Le boom de la beauté en pharmacie

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Pousser la porte d’une pharmacie alors qu’on est en pleine santé et en grande forme ? Les habitudes des Belges ont bien changé avec l’essor de la « dermocosmétique ». En effet, Le marché des cosmétiques en pharmacies (on en dénombre 4.800 en Belgique) est en progression constante (+ 5,5 % en 2015, + 4,5 % en 2014, + 6,6 % en 2013). Ce constat nous mène à quelques questions posées directement aux acteurs du secteur… 

Roland De Cocq
Aline Assadourian
Anne-Laure Vermeiren

D’après Roland De Cocq, directeur général de Cosmétique Active (Vichy, La Roche-Posay et Roger&Gallet) chez L’Oréal en Belgique et aux Pays-Bas, on explique ce courant de la «dermocosmétique» de plusieurs manières…

  1. Nos besoins évoluent, avec une vie sociale qui dure plus longtemps, des expositions solaires plus importantes, plus de stress, plus d’allergies, … De plus en plus de gens considèrent avoir une peau sensible ou nécessitant des soins particuliers. Ils prennent conscience du capital santé de leur peau.
  2. Notre monde est traversé par une crise de confiance. Or la pharmacie représente un pôle de confiance supérieure parce qu’elle n’est pas à la base un réseau de distribution commercial, parce que le pharmacien est un universitaire formé pour délivrer en toute sécurité des produits qui peuvent parfois avoir des effets secondaires. C’est un circuit de proximité, avec une relation personnelle à la clé.
  3. La pharmacie s’est de plus en plus ouverte aux consommateurs, a amélioré la présentation des produits, le comptoir a reculé au profit d’une zone de libre-accès. Mais le conseil est resté. A côté des marques dermatologiques, sont apparues des marques axées sur le plaisir comme Nuxe, Caudalie, Lierac.
  4. La démocratisation de la cosmétique a commencé dans la pharmacie. La pionnière Vichy a été créée dans les années 30 par un médecin au centre thermal de Vichy. On ne trouvait à l’époque que des marques très exclusives comme Dior ou la boîte bleue de Nivea. L’Oréal a racheté Vichy dans les années 50 et lui a donné une extension en pharmacie, avec un positionnement plus accessible que le luxe.

D’après Aline Assadourian, pharmacienne en officine et formatrice en termes de cosmétiques au sein du groupe Multipharma. 

Quels sont les produits les plus prisés ?

« La majorité recherche des produits accessibles qui allient tolérance et efficacité, que ce soit avec des actifs anti-âge ou pour des soucis dermatologiques. Le naturel a la cote, via les huiles essentielles entre autres. »

life-magazine

D’après Anne-Laure Vermeiren, adjointe du magasin iU, galerie Louise à Bruxelles. 

Quels sont les types de conseils qui vous sont demandés ?

« Notre clientèle est très informée. Des composants comme le paraben qui a été retiré des cosmétiques, mais qui est souvent remplacé par le phénoxyéthanol à son tour remis en question, les sels d’aluminium dans les déodorants, les nanoparticules dans les crèmes solaires… interpellent les gens : il faut les connaître et savoir quels produits n’en contiennent pas. Les clientes nous parlent aussi beaucoup de l’acide hyaluronique pour l’hydratation, du collagène pour les crèmes anti-âge… De plus en plus d’informations circulent sur Internet. Mais c’est à nous de guider les clientes en fonction des dernières études menées. »

Quelles tendances de consommation observez-vous ?

« Il y a eu une période où le bio plaisait beaucoup. Mais bio ne veut pas dire hypoallergénique. Ce message n’avait pas été compris il y a quelques années et a nui au bio. Les compléments alimentaires et les huiles végétales, par voie cutanée ou orale, sont très prisés. »


 


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