prêter de l'argent

Prêter de l’argent… oui, mais pas n’importe comment !

Quand il s’agit d’argent, une belle amitié ou des rapports cordiaux peuvent vite se transformer en cauchemar. Vous souhaitez aider un proche dans le besoin ? L’intention est louable, mais doit se faire avec un minimum de sécurité. Dans votre intérêt.

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Vous connaissez certainement cette situation pour l’avoir sans doute vécue. Vous recevez un coup de fil d’un ami, d’un membre de la famille. La voix est hésitante, inquiète. Et vous devinez rapidement qu’il (ou elle) vous contacte pour une raison bien précise : vous emprunter de l’argent.

Petite ou forte somme. Qu’importe. Votre générosité est connue. Même si, comme le dit le dicton, une plaie d’argent n’est pas mortelle, mieux vaut régler cela de la meilleure des façons. Pour vous assurer de récupérer un jour cet argent prêté.

Une question doit se poser d’emblée. Cet argent que je prête, ne risque-t-il pas de me manquer à court ou moyen terme ? Si le prêt part d’un bon sentiment, inutile de vous mettre pour autant dans l’embarras. Une autre question l’accompagne : pourquoi cet ami ou ce proche fait-il appel à vous et non pas à sa banque ? Reverrez-vous cet argent prêté ? Autant savoir avant d’ouvrir les cordons de votre bourse.

Et votre partenaire, est-il (elle) d’accord avec vous de prêter cet argent ? Si vous n’êtes pas marié sous le régime de la séparation des biens, votre conjoint devra approuver lui aussi votre décision.

Un document écrit pour sceller l’accord

Pour un prêt accordé à un ami ou un parent proche, vous hésitez sans doute à coucher l’accord de prêt sur papier. Après tout, vous avez confiance en cette personne qui vous est chère. Certes, pour le moment l’entente est bonne entre vous. Mais qu’en sera-t-il dans le futur ? En cas de conflit, ce sera parole contre parole. Et vous serez loin d’avoir gain de cause sans justificatif. Mieux vaut donc rédiger un contrat de prêt (pour une forte somme) ou une reconnaissance de dette.

Un document que vous pouvez rédiger chez un notaire, moyennant un acte payant, ou chez vous, sous seing privé, en présence des parties en jeu. Le prêteur et le débiteur devront recevoir un exemplaire. Pour ajouter une touche de sécurité supplémentaire, vous pouvez faire enregistrer le contrat de prêt au bureau d’enregistrement.

Ce document vous permettra de pouvoir réclamer l’argent prêté à la date convenue. Après tout, les bons comptes font les bons amis, comme on dit. Pour une reconnaissance de dette relative à un montant raisonnable, nul besoin de s’étendre quant au contenu du document. Il peut s’articuler autour de ces renseignements : les coordonnées des deux parties, la durée du prêt, son montant, le taux d’intérêt, les dates de remboursement convenues.

Pour un contrat de prêt, il faut faire mention des deux parties, du montant, de la durée, du taux d’intérêt éventuel, de la date de paiement et des modalités de paiement. Le contrat sera rédigé en deux exemplaires avec chaque page paraphée. La signature finale sera accompagnée de la mention manuscrite « lu et approuvé ». Sans oublier le conseil fourni par les banques : celui d’effectuer le paiement de la somme convenue par virement bancaire et non de la main à la main.

Là aussi, cela permettra d’avoir une preuve de paiement et de réception et d’éviter ainsi tout malentendu aux conséquences négatives dans les relations entre parties. Chaque virement sera effectué avec une communication référant au prêt. Par exemple : remboursement du prêt convenu entre M. x et M. y pour la somme de…

Procéder au remboursement du prêt par virement permet aussi de laisser une trace si jamais il vous arrivait de décéder avant le terme du remboursement. Quant à parler du décès du créancier, il ne met pas fin au remboursement de la somme prêtée. Le remboursement se fera à ses héritiers, lesquels auront à prendre en charge des frais de succession sur le solde restant dû. Mieux vaut penser à tout quand il s’agit d’argent. Il est important de le rappeler. Peu importe la somme.

Prêter de l’argent : en pratique 

Bon, vous avez réfléchi à la demande et vous l’acceptez. Que faire concrètement ? Réclamer un remboursement mensuel ou annuel ? La facilité recommande le remboursement annuel, ce qui limite les formalités, les opérations. Et les calculs d’intérêt. A ce propos, faut-il en réclamer au débiteur ? Une autre question à se poser au moment de prêter de l’argent car elle n’est pas sans conséquences, fiscales notamment.

Vous n’avez aucune obligation à réclamer un intérêt à votre ami ou proche. Non, mais êtes-vous disposé à vous priver du rendement qu’aurait pu rapporter cet argent investi ailleurs ? Et même si les comptes d’épargne ne rapportent plus rien ou presque, retirer une somme d’argent d’un tel compte vous prive d’une part d’intérêts. L’idéal est de réclamer un taux d’intérêt, minime, entre 2 et 4 %. Un intérêt à déclarer au fisc et soumis au précompte mobilier.

Vaut-il mieux ne rien demander comme taux d’intérêt et ne rien payer au fisc ? Une question qui mérite de s’y attarder. Pour ne pas perdre des plumes dans l’opération.

Un remboursement qui stoppe. Que faire ?

Après plusieurs transactions de remboursement, celui-ci s’interrompt brusquement. Que faire en tant que créancier ? S’informer dans un premier temps. Une discussion s’avère souvent plus simple pour mettre à plat un problème. Cela peut résulter d’une erreur, d’un souci financier qui empêche votre débiteur d’honorer provisoirement l’accord. Avant de paniquer, mieux vaut donc en discuter pour tenter de relancer le processus. Voire de procéder à un étalement de la dette.

Dans le cas contraire, vous pouvez réclamer la somme due par une mise en demeure envoyée par lettre recommandée. Sans effet, un contact sera pris avec le juge de paix (pour un montant de moins de 5.000 euros) ou le tribunal de première instance (pour un montant supérieur à 5.000 euros). Ultime recours pour récupérer la somme due. La reconnaissance de dette écrite aura là toute son importance. Pour rappel, c’est le prêteur qui doit prouver, d’une part, qu’il a prêté une certaine somme, et d’autre part, que le débiteur ne rembourse plus. Dans les cas les plus graves, le créancier peut lancer une procédure de recouvrement de dette dont les effets vont jusqu’à la saisie de mobilier ou sur salaire.

Une chronique qui pourra faire sourire plus d’un lecteur. Prêter de l’argent n’est sans doute pas si grave à leurs yeux. Non, à première vue, mais vous y penserez peut-être plus tard quand viendront d’éventuels soucis de remboursement. Mieux vaut prendre d’emblée toutes les garanties possibles et ne plus s’inquiéter ensuite. Pour garder une bonne entente avec un ami ou avec un membre de la famille qui a eu besoin de vous à un moment donné. Un conflit peut naître à cause de l’argent, une amitié disparaître. Autant savoir.