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Snobe, une marque branchée et colorée

Paris Malungu, 28 ans, est né à Anderlecht. Autodidacte, il a travaillé dans plusieurs chaînes de « fast fashion » puis a rencontré sa complice, Mélissa Deffense, alors qu’il était directeur artistique d’un club bruxellois. Ensemble, ils ont lancé leur marque Snobe en novembre 2016, nourrie de la tumultueuse histoire familiale de Paris.

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#getanattitude

« Ma passion pour la mode est née dès l’enfance », raconte Paris. « Ma mère m’emmenait partout avec elle et j’observais en permanence. Elle s’habille et se maquille pour aller au nightshop ou chez le médecin. Elle mélange tout : les couleurs, les prints africains traditionnels (wax), le style européen, les mailles. J’étais très voire trop apprêté dès l’âge de 5 ans. Ma maman me préparait un look complet chaque soir (singlet, chemise, pull, pantalon) et j’allais à l’école tout seul. Inconsciemment, j’ai intégré l’amour des imprimés, une façon de les mixer. » Les premières ébauches de ses créations sont nées dans un élan naturel, avec des fripes. « Je redécoupais toutes les pièces de seconde main que j’achetais, pour expérimenter le vêtement sans me mettre de limite. Et je faisais des essais de teintures. »

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Des icônes personnalisées

Pour ses premières collections, Paris et son « bras droit », Mélissa Deffense, s’approprient le perfecto en cuir et le customisent à l’envi, de manière artisanale. Pour un résultat street, coloré, original. « J’aime cette pièce parce que je la relie à une forme d’attitude. Le nom de la marque, Snobe, vient du fait que j’ai souvent trop d’attitude. Quand quelqu’un est overdressed, on peut croire qu’il est snob. Or dans mon cas, c’est juste un plaisir. Mais c’est vrai que cela attire le regard. » La marque s’est étendue depuis lors et propose des silhouettes complètes en cuir très fin, grâce à une collaboration avec un atelier forestois qui travaille pour Natan et Saint Laurent. Pour Paris, qui a grandi entre le domicile maternel et des familles d’accueil, le cuir est l’encre qui lui permet de raconter des bribes de son passé. « Je mets la rage, la haine, la souffrance de mon histoire dans mes collections, que je crée en continu, au quotidien (j’ai six saisons ou plutôt six tomes d’avance). Je pars toujours d’un souvenir, d’une anecdote en lien avec ma mère. Par exemple, la collection ‘Mourir d’amour’, de l’hiver dernier, évoquait une embrouille entre elle et ma tante. ‘Brussels West’ racontait le trajet joyeux parcouru avec ma mère, mes tantes, leurs copines jusqu’à la gare de l’Ouest où on devait acheter une petite maison. » Un projet tombé à l’eau suite à une querelle. Pour cet automne-hiver, ‘1080’ poursuit l’histoire dans les quartiers nord de Bruxelles. Lignes graphiques et superpositions demeurent les maîtres mots de ces pièces colorées, influencées par le streetswear et le sportswear. « Je m’inspire des looks que je vois dans la rue, dans le métro à Molenbeek. Au départ, j’ai eu tendance à négliger l’importance de ma culture congolaise d’origine. Or elle se sent dans mon travail de façon subtile. J’adore l’âge d’or de la sape au Zaïre dans les années 70. »

Si sa marque va s’ouvrir à d’autres matières que le cuir, Paris revient en parallèle à son projet de customisation initial, nommé #, par lequel il propose des perfectos taggés de mots manuellement. Comme un étendard sur mesure.

Découvrez toute la collection sur www.snobe.be !

Crédit Photo à la UNE : Patrick Kluine