Mars Bleu : dépister pour devancer le cancer colorectal!

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Le mois de mars est l’occasion de se rappeler que le cancer du colon est, en Belgique, le deuxième cancer le plus mortel. Luc Colemont, gastro-entérologue, acteur engagé sur tous les fronts contre ce cancer, nous explique l’enjeu vital d’un dépistage précoce.

par Nathalie Evrard

Pourquoi ce cancer est-il si dangereux ?

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Le cancer colorectal (ou cancer de l’intestin) concerne le colon et le rectum (gros intestin), dernière partie du tube digestif. C’est l’un des cancers les plus fréquents, les chiffres parlent d’eux-mêmes : 1 Belge sur 25 touché, 8.500 nouveaux cas diagnostiqués chaque année.

C’est le 2ᵉ cancer le plus mortel, après celui du poumon chez l’homme et du sein chez la femme. La mortalité élevée est liée au caractère tardif du diagnostic. Très fréquemment ce cancer colorectal se développe sans aucun symptôme dans un premier temps. Quand la maladie est découverte à un stade avancé, le pronostic est nettement moins favorable. Vous comprenez donc toute l’importance d’un dépistage précoce.

Pourquoi faut-il se faire dépister ?

Ce cancer est généralement précédé de lésions bénignes appelées polypes, qui ne provoquent aucun symptôme. Un polype peut mettre 8 à 10 ans à se développer. Mais pour ne laisser aucune chance à la maladie, nous retirons tous les polypes lors d’un examen de l’intestin. Le dépistage permet de détecter et d’enlever les polypes avant leur évolution vers un cancer.

Si le cancer est déjà présent, le dépistage permet de le détecter précocement, et ainsi d’augmenter l’efficacité du traitement et les chances de guérison (mortalité réduite de 20 %). Des études ont montré qu’un dépistage bien mené réduit la mortalité de près d’un tiers. Ce qui n’est pas encore le cas dans notre pays.

Qui est concerné par ce dépistage ?
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A partir de 50 ans, consultez votre médecin généraliste, il vous proposera un test à partir d’un échantillon de selles. En Belgique, un dépistage organisé est recommandé tous les deux ans à partir de 50 ans. Les hommes et les femmes âgés de 50 à 74 ans (entre 56 et 74 ans en Flandre) reçoivent par courrier une lettre les incitant à consulter leur médecin pour réaliser le test. A faire chez soi, et entièrement pris en charge par la mutuelle. Ce test indolore consiste à prélever des selles. Les résultats sont adressés au médecin et au patient par courrier sous dix jours. Si le test est positif, la personne passe une colonoscopie. Et si la colonoscopie ne révèle aucune anomalie, on peut avoir l’esprit tranquille pour cinq années au moins. Le dépistage précoce est le meilleur moyen de se protéger. Surtout que le risque de développer un cancer colorectal n’est pas le même pour tous : 95 % des cancers colorectaux se développent chez les hommes et femmes de plus de 50 ans. Dès 50 ans, faites le test !

9 cancers du côlon sur 10, détectés tôt, peuvent être guéris.

Attention à certains signes !

  • La présence d’un saignement dans les selles.
  • Des troubles du transit d’apparition récente : diarrhée ou constipation inhabituelle, ou alternance de ces deux troubles.
  • Des douleurs abdominales inexpliquées et d’apparition récente.
  • Un amaigrissement inexpliqué.

Si l’un ou plusieurs de ces symptômes apparaissent, consultez rapidement votre médecin.



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