peur de la solitude

Quand la peur de la solitude effraie

Sur les sites de rencontre, la peur de la solitude est rapidement perçue et peu appréciée, selon une récente étude universitaire.

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Le couple! En ce troisième millénaire, la vie à deux reste la norme puisque 6 Belges sur 10 vivent cette situation selon les données de de StaBel. Il.elle.s ne sont pas forcément marié.e.s mais choisissent également la cohabitation légale, l’union libre, la vie sous le même toit ou dans des habitats différents. Le couple reste plus que jamais “la” référence, même si depuis les années septante, le célibat est de plus en plus apprécié. La vie à deux est même devenue l’objet d’attentes bien plus grandes, qu’elles soient affectives, émotionnelles, érotiques ou intellectuelles. L’autre doit être aujourd’hui l’amant.e,  le confident.e, l’ami.e, le.a partenaire ….

L’union amoureuse est une norme telle que les sites de rencontre, les Tinder, Meetic, Parship, be2, Disons demain (pour les seniors) et autres Elite dating, connaissent un joli succès: ils sont à l’origine de quelque 9 % des relations.  Mais avant de vous lancer sur ce qu’on peut appeler ce “marché de l’amour”, sans doute est-il bon de savoir qu’il vaut mieux ne pas insister sur vos rêves d’engagement et craintes d’être seul.e !

Un poison pour les relations amoureuses

De nombreuses études avaient déjà montré que la peur de la solitude empoisonnait les relations amoureuses: vous avez peur d’être seul.e et vous acceptez des comportements de l’autre que vous n’appréciez pas sans oser rien dire et vous êtes malheureux.ses. Cette crainte rend aussi les ruptures plus difficiles, voire impossibles, même quand la relation est conflictuelle. Vous préférez rester avec l’autre et vivre l’enfer plutôt que d’être seul.e. Mais voilà qu’une nouvelle étude « Détectabilité et désirabilité de la peur d’être célibataire dans les profils de rencontre en ligne » (1) parue en septembre 2020 précise un autre aspect – négatif – de cette peur de la solitude: elle a tendance à effrayer les partenaires potentiel.le.s dès les premiers contacts écrits !

Un repoussoir lors des rencontres

Menée par les psychologues américain.e.s Stephanie S. Spielmann and Kevin P. Gahman de la Wayne State University de Detroit, cette étude a constaté que cette crainte était perçue avec précision à partir d’un simple texte descriptif; les 235 participant.e.s, âgé.e.s de 18 à 80 ans, devant évaluer trois différents profils de personne à rencontrer, conçus par les chercheur.se.s. Ensuite la recherche a mis en évidence que les participant.e.s ( 60% de femmes ) trouvaient la personne moins intéressante et même moins physiquement attractive quand la peur d’être seul.e avait été décelée! On notera cependant que les personnes qui avaient elles-même peur de rester célibataires étaient moins sévères quand il.elle.s évaluaient les profils de personnes ayant une grande crainte de la solitude. Les mêmes constats ont été faits avec la deuxième partie de l’étude qui demandait d’évaluer de réels profils de personnes inscrit.e.s sur des sites de rencontre.

Être dans la rencontre

Dès lors,  mieux vaut ne pas préciser dans votre profil vos rêves impérieux de vie conjugale et vos craintes du célibat. Et on ira plus loin que ce que l’étude met en évidence et on vous conseillera lors des premières rencontres, d’éviter les grandes confessions quant à vos éventuelles souffrances de la vie en solo et votre désir de relations longues et sérieuses. L’autre risque de penser que vous n’êtes pas là pour lui.elle mais pour combler vos manques et réaliser vos ambitions conjugales. Pour séduire, il vaut mieux être dans le moment présent et la rencontre. Il est également préférable d’avoir développé son être, sa personnalité, en ayant des passions, des loisirs, des amis, des projets, des rêves en plus du travail. Il convient d’être autonome et stable avant de rencontrer et aimer et ne pas compter sur l’autre pour trouver son propre équilibre !

  1. Detectability and Desirability of Fear of Being Single in Online Dating Profiles ». Une étude de Stephanie S. Spielmann and Kevin P. Gahman, publiée en septembre 2020 dans le Journal of Personality.


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