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Où, quand, comment faire du bénévolat en Belgique ?

Conduire une voisine chez son amie, utiliser ses talents d’infirmière pour aider gracieusement un hôpital africain, livrer des tuiles pour refaire le toit d’une maison d’accueil, aider les cellules de soutien psychologique de la Croix-Rouge… tous les dynamismes sont les bienvenus. Même le vôtre.

Par Jean Blavier

Le bénévolat, c’est partout, tout le temps, à tous les niveaux

Le bénévolat, ça n’est pas de la roupie de sansonnet puisqu’il y aurait entre 1 million et 1 million et demi de nos concitoyens, soit environ 12,5 % des Belges, qui consacrent une partie de leur temps à aider gracieusement autrui. Ce chiffre est en hausse, ce qui est encourageant. Mais entre 1 million et 1 million et demi, est-ce beaucoup, est-ce peu ? A priori, c’est relativement peu lorsqu’on compare aux pays voisins.

Selon « La France bénévole », une étude publiée par le ministère (français évidemment) de l’Education nationale, nos voisins du sud seraient 13 millions environ à consacrer gracieusement une partie de leur temps au monde associatif, soit 19 %. Ce chiffre est également en hausse. Et aux Pays-Bas ? Selon l’enquête « Geven in Nederland » (litt. « Donner aux Pays-Bas ») réalisée tous les deux ans par l’Université d’Amsterdam, les Néerlandais seraient 37 % à consacrer au moins un jour par an à du travail bénévole. Mais ce chiffre est… en baisse !

En y allant de notre petite multiplication – autant chez nous, autant en France, autant aux Pays-Bas par rapport à la population -, on constate que nous ne sommes certainement pas les champions du bénévolat, mais il faut se méfier des chiffres. Le fait que 37 % des Néerlandais consacrent au moins un jour par an au bénévolat, ça n’est pas forcément mieux que les 12,5 % de Belges qui y consacrent au moins deux jours, au moins une semaine, qui sait ? Rien ne dit qu’aux Pays-Bas ou en France on donne la même définition au travail bénévole.

L’important n’est sans doute pas là, mais dans le rôle que joue le bénévolat sur le plan social et même financier ! Une étude réalisée par le Centre d’économie sociale de l’Université de Liège (ULg) montre que le volume des prestations effectuées par les bénévoles dans notre pays « correspond à environ 150.000 équivalents temps plein, soit quelque 5 % de l’emploi salarié ». Retenons ce chiffre : les bénévoles, dans notre pays, c’est l’équivalent de 150.000 emplois. 150.000 emplois, c’est considérable.

4 à 5 heures par semaine

photo personne plantant un arbre

Concrètement, quel contenu faut-il donner à la notion de bénévolat ? Intuitivement, chacun sait parfaitement bien de quoi on parle. Mais encore ? Le Centre d’économie sociale de l’ULg précise tout ça : le bénévolat, c’est un engagement volontaire, non rémunéré, à concurrence de 4 à 5 heures par semaine en moyenne. 4 à 5 heures par semaine en moyenne, c’est tout de même autre chose que le « jour au moins par an » de nos voisins du nord. Cela montre une fois encore que l’on peut faire dire tout ce qu’on veut aux chiffres.

Attention aussi aux moyennes : 4 à 5 heures par semaine, cela veut dire 1 heure pour certains, 10 pour d’autres. Certains sont-ils de ce fait plus ou moins bénévoles que les autres ? « Pas du tout, répond le président d’une asbl chapeautant une entreprise de travail adapté – ce qu’on appelait autrefois un ‘atelier protégé’. Toutes les contributions sont les bienvenues. Il y a dans mon conseil d’administration un dirigeant d’entreprise qu’on ne voit quasi jamais. Mais si vous saviez le nombre de commandes qu’on a grâce à lui… »

Où les bénévoles sont-ils surtout actifs ? C’est difficile à dire. Selon l’ULg toujours, si « on compte beaucoup de bénévoles dans les secteurs culturel, sportif et récréatif, (on en compte) nettement moins dans la santé, l’éducation et la recherche ». Pourquoi ? C’est assez facile à deviner et l’Université de Liège le confirme : ces activités « nécessitent un plus grand degré de professionnalisme ». Que font les bénévoles ? Beaucoup de choses très différentes qui vont de la collecte de fonds à la présence au sein d’un conseil d’administration, en passant par la formation, l’animation, le secrétariat… (liste non exhaustive).