se ressourcer

Nos bonnes adresses pour se ressourcer

Dans un monde en transition, où les repères vacillent et le temps semble s’accélérer, les voyages de bien-être et de développement personnel apparaissent comme autant d’oasis pour prendre soin de soi et vivre une expérience transformatrice loin du quotidien survolté.

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Partir pour se ressourcer

Faire une retraite de méditation silencieuse dans un monastère, expérimenter la vraie cure ayurvédique en Inde ou y perfectionner son yoga dans un ashram, traverser le désert en Mauritanie, s’initier au zen au Japon… Les invitations à se reconnecter sont nombreuses et symptomatiques de notre besoin de plus en plus grand de prendre du temps pour soi, en dehors du flux des sollicitations numériques, familiales et professionnelles. Ces expériences sont chaque fois uniques, bonnes ou mauvaises, mercantiles ou généreuses selon les cas, le bouche-à-oreille demeurant le meilleur moyen de ne pas se tromper. Beaucoup de particuliers organisent ce type de séjours axés sur le bien-être.

À l’origine de ces initiatives, on trouve souvent un lieu hors normes, inspirant et porteur d’âme, qui se prête tout spécialement au travail sur soi, sachant que plus que jamais les candidats au voyage recherchent des endroits authentiques intégrés à la vie locale, plutôt que de luxueux ‘ghettos’. Coach, thérapeute (thérapie brève et stratégique) et journaliste, Christiane Thiry a commencé il y a une quinzaine d’années à mettre les gens en lien autour d’ateliers d’artistes à Dar el Qadi1, petit palais de la médina de Marrakech restauré dans le respect de l’architecture locale par son mari, Quentin Wilbaux. « Je me suis rendu compte que lorsque je suis dans cette ancienne maison d’astronome datant du XVIIe siècle, ma créativité est stimulée. J’ai eu envie de partager avec d’autres la magie de ce lieu symbolique, doté d’une tour. » Des stages de pleine conscience, de Qi Gong, de Pilates, d’écriture ont naturellement vu le jour avec des spécialistes.

« C’est une autre façon de voir le Maroc, de l’intérieur, en étant accueillis, entourés et dorlotés par les femmes marocaines qui préparent une nourriture locale savoureuse. Quand on est dans le patio du riad, il y a un côté presque maternel. L’espace est enveloppant en lui-même. On s’y sent protégé, lové. Cela permet un lâcher-prise plus intense, tout comme la chaleur ambiante. Dans les ateliers que j’organise, le travail sur soi se fait dans la détente. Et en même temps, au Maroc, on est confronté à une autre culture, donc on perd ses points de repère et d’une certaine façon, c’est ça qui permet plus facilement de déconnecter complètement. Quand on reste dans sa routine, sa rumination mentale, on a tendance à répéter les mêmes gestes, les mêmes actions. S’extraire de son contexte habituel permet de mettre les choses en perspective et d’y voir plus clair. On utilise différents outils, plus centrés sur le corporel, qui sont aussi puissants que le verbal ou d’autres formes thérapeutiques. »

L’humain dans toute sa particularité est ici central, on l’aura compris, mais aussi dans sa faculté de rencontrer l’autre et d’échanger. « Le fait de participer à un stage en groupe a plus de résonance même au niveau du travail individuel. Les histoires de vie des autres permettent parfois d’avancer sur son propre chemin. Et puis, on a besoin de positif, de solidarité. C’est sans doute cela qui nous sauvera à terme, par rapport à tous les changements qui s’annoncent. Plutôt que de voir les choses sous un angle catastrophique, il est urgent de recréer des liens, qui permettent d’aborder les choses dans la joie. En cela, Dar el Qadi est le lieu idéal pour prendre du temps pour soi, vivre des expériences fortes ensemble. J’essaye d’ailleurs de rester dans des budgets raisonnables. C’est un des gros problèmes du développement personnel : les prix. Or à mes yeux, on ne peut pas exploiter la détresse humaine comme un filon. »

On dirait le Sud

Pour Sophie de Brabandere, réalisatrice, et son mari, Nicolas d’Oultremont, comédien passionné de cuisine, c’est un changement de vie qui est à l’origine des Ateliers de la Bastide2 (La Bastide-d’Engras, au nord d’Uzès), une maison d’exception située au coeur du village historique. « Nous avons quitté la Belgique il y a 4 ans. Nous habitions dans le centre-ville de Bruxelles avec notre fille aînée alors âgée de 2 ans. On a eu envie de tester l’expérience de vivre à la campagne, dans un autre cadre, avec un autre rythme. On avait la chance d’avoir un point de chute dans le sud de la France, à la Bastide-d’Engras, un village de 180 habitants sans commerce ni restaurant, où le temps semble d’être arrêté. On a essayé et on a très vite eu envie de rester, en développant pas mal d’activités, dont des séjours de développement personnel. Quand on arrive à la Bastide, on est naturellement envahi par un sentiment de calme, par le silence à l’état pur. Un endroit parfait pour une pause. »

Sophie et Nicolas – qui s’est mis aux fourneaux – aiment accueillir, recevoir (« on essaye que chacun de nos hôtes se sente comme à la maison ») et convient des animateurs expérimentés pour des moments privilégiés autour de thématiques telles que la peinture, l’écriture, le chant, la sérénité, la créativité… « La magie du groupe (entre 8 et 15 personnes) opère chaque fois, que les gens se connaissent à la base ou non. Certains ont déjà eu ce type de démarche dans un auditoire par exemple, comme avec le philosophe d’entreprise Luc de Brabandere. Le faire ici en petit comité apporte encore beaucoup plus. Il y a peu de sollicitations donc les gens restent le soir autour du feu ou sur la terrasse à discuter de ce qu’ils ont découvert la journée. Notre plaisir, c’est de voir les liens se créer lors du premier repas. Le groupe intensifie les bénéfices. On est plus disponible à soi, aux autres et, comme on est dans une relation nouvelle autour d’une passion commune, on va très vite en profondeur. La fin d’un atelier est toujours émouvante : on sent que quelque chose d’intense s’est passé, résultat d’un mix de tous les ingrédients, dont des randonnées. » Les stages se déroulent en effet en complète osmose avec le reste du village. « On a déjà fait du yoga dans le jardin du voisin, dans la petite école style Marcel Pagnol en face de chez nous, on a visité la garrigue avec une voisine qui connaît très bien les plantes, on s’installe à différents endroits pour peindre… On cherche l’inspiration tout autour de nous. Et les participants sont sous le charme comme nous le sommes depuis quatre ans. »

  1. www.darelqadi.com
  2. www.lesateliersdelabastide.net

Article paru dans le magazine Psychologies du 28/09/2019