livre de souvenirs 1

Comment se créer un livre de souvenirs ?

Once upon a time… Mais cette fois, c’est vous le héros d’une saga qui fera sourire vos enfants, petits-enfants, arrière-petits-enfants et plus… si affinités ! Découvrez plusieurs possibilités pour réaliser le livre de vos souvenirs !

Reading Time: 6 minutes

Un voyage dans les souvenirs

Vous avez vécu une vie riche en émotions et sensations. Mille fois, vos enfants sont revenus avec des questions plus précises, pertinentes. Ils veulent voir les maisons, les endroits où vous avez habité, les pays que vous avez parcourus, connaître ceux qui ont compté dans votre existence, vibrer aux aventures que vous n’avez sûrement pas manqué de partager et, partant, les restituer à leurs enfants sans changer les faits ou mêler les dates. Des petites anecdotes aux grands tremblements, ce témoignage restera un précieux talisman pour les générations suivantes. Rires et sourires à la clé, une boîte aux souvenirs qui se laisse découvrir au fil des sons, des pages et des images. Inoubliable ! Et les passeurs d’histoire ont plus d’un moyen pour y arriver.

Arrêter le temps

La clepsydre est le nom d’une horloge à eau qui date de l’antiquité. Elle fonctionne grâce à l’eau qui se déverse d’un bac dans l’autre. « Nous avons repris cette idée comme symbole de transmission d’une génération à l’autre », explique Michel Cordier. Parce qu’on ne s’impose pas biographe du jour au lendemain, Clepsydre se charge depuis vingt ans d’écrire les biographies reprises sous forme de livres qui peuvent être complétés par un arbre généalogique ou des photos de famille. « Nous sommes une petite équipe de quatre personnes avec une formation de journaliste ou de romaniste, chacun avec ses points forts. Aussi bien dans le fond que dans le style, nous essayons de nous mettre dans la peau du lecteur », précise-t-il.

Le processus commence par une rencontre sur base de manuscrits apportés ou d’entretiens d’environ deux heures. Dans ce dernier cas, après chaque séance, la personne reçoit un rapport qui lui permet de rectifier le tir ou de compléter ce qu’elle a raconté. Lorsque le travail est terminé, un plan est proposé et l’histoire est mise en scène sans la romancer. Ce travail passe entre les mains de trois personnes différentes. « Nous sommes convaincus qu’écrire un livre tout seul ne permet pas d’avoir un ouvrage de qualité. Même les écrivains sont relus. Je me souviens d’une dame qui nous a félicités en spécifiant que c’était tout à fait comme ça qu’elle nous avait raconté son histoire, sans bien sûr se douter qu’entre langage parlé et langage écrit il y a un énorme chemin ».

Le coût dépend de nombreux facteurs, mais si l’on se base sur des entretiens avec rédaction, relecture et impression d’une cinquantaine d’exemplaires, il faut compter environ 8.000 euros. Beaucoup moins, s’il n’y a pas d’entretien.

Un film, une BD, un site ?

C’est après avoir voulu connaître l’histoire de leurs grands-pères respectifs que Guillaume de Westerholt et Olivier Gaillard ont fondé Memovie qui recourt à une multiplicité de médias interactifs, films, livres, BD, bandes-son, web site, diapos. Ils ont notamment choisi la vidéo « parce que c’est plus vivant et, par expérience, nous savons que les biographies papier restent très souvent dans les tiroirs. C’est-à-dire que la transmission ne se fait pas réellement. L’avantage de la vidéo c’est qu’elle est directement accessible même aux plus jeunes et peut immédiatement susciter des questions et des discussions ». Ici aussi, on commence par une rencontre « pour voir ce que les gens ont envie de transmettre et à qui c’est destiné ». Les vieilles photos et vieux films sont rassemblés et numérisés. Ensuite, une ligne du temps est mise à disposition, qui permet à la personne (et à ses proches) d’organiser les souvenirs, de les structurer pour qu’il n’y ait pas de trous dans l’histoire, ou de les modifier. Elle est accessible à tous moments ce qui offre aussi la possibilité de suivre le projet et même d’y participer financièrement par le biais du crowdfunding.

livre de souvenirs 2

Vient le scénario, dernière validation d’un système qui en comprend 4 ou 5. La journaliste Lola Dubrunfaut réalise les entretiens et les tournages. « La plupart de nos clients qui ont entre 30 et 40 ans veulent faire un film sur leurs parents, mais à chaque fois, ceux-ci disent que leur vie n’a pas été incroyable, mais une fois le travail terminé ils se rendent compte qu’il y avait plein de choses à raconter et remarquent que ça leur fait un bien fou, presque parfois thérapeutique. Si au début de l’expérience, ils sont aussi sérieux que des présentateurs télé, ils retiennent qu’on peut arrêter, couper, recommencer et oublient vite la caméra ».

Memovie crée aussi un univers autour du film, avec à la clé, un événement qui rassemble toute la famille dans un cinéma ou chez un proche où la personne recevra son affiche de cinéma et un coffret personnalisé qui contient le DVD ou la clé USB ou les deux et éventuellement le livre qui accompagne. La société sert aussi de coffre-fort numérique en conservant un double qu’elle peut restituer si nécessaire. « L’idée c’est vraiment de mettre la technologie au service de la mémoire afin d’avoir plus de temps à consacrer à nos clients ». Le prix est établi à partir de 2.500 € pour une vidéo et de 7.000 € pour une BD, un concept qui commence aussi à bien marcher.