résidence secondaire

Acheter sa résidence secondaire à l’étranger

Pour qui se sent quelque peu à l’étroit en Belgique, il est tentant d’aller voir si l’herbe est plus verte ailleurs. Avec, pourquoi pas, l’achat d’une résidence secondaire à l’étranger. Mais à quoi faut-il faire attention pour garantir la réussite du projet ?

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Dès la cinquantaine venue, beaucoup se (re)mettent à penser à l’achat de cette résidence secondaire tant rêvée. Les enfants ont, souvent, quitté la maison et l’épargne laissée sur les comptes ne rapporte plus rien. Et si le moment était venu de se lancer ? Et de craquer pour cette petite maison du village breton où vous avez passé plus d’un été ? Ou pour cet appartement en Espagne, non loin de la mer ? Un projet immobilier qui réclame cependant une mûre réflexion avant de le concrétiser. Parce qu’iI présente des avantages, mais aussi certains inconvénients.

Une idée séduisante à plus d’un titre

Pour beaucoup de Belges, les vacances sont souvent synonymes de retour au même endroit, année après année. Avec le plaisir de retrouver d’autres habitués du cru. Plutôt que de payer, à perte, des loyers de location (de gîte ou de chambres d’hôtel), l’achat d’un bien peut se révéler plus intéressant. Vous êtes chez vous et l’argent est investi dans la brique. Avec la probabilité de la voir prendre de la valeur au fil des années. Cette résidence secondaire à l’étranger, ce sera un placement effectué pour votre retraite ou pour vos enfants. Un bien qu’il vous sera possible de rentabiliser, par la location effectuée par le biais d’une agence immobilière locale. Une façon de rembourser, tout ou en partie, les frais liés au bien.

Quels points surveiller lors de l’achat d’une résidence secondaire?

Avant de se lancer et de signer l’acte, il est utile de garder à l’esprit certains points pratiques. Comme la mobilité. Qu’en est-il des moyens d’accès au bien ? Avec la crise sanitaire, chacun a pu se rendre compte de la difficulté de quitter ou rejoindre un pays par l’avion (ou le bateau). Il sera donc préférable d’acheter une seconde résidence qu’il sera possible de rejoindre par la route. Pour gagner en souplesse. L’idéal est de trouver un bien accessible également par le train. Plus économique et plus relaxant qu’un long trajet en voiture. Il vous faut aussi trouver sur place des contacts sur lesquels vous pourrez compter. En cas de dégâts au bien, de cambriolage etc. Et qu’en est-il de la présence des commerces et d’une éventuelle aide médicale ? Un joli coin isolé peut s’avérer idyllique mais deviendra un enfer en cas de coup dur. Autre point à surveiller, les coûts d’entretien de votre bien. Faudra-t-il payer un syndic ? Sans compter les frais liés au système d’alarme, au chauffage, à l’électricité… Ni les charges et les droits d’enregistrement locaux (10% en moyenne). Le bien nécessite-t-il des frais de rénovation ou possède-t-il des vices cachés ? Avant de signer l’acte, l’aide d’un expert et d’un notaire vous permettra de ne pas vous laisser entraîner par une fausse bonne première impression.

Témoignage

Un deuxième « chez nous »

Anne et Paul, Bruxellois de 60 et 55 ans, ont craqué il y a deux ans pour une petite maison située non loin de Ramatuelle, dans le Var. « Amoureux de la région où nous venons depuis plusieurs décennies, nous avons craqué pour ce petit mas provençal. Peu luxueux mais suffisant pour combler nos envies. Trop souvent déçus par les locations, nous avons transformé ce lieu en petit coin de paradis. Avec des objets que nous aimons. Ramenés de Belgique ou chinés sur les marchés locaux. La mer n’est pas loin, et quand nous le souhaitons, nous pouvons descendre dans le Midi avec le TGV ou par avion, via Nice. Un achat que nous avons effectué après en avoir discuté avec nos enfants. Nous nous partageons les semaines d’été. Et pour l’instant, nous ne regrettons pas cet achat, effectué avec une agence locale qui a su nous aider pour les démarches

Quid de la fiscalité ?

Faut-il déclarer sa maison secondaire sur la feuille d’imposition ? La réponse est affirmative. Il est impératif de déclarer le bien, et ce même si vous ne le louez pas. Gardez aussi à l’esprit ce point important quand vous souhaiterez signer un acte d’achat : la taxe sur la fortune (généralement 1% de la valeur du bien), absente en Belgique mais bien présente dans certains pays. En France, destination privilégiée des Belges, elle ne touche que les biens dont la valeur dépasse les 1,3 millions d’euros. En Espagne, vous pouvez réclamer une exonération pour la première tranche des 700.000 euros.

Si vous n’avez pas les fonds disponibles pour vous faire plaisir, emprunter peut s’avérer une solution. Moyennant un apport personnel de quelque 25%. Les intérêts payés peuvent neutraliser les montants imposables. Ou du moins les réduire. Quant aux avantages fiscaux liés au remboursement du capital, ils se révèlent tributaires de plusieurs facteurs, dont la durée du prêt (au moins dix ans), l’existence d’un emprunt en cours pour votre résidence principale en Belgique ou le lieu d’achat du bien à l’étranger. Qui doit, pour donner lieu à des avantages fiscaux, se trouver dans l’espace économique européen. Complexe, cette fiscalité nécessite un rendez-vous avec votre notaire.

Autre point de fiscalité non moins important à aborder : la planification successorale. Pour que ce bien acheté en Espagne ou en France ne se transforme pas en gouffre financier pour vos héritiers. A ce propos, vous pouvez opter pour l’acquisition scindée. Vous serez les usufruitiers du bien acheté. Et vos enfants, nus-propriétaires, n’auront généralement pas de droits de succession à payer. Là encore, l’aide de votre notaire sera la bienvenue pour régler les cas particuliers. Comme pour les familles recomposées, notamment. La consultation du site https://www.notaire.be/ permet de défricher le sujet et d’effectuer des simulations pour un acte d’achat.


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