Les quincados, Kesako ?

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Entre adulescents et sexygénaires, voici que frappe un néo(il)logisme : l’ère du quinca est décadente, le quincado est dans la place.

Quinca

Il nous manquait des cases (ne me faites pas dire…). On déplore qu’il n’y ait plus d’enfants : ils sont préados à 9 ans. Plus d’adultes : ils sont immatures pendant 30 ans. Et voici qu’il n’y a plus de vieux : désarroi !

Surtout quand on apprend que selon une étude Ipsos, le « quincado », il a entre 45 et 60 ans. Les quadras (trentenaires arriérés, on sait…) apprécieront de se prendre cinq ans dans les dents, cadeau. Ainsi, le sémillant quinquagénaire qui tient désormais la patate d’un môme de 25 ans, la rapidité de récupération après une guindaille en moins, qui porte beau – Brad Pitt, Colin Firth… tout ça – et qui brûle la chandelle par ses deux bouts et ses Cinquante Nuances (de Grey), se voit-il étiqueté « ado ». C’est non.

Quincados

Qui pourrait bien vouloir se refarcir l’époque hormonalement challengée des découvertes illuminées et des frustrations infranchissables ? Les cœurs brisés à jamais jusqu’à la semaine prochaine, et cette route qu’on s’apprête à défricher sans autre mode d’emploi que celui, obsolète, forcément obsolète, de nos propres parents dépassés ? Alors qu’avoir claqué le demi-siècle, c’est autre chose. C’est savoir qui on est, en tout cas qui on n’est pas. Comprendre ce qui nous fait du bien. C’est avoir le cuir doux mais robuste, la sagesse modeste, jamais enlisée. C’est la confiance, sans la vulnérabilité de l’innocence. Le moment où on a bien fait ses devoirs, ses moutards, où on a connu une certaine heure de gloire (ou pas), et où tout peut, enfin commencer à continuer. Il n’y a pas de « quincados », c’est une (vieille) trentenaire qui vous le dit : rien que des aventuriers d’une nouvelle ère, qui savent que le dénouement, c’est maintenant.

 

 


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