Connu pour ses œuvres d’un réalisme saisissant, Tony Matelli questionne depuis plusieurs décennies notre rapport au vivant, à l’illusion et à la nature. Son iconique Sleepwalker, présenté à Knokke aux côtés d’autres sculptures monumentales, côtoie notamment sa célèbre série Weeds. Ces mauvaises herbes qui semblent pousser là où personne ne les attend deviennent, sous son regard, une métaphore silencieuse de la résilience et de la force du vivant.
Quand l’art rencontre la gastronomie
C’est précisément cet univers qui a inspiré Pierre De Almeida, fondateur de Pépite, la pâtisserie végétale bruxelloise reconnue pour son approche créative et engagée. Ensemble, ils signent une collaboration qui brouille les frontières entre les disciplines artistiques.
Le premier chapitre de cette rencontre prend la forme d’une création baptisée Weed-In, dévoilée en avant-première ce 6 aôut, avant d’être proposée, en édition limitée, chez Pépite à Bruxelles.
Bien plus qu’un dessert, Weed-In raconte une histoire. Sculpté dans un céleri-rave, comme une racine encore enfouie sous terre, il révèle un cœur de mousse coco-céleri, accompagné d’un fenouil lactofermenté au curcuma et au fruit de la passion. Une gelée au Ginger Ale Rish, un biscuit aux amandes et une délicate marguerite viennent compléter cette composition où la fermentation devient le fil conducteur. Invisible mais profondément vivante, elle incarne la transformation permanente de la nature, chère à Tony Matelli.
Cette première création inaugure une collection évolutive de quatre desserts qui suivront le rythme des saisons : Weed-Out à l’automne, une bûche de Noël puis une pâtisserie « Marguerite » imaginée pour la Saint-Valentin. Toutes prolongent les réflexions de l’artiste sur le végétal, le temps et le vivant.

TONY MATELLI X PEPITE © Louchébem
Au-delà de la gourmandise, cette collaboration raconte surtout une rencontre. Dès leurs premiers échanges, Tony Matelli s’est enthousiasmé pour le projet, saluant une idée « particulièrement intéressante ». Malgré des médiums différents, le sculpteur et le pâtissier partagent une même fascination pour la nature, ses métamorphoses et cette beauté discrète qui surgit souvent là où on ne l’attend pas.
Dans un monde où les frontières entre les arts s’effacent peu à peu, cette collaboration illustre une nouvelle manière de vivre la culture : immersive, sensible et profondément multisensorielle. Car aujourd’hui, l’art ne se contente plus d’être contemplé… il se savoure.

