Des diagnostics plus nombreux… mais des vies mieux protégées
En Belgique, plus de 77 000 nouveaux diagnostics de cancer ont été posés en 2023, selon Belgian Cancer Registry. Une hausse qui s’explique avant tout par le vieillissement de la population et l’allongement de l’espérance de vie. Rappelons-le : près de 80 % des cancers concernent les personnes de plus de 60 ans.
La bonne nouvelle, c’est ailleurs qu’il faut la chercher. La mortalité recule pour un nombre croissant de cancers et la survie à cinq ans continue de progresser. Autrement dit, on dépiste plus tôt et on soigne mieux. Une avancée majeure, directement liée à l’innovation médicale et à l’essor de la médecine personnalisée.
Pourquoi les traitements personnalisés changent tout
Toutes les personnes ne réagissent pas de la même manière aux traitements. Une chimiothérapie efficace chez l’une peut s’avérer inutile, voire délétère, chez l’autre. Même constat pour certaines immunothérapies, révolutionnaires mais encore inefficaces chez une partie des patients.
Deux questions deviennent alors centrales :
Pourquoi certains cancers résistent-ils aux traitements ?
Comment savoir, à l’avance, quelle thérapie sera la plus efficace pour une personne donnée ?
C’est précisément là qu’intervient la médecine personnalisée. En analysant finement les caractéristiques biologiques et génétiques des tumeurs, les chercheurs peuvent orienter chaque patient vers le traitement le plus adapté, tout en évitant des protocoles lourds et inutiles.
35 millions d’euros pour accélérer la recherche
En 2024, la Fondation contre le Cancer a investi 35 millions d’euros dans la recherche académique, un montant record. Une priorité claire : comprendre les mécanismes de résistance aux traitements et améliorer la capacité à prédire la réponse thérapeutique.
« Ces deux axes ouvrent la voie à une médecine véritablement personnalisée, où chaque personne bénéficie du traitement qui lui convient le mieux. À moyen terme, nous pouvons espérer que le cancer devienne une maladie dont on ne meurt plus », explique le Pr Pierre Coulie, co-président de la Fondation.
Personnaliser les soins
Parmi les projets soutenus, l’un retient particulièrement l’attention : la personnalisation de la chimiothérapie néoadjuvante pour les cancers du sein dits « triple négatif », parmi les plus agressifs.
Mené par le Pr François Duhoux aux Cliniques universitaires Saint-Luc, ce projet s’appuie sur une technologie de pointe : les organoïdes. Ces copies 3D de tumeurs, cultivées à partir de biopsies, permettent de tester différents traitements avant même l’opération.
Résultat : des thérapies mieux ciblées, moins toxiques, et une perte de temps évitée pour les patientes.
Préserver la qualité de vie
Pour les patients – et en particulier pour les femmes de plus de 50 ans, souvent en première ligne face à la maladie – ces progrès ne sont pas théoriques. Ils signifient moins d’effets secondaires, plus de chances de guérison et une qualité de vie préservée.
Aujourd’hui plus que jamais, la science avance. Et avec elle, l’espoir d’un futur où le cancer ne serait plus une fatalité, mais une épreuve que l’on traverse… et que l’on dépasse.

