carnet d'épargne

Quelles alternatives au carnet d’épargne ?

Les comptes d’épargne des Belges restent bien garnis mais ne rapportent plus grand-chose avec un taux de 0,11%. Votre argent patiemment mis de côté se fait grignoter par l’inflation et les coûts bancaires. Vers quels autres placements se tourner ? La Bourse et la brique sont-elles encore les meilleurs choix ?

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Régulièrement, la presse se fait l’écho des sommes colossales laissées par les Belges sur leurs comptes d’épargne. Soit quelque 278 milliards pour la fin de 2019. Et 2020 s’annonce dans la même veine. Durant le confinement, beaucoup ont épargné encore davantage. Que conseiller aux quinquagénaires qui disposent d’un bon matelas financier ?

Conseils utiles

L’épargnant qui veut libérer une part de son épargne dans des placements doit avant tout dresser son profil d’investisseur et définir son aversion au risque. Sans précaution, il risque bien d’y laisser sa chemise. Il est donc primordial de bien s’informer auprès des professionnels. Quels risques souhaite-t-il prendre ? Est-il disposé à placer de l’argent pour une longue durée d’immobilisation ? Voire à le perdre en partie ou complètement ?

Un carnet d’épargne à ne pas vider

Avant de regarder ailleurs pour savoir si l’herbe est plus verte pour vos finances, il n’est pas inutile de rappeler les avantages du carnet. « D’accord, votre argent placé sur un compte d’épargne ne rapporte rien avec ce taux de 0,11%, mais il reste garanti et disponible rapidement en cas de besoin. Souvenez-vous aussi qu’il vous faut garder entre 3 et 6 mois d’équivalent de salaire comme poire pour la soif. Ce que l’on nomme l’épargne de précaution » précise l’économiste Philippe Defeyt.

L’immobilier, le placement vedette

Oui, l’immobilier constitue toujours une source de revenus supplémentaire pour diversifier ses investissements. Y compris pour les quinquagénaires. Ils peuvent toujours emprunter auprès des banques, et d’autant plus s’ils offrent des garanties. « La faiblesse des taux d’intérêt continuera à être un facteur de soutien. Mais il faut considérer un investissement immobilier sous tous les angles (location, isolation, héréditaire, fiscal, financier…). Les investisseurs n’en tiennent pas toujours compte. Un investissement immobilier exige également une gestion minutieuse et un entretien continu. La prudence reste de mise. Personnellement, je pense que le choix d’un fonds immobilier est préférable. Parce qu’il est généralement très diversifié en termes de géographie et de type de biens immobiliers. » explique Hans Bevers, chief economist à la Bank Degroof Petercam.

La Bourse, toujours attractive ?

Au début de la crise du coronavirus, les Bourses ont sérieusement bu le bouillon. Au grand dam des investisseurs aux épaules fragiles. Qui ont vendu quand ils n’auraient pas dû, ou ont renoncé à puiser dans le compte d’épargne pour acheter des actions qui constituaient de belles opportunités. Aujourd’hui, les Bourses ont retrouvé des couleurs. Mais sont-elles encore abordables ? « La reprise boursière a été beaucoup plus rapide que celle que nous avons connu après la crise financière de 2008. Mais la rapidité de la reprise boursière et la résurgence récente des nouvelles contaminations incitent à la prudence. Cependant, je pense qu’à terme les actions vont continuer d’être la pierre angulaire des portefeuilles d’investissement. Un portefeuille d’actions mondiales bien diversifié devrait générer un rendement moyen d’environ 3 à 5 %. Mais la clé – je ne saurais trop le répéter – c’est la diversification parce qu’il y a encore beaucoup d’incertitudes au niveau mondial (deuxième vague d’infections, un Brexit dur, un contexte géopolitique très difficile…)» détaille Hans Bevers.

En conclusion, que faut-il retenir ?

Choisir la bonne alternative au compte d’épargne reste bien loin d’être un long fleuve tranquille. Etes-vous prêt à relever les défis, à braver la peur et la tendance générale à l’immobilisme pour obtenir un rendement plus élevé mais aussi plus risqué ? Pour Philippe Defeyt, « face aux différents types de placements qui s’offrent à vous, il faut garder à l’esprit le principe de diversification. Dans votre portefeuille, il faut y trouver des actions, de l’immobilier et du cash. La règle de base pour tout investisseur désireux de limiter les risques et les pertes. » De son côté, Hans Bevers souligne sa préférence de « disposer d’un portefeuille d’investissement très bien diversifié, géré activement par des professionnels. Cet avis reste valable pour les personnes qui sont déjà plus proches de la retraite. La raison en est que ces fonds peuvent être parfaitement adaptés au profil de risque de l’investisseur. » Quant à la décision finale, elle vous appartient.