asexualité

L’asexualité, bien vivre sans sexe

Pour la plupart des femmes, la sexualité se révèle, sinon capitale, du moins importante dans leur épanouissement personnel. Certaines n’ont pourtant nul besoin de relations physiques. Elles se disent asexuelles.

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Malgré une société hypersexualisée, une frange de la population reste froide face aux plaisirs de la chair. Des personnes qui se qualifient d’asexuelles et qui recherchent d’autres éléments de satisfaction avec leurs partenaires. De qui parle-t-on?

L’asexualité, petite présentation

Une orientation sexuelle qui peut poser question quand la personne asexuelle se risque à aborder ce sujet avec d’autres. Contrairement à l’abstinence, l’asexualité n’est pas du tout un choix. Elle peut se définir tout simplement comme une absence d’attirance sexuelle pour l’autre, homme ou femme. Sans envie de pratiques sexuelles, à deux ou même en solo. Mais sans parler de dégoût non plus. Des asexuels reconnus sous l’acronyme ACES. Une façon de vivre la séduction autrement, plus dans l’intellect, et qui concerne autant les femmes que les hommes. Une orientation qui concernerait à peine 1% de la population et aux origines toujours incertaines à ce jour.

Faut-il y voir une cause de consultation ?

« Non, précise le sexologue Jean Merino, car l’asexualité n’est pas une maladie psychiatrique. La personne ne souffre pas de cet état qui n’implique pas un renoncement de sa part. Même si je dois préciser qu’elle peut cependant devenir un souci de santé psychologique si cette asexualité atteint le mental de la personne concernée. Une personne asexuelle pourra ainsi être consciente de son absence de désirs sexuels tout en désirant être comme les autres, ressentir du désir, le plaisir de toucher et d’être touchée. Dans ce cas, il serait bon de consulter un psy ou un sexologue. » Une consultation nécessaire également si la personne vit en couple, avec un partenaire qui n’est pas asexuel. Une thérapie destinée à chercher une solution par la parole, pour essayer de comprendre en quoi cette absence de désir peut être corrigée pour le bien-être du couple.

Vécu d’une asexuelle

Pour mieux comprendre cette orientation, qui peut interpeller tout un chacun, rien ne vaut un témoignage direct. Pour mieux comprendre les motivations de celles (et ceux) qui n’ont que faire de relations intimes pour vivre heureux. Comme Annabelle, 56 ans. Et asexuelle assumée. Mais pourquoi ce désintérêt pour le sexe ? Une question cash, et à laquelle elle répond franchement : « Je ne sais pas l’expliquer réellement. C’est dans ma nature, et cela remonte à mon adolescence. Je n’ai pourtant vécu aucun traumatisme sexuel. Juste que cet échange corporel ne m’intéresse pas. C’est tout. Ce qui ne veut pas dire que mon cœur ne bat jamais pour un homme. Son attitude, sa voix, ses intérêts peuvent me séduire, mais je n’ai pas besoin d’aller plus loin. Le hic, c’est que mon point de vue n’est pas toujours partagé. Pour mon partenaire, le sexe peut être désiré. D’où mon problème d’avoir des relations durables. »

Note : pour les asexuels en attente de dialogue ou désireux de croiser d’autres personnes à la même orientation, l’asbl belge asexual https://www.asexual.be/fr/over-ons/ et en néerlandais https://www.asexual.be/over-ons/   apporte plus d’une réponse. Une asbl de quelque 250 membres, créée en 2020.


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