La curiosité n’est pas un vilain défaut

Le printemps rime avec renaissance. Et si on faisait de même ? Si on mettait notre énergie dans de nouveaux projets ? Et si on renouait avec la capacité de nous étonner, de découvrir ?

Les habitudes peuvent être de bons repères pour avoir confiance en nous, avancer, piloter nos choix, Elles peuvent aussi tellement nous enfermer, nous plonger dans le piège de la résignation, de l’ennui, de la routine qui manque de relief. Elles nous emmènent vers une certaine incapacité à nous adapter, vers l’insolence d’un avis définitif sur des situations, des personnes.

Dans les rencontres que j’ai la chance de faire lors de mes accompagnements de personnes ou de groupes, je m’aperçois combien les implicites, les présuppositions, les préjugés sont d’énormes freins à une vraie rencontre de soi ou des autres. Je suis interpellée de voir combien de conflits naissent par un manque de curiosité de l’autre. On ne s’écoute plus et donc on ne se comprend plus. Chacun reste sur sa planète sans s’enrichir de la diversité des points de vue, du partage d’expériences, de la puissance de l’échange. Tout se fige dans une boîte bien carrée.

Alors redevenons curieux, avec une âme d’enfant. Partons à la rencontre de l’inconnu, de la joie de découvrir, d’apprendre. Cette posture est tellement porteuse pour dénouer la lassitude et être artiste de nous-même et du monde qui nous entoure.

Quelques questions pour se laisser porter par la curiosité

  • Quelle est la dernière fois que j’ai fait quelque chose pour la première fois ?

Notre Ego, juge intérieur, n’aime pas beaucoup sortir de sa zone de confort qui le sécurise. Et pourtant, combien de fois pouvons-nous apercevoir que cette zone de confort est en fait inconfortable. Elle nous empêche de progresser, d’avoir des idées nouvelles. Notre Ego nous entretient dans le fait de ne plus jamais nous étonner de rien. Il aime se dire que c’est normal et accapare notre immobilisme. Il craint l’inconnu et ne prend plus de risque. Il cultive le fatalisme.

Invitons-nous à expérimenter, à créer un vide fertile sur notre route pour découvrir un talent caché, un potentiel à révéler, des ressources à déployer. Notre curiosité à est un vraie alliée pour stimuler notre audace.

« L’action est le moteur de tout, puisque le simple fait de faire les choses les rend possible » a écrit Claude Lelouche.

  • Qu’est-ce que je ne connais pas encore de mon conjoint, mes enfants, un ami, un collègue ?

Notre Ego, enfermé dans l’image, cultive le superficiel, les relations lisses, le jugement hâtif. Et pourtant, quel frein à de vraies rencontres. Notre Ego manque tant d’humanitude.

Invitons-nous à questionner dans une écoute profondément active en pratiquant le « CQQCOQP », 7 lettres parmi lesquelles toutes nos questions ouvertes doivent commencer : « Comment ? Quoi ? Qui ? Combien ? Où ? Quand ? Pourquoi ? » Notre curiosité est un vrai cadeau qui nous rend disponible pour ouvrir une autre oreille à l’autre, à nous laisser nous rencontrer. Pour offrir de la profondeur à notre écoute, l’étonnement est un moteur.

  • Quand est-ce que je me laisse simplement surprendre ?

Notre Ego aime nous faire croire qu’on a raison de penser ce qu’on pense. Et pourtant, quel saboteur qui nous capture dans les a priori, les préjugés.

Invitons-nous à la magie de la page blanche pour écrire de nouvelles histoires et quitter la nostalgie du « C’était mieux avant ». Laissons-nous nous compléter plutôt que de nous refermer, de nous blaser.

Ces trois questions sont un bon départ pour voyager dans le plaisir du neuf. Laissons-nous porter, accueillons l’incertitude, l’effet cadeau de toutes les premières fois qui font briller nos yeux.

Soyons curieux pour être heureux !

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