s'ennuyer

3 bonnes raisons de prendre le temps de s’ennuyer

Dans notre société, prôner l’ennui peut ressembler à une idée contre nature. Et pourtant, cette (non) activité n’est pas sans avantages. Et ce pour une multitude de raisons. Explications dans une chronique qui ne se veut pas ennuyeuse.

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Un ennui qui a mauvaise presse

Aujourd’hui, force est de constater que chacun tente de remplir comme il peut chaque heure de sa journée. Pour se façonner l’image de quelqu’un de dynamique, à la vie bien remplie. « La nature a horreur du vide » et « l’oisiveté est mère de tous les vices. » Deux maximes souvent entendues et qui nous conditionnent en permanence.
Osez avouer que vous aimez passer du temps à ne rien faire, à rêvasser. La réaction sera souvent réprobatrice. Et vous prouvera que l’ennui est encore tabou. Souvent lié au gaspillage de temps. Pourtant, il n’est pas l’apanage des jeunes enfants. Non, à plus de 50 ans, on peut très bien s’ennuyer. Et y prendre du plaisir.

S’ennuyer : les avantages

Nombreux sont les sophrologues ou psys à souligner tous les bienfaits de dire stop et de nager à contre-courant dans la société du travail et des loisirs. Pour mettre le cerveau en mode pause.

  1. Stopper toute activité organisée le temps d’une heure ou deux permet de se recentrer sur ses pensées. De prendre du recul sur le monde, sur soi. Le cerveau en roue libre, on pense avec bonheur aux bons moments du passé, ou à ses envies de se lancer dans de nouveaux projets. Personnels ou professionnels. Selon la psychothérapeute Odile Chabrillac, à qui l’on doit ce Petit éloge de l’ennui (éd. Jouvence, 2013) « s’ennuyer, c’est arrêter de faire et apprendre à être. »
  2. Ne rien faire, se déconnecter de la réalité qui nous entoure, stimule également notre créativité, pour nous amener à trouver des solutions à des problèmes. Un article publié en mars 2019 par l’Academy of Management a démontré pourquoi s’ennuyer n’était pas une mauvaise chose pour notre créativité et notre épanouissement. Un article à découvrir ici : https://journals.aom.org/doi/10.5465/amd.2017.0033
  3. S’ennuyer nous offre également un luxe devenu presque impayable aujourd’hui : s’approprier le temps qui passe. Pour tenter de l’allonger en ne faisant rien. Un pur moment jouissif dont il faut profiter.

Un art de vivre célébré dans les arts

« Le travail c’est la santé, rien faire c’est la conserver » chantait Henri Salvador.

Sans adopter pour autant l’inactivité ou la paresse, célébrées dans ce célèbre tube humoristique, savourer des moments d’ennui ne peut que nous amener à se débarrasser, pour un temps, des pressions sociales ou professionnelles.

Un goût pour l’ennui que le prolifique Jean d’Ormesson avait lui aussi mis en avant dans un ouvrage biographique, Qu’ai-je fait ? (publié aux éditions Robert Laffont en 2008). Pour l’écrivain, l’ennui constitue « un état béni où l’esprit désoccupé aspire à faire sortir du néant quelque chose d’idéal qui n’existe pas encore. L’ennui, la marque en creux du talent. »

 


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