eveil des sens

L’éveil des sens : on s’y met ?

Au printemps, on se branche sur la fréquence « éveil des sens » ! On l’oublie peut-être trop souvent, nos cinq (six ?) sens sont un véritable chemin de conscience. Pour être pleinement présent ‘ici et maintenant’. Osons donc cette affirmation : sans les sens, la vie n’a pas de sens !

Tous sens réjouis, partons donc découvrir ce que le printemps nous dévoile de ses fleurs, fruits, chants, saveurs jusqu’à l’indécence ! Beauté charnue d’une mangue juteuse,  délicatesse d’un kiwi à déshabiller pour en goûter toute la saveur, délicatesse et carmin du coquelicot qui sous ses airs fragiles affronte vents et tempêtes mais qui se laisse mourir si on le cueille…

Magie enchanteresse d’une nature qui se déploie et s’offre généreuse à toutes nos gourmandises.

Cueillir et partager… voilà qui, mine de rien, vient titiller notre humanité ! Quand les cueillettes sont abondantes, que les parfums se mélangent et font saliver les papilles, c’est le moment de lancer les invitations, dresser les tables, jouer avec les couleurs pour célébrer la convivialité.

Le soleil imprègne nos liens et nous voilà caméléon du roi. Nous captons sa chaleur et sa lumière dorée et nous la diffusons sans modération. A moins qu’il nous invite à nous retirer dans un coin ombragé. Farniente couleur tendresse pour goûter aux délices de la sieste dans la tiédeur d’une après-midi alanguie au jardin. Et voilà que je m’emballe…

La nature nous reconnecte à notre vraie nature et à tous nos sens

Ces sens si précieux qui, dans notre vie speedée n’ont pas toujours droit de cité. Essayez donc en courant, de respirer une fleur, savourer un morceau de pomme acidulée ou simplement sentir la caresse du vent…

Pieds nus dans l’herbe, on se sent incarné. Pleinement en vie sur cette terre qui nous enracine dans ce qui nous fonde. Nos sens nous parlent de nous. Quand Chantal trouve cette  pomme insipide alors que Claire la savoure avec délice, quelle part intime cette pomme vient-elle toucher ?

Quand Véronique vient renifler avec délice la fragrance musquée de l’homme qui danse avec elle, quelle porte est-elle en train d’ouvrir… ou quelle mémoire vient-elle activer ?

Free hugs !

Une étreinte désintéressée chaleureuse et profonde peut combler l’un et agacer l’autre… « Je n’aime pas qu’on me touche », s’agace Nathalie. « Quand on me prend dans les bras, c’est comme si ma peau se hérissait de barbelés ! C’est plus fort que moi. Un petit bisou, c’est tout ! » La peau ? L’organe sensoriel par excellence, la star du toucher !

Qu’elle rejette ou s’abandonne avec délice, c’est toujours une histoire qu’elle raconte. Que s’est-il passé au début de la vie ? Alors qu’aujourd’hui, on encourage le peau-à-peau mère/père-enfant, il y a 50 ans, ce n’était pas forcément le cas. Le « permis-défendu » codifiait bien plus la relation à l’autre. Et faussait sans doute aussi certaines perceptions.

Une simple caresse était interprétée comme une invitation à aller plus loin. Nicole, qui participe régulièrement à des séances de Biodanza (1) explique combien cette pratique lui a permis d’apprivoiser le sens du toucher : « Au début, j’étais pétrie de préjugés contre cette pratique qui, par la danse, invite à lever les barrières et oser le toucher affectif. En fait, j’avais peur.

Rien qu’un exercice d’effleurement de mains évoquait pour moi le début de manœuvres propres à pousser les participants à se jeter dans les bras les uns des autres. Avec mes stéréotypes hérités de l’adolescence, je me projetais d’emblée dans une vision malsaine du toucher, ce sens tellement suspect de nos jours. Depuis 2 ans que je danse régulièrement dans ce groupe, je me sens beaucoup plus fluide dans mon corps. Et je suis si heureuse d’avoir pu apprivoiser ce sens que j’ai découvert si précieux… »

L’immersion dans les sens demande parfois un peu de courage…

…celui de se lever aux aurores pour prendre un bain… de chants d’oiseaux. C’est ce que Patrick se programme au printemps, chaque matin, pendant une semaine : « Une méditation enchantée ! Pas évident de me tirer du lit mais lorsque seul, j’assiste au lever du soleil, installé en tailleur sur ma terrasse, avec les oiseaux qui chantent à tue-tête pour saluer le jour nouveau, je me sens en totale connexion avec l’univers, le cosmos et la joie d’être en vie ! Une vraie bénédiction. C’est là que mon sixième sens se manifeste, en synergie avec les cinq autres. Des inspirations fulgurantes parfois s’imposent à moi… »

A moins que votre truc à vous soit plutôt de réveiller vos sens à la tombée de la nuit ? A l’heure où la nature se prépare à la nuit, il y a mille et une choses à découvrir et à écouter : le ciel qui se teinte de belles couleurs, le chant amoureux des grenouilles, le vol du hibou…

En un mot comme en cent, ENJOY

(1) Plus d’infos sur www.biodanza.be