clinophilie

La clinophilie, ou la volonté de rester couché

Trouble psychiatrique bien connu des médecins, la clinophilie est souvent confondue avec de la paresse. Mais de quoi parle-t-on ? Et comment y faire face ? 

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La période troublée que nous connaissons avec la crise du Covid exacerbe le mal-être ressenti par les plus fragiles d’entre nous. Avec des symptômes qui réclament une assistance. Comme la clinophilie, un syndrome qui n’exclut personne mais touche plus souvent les femmes sujettes au dérèglement hormonal ainsi que les personnes âgées. Mais de quoi s’agit-il ? Explications.

Comment caractériser la clinophilie ?

Ce trouble est marqué par l’absence de volonté de quitter son lit. Non pas pour des raisons liées à une fatigue excessive mais plus par besoin de rester dans un lieu jugé sûr. Le clinophile reste au lit, mais sans dormir, lire etc. Pour ce point, la clinophilie doit se différencier de la dysanie qui consiste à éprouver des difficultés à se lever chaque matin, et de l’hypersomnie qui provoque le besoin de dormir beaucoup.

Une volonté de se refermer sur soi qui s’exprime aussi par l’absence de projet. Le patient n’a généralement plus l’envie de rien. Ni de sortir, de voir des gens. Comme dans le cas d’une schizophrénie. Une attitude qui témoigne de la nécessité d’une prise en charge. Non pour la clinophilie mais pour la possible pathologie sous-jacente. Une dépression, bien souvent, mais aussi un burn-out.

Quel est le public cible ?

Si ce symptôme peut toucher n’importe qui, il concerne davantage deux classes d’individus. D’une part les femmes de plus de 40 ans, sujettes aux bouleversements hormonaux et d’autre part les personnes âgées. Si vous avez un parent âgé qui a vécu un choc brutal récent ou qui réagit mal à la solitude, la clinophilie se doit d’être prise au sérieux. Car elle constitue souvent une étape d’un trouble baptisé syndrome du glissement. La personne se laisse simplement mourir, dans plus de 80% des cas.

Des conséquences physiques et psychiques

Le fait de passer ses journées au lit provoque des effets délétères à ne pas négliger. Comme une fonte musculaire plus ou moins rapide, des escarres et des ulcères. Mais aussi un développement de troubles intestinaux, comme la constipation. Sur le plan psychique, un patient peut rapidement perdre tout contact avec le monde extérieur et entamer une vie de reclus. Sans traitement, la clinophilie peut alors déboucher sur de véritables phobies sociales, avec la peur panique de sortir de chez soi.

Quel traitement envisager ?

La clinophilie ne se guérit pas pour elle seule. Elle n’est bien souvent qu’un signe d’une autre pathologie mentale plus conséquente. Qui nécessite bien souvent la consultation d’un spécialiste. Car la clinophilie est souvent associée à une dépression. Le diagnostic médical se révèle heureusement aisé à poser par le médecin. Le traitement sera souvent composé de la prise d’anti-dépresseurs associée à des thérapies cognitives comportementales (TCC) destinées à pousser le patient à prendre conscience de la nécessité de renouer du tissu social.


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