dépendance affective

Comment vaincre la dépendance affective ?

Il n’est pas exceptionnel qu’un couple prenne conscience qu’il serait bon pour chacun de prendre une plus grande indépendance l’un par rapport à l’autre. Ce qui peut sembler paradoxal… Surtout quand un couple traverse des difficultés et/ou ressent le besoin de se rapprocher. En réalité, il s’agit moins d’une question de distance que de dépendance affective… et de recherche constante d’un équilibre entre « je ne pourrais pas vivre sans toi » et « je ne suis pas responsable de tes états d’âme ».

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Comprendre et vaincre la dépendance affective en 2 étapes

Je ne pourrais pas vivre sans toi ?

C’est Roméo, c’est Juliette ! Nous sommes là au cœur de la déclaration d’amour romantique par laquelle chacun des protagonistes remet son existence entre les mains de l’autre en décidant d’être à jamais son prisonnier volontaire. C’est à la fois merveilleux et terrifiant. C’est merveilleux quand j’entends que quoi qu’il arrive et qui que je devienne, tu seras toujours avec moi, alors je me sens si léger. C’est merveilleux de savoir que ma vie a trouvé un sens et qu’il gravite autour de toi, alors je me sens solide et rassuré.

C’est terrifiant quand j’entends que tu dépends à ce point de moi, alors je sens mes épaules se couvrir d’une lourde chape de plomb. C’est terrifiant de comprendre que ma vie ne tient qu’à un fil, celui de ton bon vouloir, alors j’ai peur et j’en arrive à me méfier de toi et bientôt à te haïr. Le passage de l’amour fou à la vengeance la plus féroce est très souvent représenté dans le théâtre et la littérature. C’est un moteur classique de la tragédie humaine et on ne peut le comprendre que dans cette perspective de possession morbide.

Tout le malheur du monde est possible lorsque le démon de la jalousie s’insinue dans le cœur de celle ou de celui qui vit enfermé dans cet amour fusionnel, à la fois si fascinant et si mortifère. J’en arrive à t’épier, à douter de toi, à exiger sans cesse des preuves de ton amour, à te mettre à l’épreuve. J’étouffe alors que j’ai tout fait pour toi ! Dans le cadre d’une thérapie conjugale, il est grand temps alors de prescrire de la distance, de l’air, de l’espace.

Il y aura du travail pour admettre que dans le sens premier de la nécessité vitale je n’ai pas besoin de toi et tu n’as pas besoin de moi pour vivre, ensuite nous pourrons ensemble décider d’accepter le manque et transformer le besoin en désir. Je ne veux pas te bouffer, mais goûter à l’essence de ton être !

Je ne suis pas responsable de tes états d’âme ?

Nous sommes là sur le versant de la responsabilité face au bonheur ou au malheur de l’autre. Je souhaite évidemment le bonheur de mon conjoint, mais je peux juste lui promettre de m’efforcer d’y contribuer et de m’en réjouir avec lui, en aucun cas je ne peux promettre de le rendre heureux. Il ne sera évidemment, quoi que je fasse, pas heureux à plein temps et lorsque je le verrai triste ou préoccupé je risque d’être incapable de l’écouter et de faire de la place pour ses émotions et ses sentiments.

Je pourrais en arriver à me sentir coupable voire en colère et agressif envers lui. Faire de la place aux états d’âme négatifs de son conjoint nécessite une fois encore de la distance, de l’air et de l’espace. À partir de nos indépendances affectives nous pourrons, si nous le décidons, établir le meilleur et le plus durable traité de paix, de respect et de bienveillance mutuelle. Un autre nom pour l’amour.