Leçon de maquillage

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Des bouches très présentes, sombres ou mates, des yeux fumés pailletés, du liner affirmé, des sourcils forts mais disciplinés… Comment s’approprier les tendances maquillage de l’automne en respectant sa personnalité, en sublimant ses propres traits ? Conseils avisés.

Coordonné par Isabelle Blandiaux

Avec Internet, ses tutos (ou tutoriels, des courtes vidéos ‘modes d’emploi’) et ses incursions dans l’envers du décor des défilés et shootings photo, les palettes, tubes et pinceaux deviennent de plus en plus techniques, étant inspirés par les astuces backstage des make-up artists. Autant le maquillage est et doit rester un jeu, où l’on s’amuse librement à mettre en lumière telle part de sa personnalité, où l’on renoue avec la petite fille adepte de grimage en nous, autant quelques conseils éclairés ne sont pas superflus pour éviter de se perdre dans la foule de tendances qui voient le jour chaque saison… « Les maquilleurs qui créent les collections transmettent leur propre vision de la beauté à un moment donné. Reste aux femmes à s’approprier les produits de l’énorme offre sur le marché. Mon rôle consiste à transmettre un savoir-faire à celles qui me sollicitent », explique Anouchka de Bellefroid, make-up artist Chanel qui donne des cours individuels et collectifs. « Mais pour chaque femme, tout part d’un geste simple : se regarder dans le miroir. À elle de déterminer si elle est de type clair ou foncé, en fonction de la couleur de la peau, des cheveux, des sourcils et des yeux (à part les iris, tout peut changer au fil des saisons), d’observer son émotion du jour (en pleine forme, heureuse, fatiguée, malade…), de tenir compte de la lumière (un soleil fort qui ne dissimule rien ou des éclairages artificiels le soir) et de la circonstance pour laquelle elle se maquille (une journée de travail, une fête, etc.). Les make-up qu’on voit sur les podiums ne sont appropriés que pour des soirées à thèmes ou des occasions où l’on choisit d’attirer le regard.  »

La bouche foncée

« Pour poser un rouge flagrant – sombre ou chatoyant -, il s’agit avant tout de l’assumer. Rien ne sert de porter une bouche affirmée si on en est embarrassée. C’est comme un accessoire de mode. Les prune, marron, rouge noir sont magnifiques pour donner du style, qu’on ait la peau mate ou claire. Mais n’oublions pas que le foncé creuse, donc affine les lèvres. Quand on a des lèvres fines, mieux vaut opter pour de l’orange vif, du rouge franc, du rose chaud sur lesquels on peut ajouter une pointe de gloss le soir, pour donner une impression de volume. Une astuce pour porter un rouge foncé plus facilement, en gardant sa force mais sans le côté dur, ‘bouche pincée’, revêche ? On l’estompe sur les bords : on le pose au pinceau et puis on tapote avec un Kleenex les contours de la bouche, pas le centre. »

La bouche mate ou brillante avec effet vinyl

« Le mat affine, tandis que le brillant donne du galbe et contrebalance l’effet amincissant des couleurs sombres. On peut minimiser si on le souhaite le pulpeux d’une bouche avec un bordeaux foncé mat, tout en optant pour un look fort. Attention à l’application, qui doit être soignée et précise. Le mieux est d’en rajouter régulièrement pour éviter qu’un côté des lèvres soit plus mat que l’autre. Les textures brillantes s’estompent de façon plus homogène au fil des heures. »

life-magazine-lancomeLes yeux smokey pailletés

« Le smokey est un dégradé fumé sur les paupières. Si on est fatiguée ou marquée, on évite les make-up trop durs : on remplace le noir par du gris, le marron par du taupe, on opte pour de la couleur estompée comme du vert, du bleuté voire du beige pour un résultat nude. Si on veut vraiment utiliser du noir qui fait ressortir le regard, on peut calmer son agressivité avec un rosé ou blanc pailleté en un confetti imaginaire et bien estompé au centre de la paupière mobile et avec une touche de lumière sous les sourcils. Les paillettes sur le smokey le rendent plus flatteur, lumineux, doux. »

Les sourcils intenses

« Avant d’intensifier un sourcil, on doit d’abord le mettre en forme grâce à une épilation minutieuse puisqu’il ne s’agit pas de réellement l’affiner, sinon on risque d’écraser le coin externe de l’oeil. Les sourcils donnent plus de profondeur au regard. Ils cernent le travail du dégradé des ombres à paupières. Ce qui compte, c’est de bien choisir la couleur de l’ombre ou du crayon utilisé, pour être en harmonie avec les cheveux, et de procéder par petites touches légères. »

Les cils XXL

« Le mascara ouvre le regard : on le pose par le dessus puis le dessous de la frange de cils et ensuite, on étire le coin externe avec le bout de la brosse en plaçant les petits cils à la bonne place. »

Le liner graphique

« C’est un outil fantastique pour densifier le regard, faire ressortir la couleur de l’iris, en noir pour les chevelures foncées ou taupe, violine, marron, vert de gris… Si on veut éviter le côté linéaire et flagrant qui peut être dur, on le pose de façon fondue en plus d’un jeu d’ombres à paupières. »

Le contouring ou le strobing

« Le contouring vulgarise les bases élémentaires du maquillage du teint. À savoir que dans le petit visage formé par les yeux, la bouche et le menton, on met de l’éclat. On peut par exemple ajouter une goutte d’un illuminateur à la texture transparente et non pailletée (comme Blanc de Chanel) à son fond de teint. On pose le mélange au pinceau et on le place à l’éponge dans le triangle pour bien le fixer, puis on l’estompe vers l’extérieur. Autour de ce triangle, on utilise le fond de teint sans illuminateur. Cela donne du relief au visage. Puis on sculpte les pommettes avec un blush. C’est ma version du contouring adaptée à la vraie vie, sous la lumière du jour, toute en légèreté. »

« Le strobing est la nouvelle tendance qui fait le contraire du contouring : on ne travaille que la pureté, la lumière, l’éclat du teint, sans brillance mais avec un effet mouillé ou irisé. On tapote délicatement un produit liquide illuminateur sur le haut des pommettes, les tempes, le haut et le bas de l’arcade sourcilière, le haut de l’arête du nez et l’arc de cupidon. »


Article publié dans le Psychologies Magazine