgique… Voilà quel romantique je peux être.

Frédéric François

Votre père a joué un rôle important dans votre carrière…

Frédéric François : Mon père est à la base de tout. En Sicile, il apportait des sérénades, et il a émigré avec sa guitare. Il travaillait toute sa semaine dans les mines de charbon, économisait le moindre sou, et il a tout fait pour que son fils devienne « quelqu’un ». Il vendait mon premier disque au porte-à-porte chez les voisins du quartier, il allait trouver des professionnels pour que je puisse jouer et me produire. Mon père fut mon premier imprésario.

Qu’aimeriez-vous transmettre à vos enfants ?

À l’image de ce que je chante, j’aimerais transmettre à mes enfants qu’on ne peut pas vivre sans amour. C’est la base de la vie, et c’est ce qui nous fait avancer… comme me l’ont transmis ma mère et mon père ! Et à l’image de ma carrière, j’aimerais leur transmettre que le travail est primordial dans la vie pour y arriver.

Quel homme se cache derrière l’artiste ?

Un homme qui doute sans arrêt, comme au premier jour. Perfectionniste au dernier degré, je veux toujours donner le meilleur de moi-même pour ne décevoir personne. Et à la maison, et bien vous avez un « Papou » complètement fou de ses petits-enfants qui passe beaucoup d’heures à jouer avec eux et à profiter de la vie !

Qu’est ce qui ne vieillira jamais chez vous ?

L’amour de la musique. L’envie d’être toujours dans l’air du temps, sans me dénaturer et sans décevoir ceux qui aiment ce que je fais. À peine un album est-il fini que j’ai déjà dans ma tête les musiques du prochain. C’est comme ça depuis le premier jour, et ça n’a pas changé.

Envisagez-vous une retraite… un jour ? En Sicile ?

S’il vous plaît ? Que veut dire ce mot… Je ne connais pas… Comme je l’ai déjà dit, tant que ma santé me le permettra je chanterai. Je suis admiratif de personnes comme Frank Sinatra, Henri Salvador ou Charles Aznavour, qui ont eu la chance d’arriver à de grands âges et jusqu’au bout ils étaient sur scène. Je garde la Sicile pour mes souvenirs… ou pour les vacances.

Vous serez bientôt en tournée européenne… Pouvez-vous nous parler de ce show qui s’annonce d’ores et déjà grandiose ?

Comme à chaque tour de chant, il y a les titres pour lesquels les gens viennent. Je les appelle les incontournables. « Laisse-moi vivre ma vie », « Mon cœur te dit je t’aime », Je t’aime à l’italienne », « Viens te perdre dans mes bras »… Puis il y a les chansons du nouvel album, en général deux ou trois. Un petit voyage en Italie avec des chansons napolitaine ou sicilienne. Et comme il s’agira d’un concert-événement pour mes 50 ans de carrière, je créerai bien évidemment plusieurs surprises… mais pour cela, je vous donne rendez-vous le 12 octobre au Grand Rex !

Le 12 octobre, au Grand Rex à Paris, vous donnerez un concert événement orchestré par Gilbert Coullier (le producteur de Johnny Hallyday, Madonna, Céline Dion…). Une consécration ?

C’est en effet un immense honneur pour moi de travailler avec Gilbert Coulier, qui a produit les plus grandes stars au monde. Cela représente toute une vie de travail, à chercher à rendre les gens heureux grâce a la musique. Je connais déjà Gilbert, je sais que le résultat de notre collaboration sera grandiose.

Dans votre nouvel album, il y a quelque chose de très personnel. D’intime presque…

Dans chaque album, je tutoie l’amour. Je vais directement au cœur des gens, en me mettant à leur place. Il y a des chansons d’amour universel, comme peut l’être « juste un peu d’amour », les titres qui me ramènent à mon enfance (« Là d’où je viens ») ou aux points de repère de ma vie, comme je le fais avec « Love and Peace », un hommage à John Lennon et aux Beatles.

Le temps qui passe, la mort,… vous y pensez « Souvent » (comme dans votre chanson) ?

Comme tout le monde sûrement. Mais je n’aime pas y penser. Je profite de la vie, des bonheurs passés en famille ou avec mes amis… et pour la mort, le plus tard possible !

Beaucoup d’artistes trouvent l’inspiration dans la peur et la tristesse… Cela ne semble pas votre cas. Vous avez une positivité à toute épreuve ?

J’ai longtemps eu une devise, d’être PPP. Ce qui veut dire « Pensée Permanente Positive ». C’est vrai que cela peut paraître comme une forme de légèreté, mais il faut toujours se dire qu’il y a pire que soi dans la vie. Quand on a la chance d’être en bonne santé, et entouré des gens qu’on aime, à partir de là, vous réunissez tous les ingrédients pour la plus belle des chansons d’amour.