apprendre à dire non

Apprendre à dire « non » à la retraite

Si cela peut paraître inutile à présent que vous disposez de « tout votre temps », apprendre dire « non » à la retraite » est essentiel ! Mais pourquoi se priver de faire plaisir, de répondre positivement à toutes ces sollicitations qui s’offrent à vous alors que vous n’êtes plus accaparé par votre travail ?

Les jeunes retraités sont « riches, très riches en temps et en liberté ». Et, il est vrai qu’au cours de votre carrière, vous auriez payé le prix fort pour disposer de plus de temps et de liberté… Et si votre défi était justement de ne pas dilapider cette fortune ? De gérer ce capital en bon père de famille ?

Comment bien choisir ses centres d’intérêts ?

Le passage à la retraite correspond à une perte de repères. C’est cette disparition de repères qui laisse la place à toute cette liberté et ce temps recouvrés. Si vous n’y prenez pas garde, bien vite, vous risquez de perdre ce temps et cette liberté. C’est la raison pour laquelle, il est conseillé aux futurs retraités sans hobby ni passion de rechercher des activités qui pourront mobiliser une partie de leur temps. Ces mêmes activités leurs offriront de nouveaux repères bien utiles lorsque ceux du monde du travail s’estomperont.

Une période de transition

Au cours de la période de transition, le jeune retraité vit toute une série d’émotions qui débouchent souvent sur des moments de doute et d’instabilité. Ces moments sont tout-à-fait logiques. Les repères du travail disparaissent et laisseront la place aux nouveaux repères que le jeune retraité va reconstruire. La durée de cette reconstruction varie d’une personne à l’autre.  Elle dépend de leur degré de préparation, des expériences passées et de ses centres d’intérêt en dehors du monde du travail. C’est justement lors de cette transition qu’il va falloir apprendre à dire non.

Dire non à qui/ à quoi ?

Il faut apprendre à dire non aux autres mais surtout à soi !  Cette dualité s’explique par le fait qu’en matière de sollicitation,  le jeune retraité se trouve parfois pris en étau entre d’une part les nombreuses demandes extérieures (proches, organisations) et d’autre part, la peur de l’agenda vide, le sentiment une fois retraité d’être inutile.

L’entourage voit souvent le futur ou jeune retraité comme une personne « ressource en temps » : papy ou mamy va pouvoir s’occuper full time des petits-enfants !  Les associations et autres organisations reconnaitront chez le jeune retraité les compétences qui leur manquent cruellement.

De son côté, le retraité vit un changement majeur; voire une crise pour certains. Cette dernière peut être identitaire, il cherche absolument à retrouver (parfois à n’importe quel prix) un poste clé dans une association qui lui redonne un certain statut comme au travail. La crise peut aussi concerner la peur de l’agenda vide. Le retraité accepte tout et n’importe quoi pour le remplir. Il n’hésite pas à montrer ce dernier bien chargé à son entourage, histoire de justifier qu’il ne fait pas partie de « ce monde d’inactifs ».

Pourquoi apprendre à dire non ?

Lors de la période de transition, le jeune retraité doit fixer un rendez-vous avec lui-même. C’est une occasion unique de faire le point, d’apprendre ou de ré-apprendre à mieux se connaître. Cette période de la transition vers la retraite est le moment  de penser à ce qui est le plus important pour vous. Quelles sont les choses qui vous plaisaient dans votre travail et celles qui vous plaisaient un peu moins ? Qu’est-ce que votre travail vous a apporté ? Quelles sont vos compétences, vos aspirations ? Au fait, quelles sont vos valeurs ?

Quelle est votre personnalité ? C’est cette analyse qui posera les bases de vos futurs projets à la retraite. Ce rendez-vous avec vous-même va donc de pair avec des périodes de réflexion en dehors de toute sollicitation extérieure. Ne vous culpabilisez pas de ne rien faire ! En n’écoutant pas votre petite voix intérieure qui vous dit « pourquoi tu dis oui ? Est-ce que c’est vraiment cela que tu veux aujourd’hui ? Vous risquez de vous disperser, de passer à côté de ce que vous aviez projeté de faire, et surtout, vous devenez le projet des autres.

P., un membre du Réseau Sequoia qui ne manque pas d’humour m’a expliqué sa technique pour prendre un peu de recul et surtout l’expliquer à son épouse. Un jour son épouse rentre du travail, lui en tant que jeune retraité, prend bien soin de lui et se pose déjà depuis un petit temps. Sa femme lui dit, « bonjour, qu’as-tu fait de bon aujourd’hui ? ». Il répond « rien ». Son épouse un peu surprise lui rétorque « mais hier non plus ! ». P. enchaîne « ben oui, j’avais pas fini… »

Dire non, est-ce égoïste ?

Dire non, c’est savoir prendre soin de soi pour ensuite être mieux avec les autres, pour pouvoir donner aux autres.

Quelques  citations inspirantes :

« Pour être heureux, il faut d’abord être content de soi, et si possible, contenter les autres. »
Citation de Joseph Droz Essai sur l’art d’être heureux (1806)

« Quand on a le secret d’être heureux, il ne faut pas le garder. »
Citation de Jean-Jacques de Lingrée ; Les réflexions, pensées et maximes (1814)

Vous l’aurez compris, apprendre à dire non à la retraite, surtout au début de celle-ci, n’est pas une question de survie mais le meilleur moyen pour vous de réaliser vos rêves. Evitez le piège de l’occupationnel en répondant positivement à toutes les sollicitations. En prenant soin de vous, en déterminant ce que vous voulez vraiment, vous serez dans les meilleures conditions pour partager vos passions et donner aux autres.

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