Un siècle de splendeur à Marrakech

Mythique, légendaire, emblématique, forcément envoûtante, La Mamounia est avant tout — et surtout — une sublime déclaration d’amour…

Reading Time: 3 minutes

À Marrakech, il est un lieu qui ne vieillit pas : il s’élève. La Mamounia, palace mythique aux portes de la médina, célébrait en 2023 son centenaire avec faste et audace. Cent ans d’histoire, de glamour et de secrets chuchotés entre les murs. Plus de cent ans d’élégance marocaine, de luxe feutré, de réinvention subtile. Sous la direction inspirée de Pierre Jochem et la vision artistique du duo Jouin Manku, La Mamounia se réinvente sans jamais trahir son âme. Elle ne change pas : elle s’illumine.

Alan Keohane

Une histoire écrite par les étoiles

Depuis toujours, elle attire les regards du monde entier. Cinéastes français et américains y ont posé leurs caméras : Alerte au sud de Jean Tissier avec Eric Von Stroheim, L’homme qui en savait trop d’Alfred Hitchcock, Queen of the Desert de Werner Herzog… Charlie Chaplin y fut reçu comme un prince en 1955. Et la liste des légendes qui ont séjourné ici est vertigineuse : Marcello Mastroianni, Youssef Chahine, Claude Lelouch, Oliver Stone, Luc Besson, Martin Scorsese… Sans oublier les icônes du show-business — Nicole Kidman, Richard Gere, Sharon Stone, Catherine Deneuve, Alain Delon, Claudia Cardinale, Sophie Marceau… Tous ont trouvé ici un décor de cinéma, une source d’inspiration, un refuge.

Une métamorphose orchestrée avec audace

Trois mois de travaux, 300 artisans marocains, et une ambition : ouvrir les volumes, inviter la lumière, créer de nouvelles énergies. Le lobby, baigné par le Chandelier du Centenaire — deux colliers de verre suspendus dans l’espace — devient une œuvre d’art vivante. Les salons se transforment en cabinets de curiosités, le Bar Majorelle se pare de miroirs géants, et Le Churchill évoque un wagon de l’Orient Express, intime et feutré. Chaque espace raconte une histoire, chaque recoin murmure une émotion.

Alan Keohane

L’Italie au cœur du Maroc

Dans un décor repensé, le restaurant l’Italien, porté par le talent du chef étoilé Simone Zanoni (déjà salué pour son travail au George à Paris), propose une cuisine solaire et généreuse aux accents du sud de l’Italie. Burrata des Pouilles, risotto au safran de Taliouine, pasta al limone,… des mets classiques et réconfortants, servis avec une élégance toute méditerranéenne. À travers cette collaboration, La Mamounia célèbre le mariage de l’audace italienne et du raffinement marocain, dans une partition gastronomique inédite, où chaque assiette devient une émotion.

Un art de vivre marocain sublimé

La Mamounia reste fidèle à ses racines. Le restaurant marocain revisite les classiques avec panache, tandis que Jean-Georges Vongerichten continue d’enchanter les palais avec sa cuisine fusion, entre Orient et Occident. Le spa, sanctuaire de bien-être, invite à l’abandon : hammams traditionnels, soins holistiques, rituels ancestraux… Et tout autour, les jardins centenaires — palmiers royaux, rosiers anciens, allées d’oliviers — offrent une promenade hors du temps, comme une promesse renouvelée d’éternité.

Alan Keohane

Un service qui touche au sublime

Mais ce qui fait battre le cœur de cette belle Maison, c’est son service. Une chorégraphie discrète, fluide, presque invisible. Les gestes sont précis, les attentions sincères, les sourires vrais. Ici, on anticipe sans ostentation, on devine sans intrusion. Le personnel incarne une hospitalité rare, celle qui transforme le luxe en émotion, et l’accueil en art.

En 2025, La Mamounia ne célèbre pas seulement cent ans d’existence. Elle célèbre cent ans de beauté, de rencontres, de métamorphoses. Elle ne suit pas les tendances : elle les inspire. Plus qu’un palace, elle est une mémoire vivante, une promesse tenue, une expérience gravée dans l’âme.

Et quand les lourdes portes de La Mamounia, que gardent — tels des cerbères de légendes orientales — des hommes en blanc et cape rouge, se referment, on réalise à quel point les mythes ont besoin de leur part de mystère.

 


© Fiftyandme 2026