rôle grands-parents

Le rôle des grands-parents : comment s’y prendre ?

C’est un message beau et fort que nous adresse Marijke Bisschop quand elle évoque le rôle des grands-parents en parlant d’amour. Encore faut-il s’entendre sur ce que chacun comprend par là…

De l’amour sans intérêt !

Les parents ont fait tout ce qu’ils pouvaient pour leurs enfants. Par amour. Et ceux-ci en donnent à leur tour à leurs enfants. Ça circule de haut en bas et c’est très bien comme ça ! Pas d’attente donc que ça « remonte ». Et Marijke Bisschop d’insister : « Quand on donne, on le fait avec plaisir. Cela va de soi. Et « merci » est compris dans le mot « donner ». Exit donc le message qui culpabilise : « Avec tout ce que j’ai fait pour toi… » .

En tant que grand-parent, on peut au contraire se réjouir et même se féliciter de cet héritage qu’on lègue à ses petits-enfants par parents interposés. Ce n’est pas le moment de tout gâcher par des remarques acerbes, du style « Vous ne me téléphonez que quand vous avez besoin de moi … ».

La culpabilité ? Parlons-en…

C’est elle qui pourrit les liens familiaux. On se sent englué, souvent sans en être vraiment conscient, dans une culpabilité qui parasite la relation.

La grand-mère qui n’est pas disponible au moment où sa fille l’appelle pour garder le petit, peut éprouver de la culpabilité, surtout si sa fille le lui fait sentir…

Clarifier ?

C’est en effet la première chose à faire quand on devient grand-parent. Clarifier ce rôle tant par rapport à soi-même que vis-à-vis de ses enfants.  Il y a ce que les grands-parents attendent de la part des parents et ce que les jeunes parents attendent des grands-parents. Une idée à explorer ? Mettre sur papier une sorte de charte écrite entre grands-parents et parents pour éviter tout malentendu. Non pour figer mais au contraire pour ouvrir le dialogue et s’adapter en fonction des circonstances. « L’idéal, c’est de le faire dès le départ ! explique la psychologue. Pour éviter justement que des comportements s’installent, sur lesquels il est difficile de faire marche arrière. D’où les tensions, les fatigues, les non-dits…et les malentendus ! »

Mettre son grain de sel dans l’éducation des petits-enfants ?

Surtout pas. Triple couche d’adhésif sur la bouche!  L’éducation, ce n’est plus le rayon de Papy et Mamie, SAUF chez eux. Là, ce sont eux qui mettent les limites. Du genre « Ici, on ne mange pas dans le salon mais à la cuisine, … ». Pas de grands principes d’éducation donc, mais des règles de « savoir vivre ensemble chez Papy/Mamie ». Mais à nouveau, cela demande d’être clarifié dès le départ. Calmement. Sereinement. En confiance.

Confiance

Un mot-clé qui définit la place de chacun sans avoir peur de ne pas répondre aux attentes de l’autre. Les grands-parents ont aussi leur vie et ne sont pas obligés de répondre « présent » à toute sollicitation de leurs enfants. SAUF s’ils y répondent avec plaisir !

Plaisir

Autre mot-clé indispensable. Un instrument de mesure hors pair ! Et qui ne ment jamais ! Essentiel donc de se poser la question : « Est-ce que ça me fait plaisir ? »

Autonomie ou dépendance ?

« C’est frappant de constater combien cette société cultive le sentiment de dépendance » , observe la spécialiste. Les parents travaillent tous les deux, ne trouvent pas toujours de solutions pour faire garder leur(s) enfant(s) et demandent aux grands-parents de s’en occuper. Or, ceux-ci, qui ont consacré une grande partie de leur vie à élever leurs enfants et à les pousser vers l’autonomie – leur mission parentale – n’ont pas forcément envie de se remettre dans le circuit d’une interdépendance exigeante. Bien sûr, « Papy ou Mamie secours » peut être une solution de temps à autre. Par contre, si l’on poursuit la métaphore, rouler avec sa roue de secours en permanence, c’est prendre de fameux risques !

Le bon plan ?

C’est d’en faire un, justement ! Garder les petits-enfants est un vrai plaisir si l’on peut planifier leur venue quelque temps à l’avance, qu’il s’agisse de vacances, d’un jour par semaine ou encore, toute autre formule sur mesure. La grande joie alors, c’est de s’informer sur l’agenda du moment et de programmer une balade aux champignons, un petit ciné, un spectacle, l’exploration d’un château, la lecture d’un livre, un atelier chanson…
Que du bonheur…

Qui est Marijke Bisschop ?

Marijke Bisschop a étudié la pédagogie à Amsterdam aux Pays-Bas. Après une spécialisation à Londres et en Belgique en thérapie comportementale, elle a travaillé 20 ans au département psychiatrique pour enfants à l’UZ Gasthuisberg à Louvain en Belgique et quelques années à Montréal, au Canada. Psychologue, consultante en éducation, elle anime aussi des ateliers pour les grands-parents.

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