acheter ou louer

Acheter ou louer, l’éternel dilemme

Le Belge a une brique dans le ventre, c’est connu. Mais alors, plutôt acheter ou louer ?  Un débat qu’il est utile d’aborder avec l’éclairage de l’économiste Philippe Defeyt.

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A l’occasion de la traditionnelle saison des salons immobiliers, virtuels cette année, voici que revient sur la table la question qui occupe l’esprit de celles et ceux qui envisagent de s’installer ou de déménager. Faut-il se lancer dans la procédure d’achat d’un bien ou miser sur la prudence et la facilité pour devenir locataire ? « Pour répondre à cette question, qui n’appelle pas de réponse définitive et globale, il faut la situer dans un contexte qui peut être synthétisé en peu de mots. Le choix du logement, c’est un mélange de réalité économique et de contrainte financière, le tout mêlé dans l’évolution socio-économique de la société. En ce qui concerne la mobilité, l’évolution des couples, etc. » souligne d’emblée l’économiste Philippe Defeyt.

Devenir propriétaire, un choix réfléchi

Avoir son chez-soi, ne plus devoir être tributaire d’un propriétaire ni jeter de l’argent par la fenêtre. Le rêve pour beaucoup d’entre nous. Tels sont les arguments les plus souvent avancés par les candidats propriétaires. Mais encore faut-il ajouter d’autres éléments majeurs. Dont le premier, les capitaux dont vous disposez avant d’acheter. Car les banques, bien plus prudentes, ne prêtent généralement plus la totalité de la somme dont vous aurez besoin pour acheter votre bien tant convoité. Pour les plus jeunes, il faudra donc l’aide des parents pour apporter la quotité réclamée par les banques. Qui atteint généralement les 15% à 20% du prix d’achat du bien. Et pour les autres, il faudra puiser dans l’épargne. Quant à parler gros sous, prévoyez des traites que vous pourrez rembourser en cas de coup dur. Quant au montant emprunté, considérez que la mensualité de remboursement ne doit pas dépasser le tiers de vos revenus.

« Attention, être propriétaire n’est pas une solution bon marché. Il y a les frais, importants, qui s’invitent à la table dès la signature du contrat d’achat. Il faut en tenir compte. Tout comme les réparations importantes qui s’inviteront quand on avance en âge. L’ensemble de ces frais peut vite devenir une charge financière (trop) importante » explique Philippe Defeyt.
Et qu’en est-il d’un achat envisagé à 50 ans ? Pour l’économiste, « il s’agit d’une option tout à fait possible. Il y a des tas de personnes qui recommencent une vie à cet âge. Un achat qui doit aussi répondre à la question de savoir quel est l’objectif visé : est-ce pour me loger ou pour investir une partie de mon épargne ? Dans certains cas, les deux solutions peuvent se confondre. C’est toujours intéressant d’avoir dans son portefeuille une partie en brique. Mais j’ajoute que ce n’est pas nécessairement le logement que j’habite. »

La location ? Loin d’être marginale

Souvent décriée, la location offre cependant quelques avantages. Mis à part le loyer et les charges, le locataire n’a pas de gros frais à envisager. Des fiches de salaire, deux mois de loyer en garantie et le tour est joué, vous voilà logé. Sans oublier une plus grande mobilité, moyennant un préavis, que si vous étiez propriétaire.

Côté face, le tableau est plus sombre. D’une part, vous avez un loyer, indexé chaque année, à verser dans la poche d’un propriétaire qui ne sera pas toujours bien disposé à investir pour améliorer son bien loué. D’autre part, le locataire a, en permanence cette épée de Damoclès au-dessus de sa tête : un bail dédit anticipativement par le propriétaire. Un choc pour beaucoup de locataires, « et plus dramatique à gérer s’il survient à un âge avancé » ajoute Philippe Defeyt. Enfin, si vous restez locataire sur le long terme, vous ne constituez aucun patrimoine à léguer aux enfants. Et même si vous n’avez pas de descendance, vous aurez cette lourde charge financière à supporter avec, bien souvent, des revenus moindres.

Et donc ? Acheter ou louer ? 

Pour Philippe Defeyt, « ce qui est important, c’est que les gens fassent des choix rationnels. Qui se décident en fonction de leur parcours personnels. Dans ce domaine, il y a encore trop d’émotions en jeu. On pense tous qu’il est indispensable d’être propriétaire. Mais ce n’est pas nécessairement vrai. Selon les études économiques, les périodes durant lesquelles on est propriétaire de son bien vont diminuer. C’est bien souvent la vie qui va décider. Certains propriétaires vont décider volontairement de (re)devenir locataires. Cela se voit souvent quand les enfants sont partis, que le domicile est devenu trop grand ou que les contraintes deviennent trop lourdes. »

D’un point de vue économique, il n’en reste pas moins vrai que le choix de l’achat d’un bien reste la solution la plus avantageuse. Les loyers payés décennie après décennie seront de l’argent perdu, qui risque de vous faire défaut la pension venue. Contrairement au locataire, le propriétaire aura l’avantage majeur d’avoir son bien remboursé, et donc une plus grande disponibilité de revenus à la pension.

«Acheter ou louer ? Au vu de la réalité économique et des bouleversements de la société, nous allons passer d’une situation à l’autre en cours de vie » explique Philippe Defeyt en guise de conclusion.

Pour vous aider à faire le bon choix, les banques proposent des sites qui permettent d’effectuer une simulation financière de vos possibilités. A l’instar d’AXA https://www.axabank.be/fr/emprunter/emprunter-pour-logement/acheter-louer/simulation et en néerlandais https://www.axabank.be/nl/lenen/lenen-voor-woning/kopen-huren/simulatie

 


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