spectatorisme

Connaissez-vous le spectatorisme, l’excès de perfection au lit ?

Comme le dit proverbe, le mieux est l’ennemi du bien. Et cela vaut aussi pour nos relations intimes, avec la tentation d’imiter le côté artificiel des réseaux sociaux ou des films X. Avec des dérives possibles, comme le spectatorisme.

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Dans notre société dominée par le souci de la performance, certains repoussent les limites au-delà du raisonnable. Au point de rechercher la perfection là où on ne l’attend pas, sous la couette. Un phénomène qui porte un nom : le spectatorisme.

Le spectatorisme, de quoi s’agit-il ?

Le spectatorisme se définit comme un comportement lié au souci d’atteindre la perfection dans sa relation sexuelle avec son ou sa partenaire. Et vouloir montrer une image de soi parfaite. La personne atteinte par ce complexe n’est plus actrice de la relation intime mais devient une simple spectatrice, victime de ses émotions et de l’image de soi projetée. Pour l’anecdote, le terme « spectatorisme » a été inventé dans les années 70 par William Master et Virginia Johnson, pionniers en sexologie.

Un obstacle au plaisir

La personne sujette au spectatorisme ne profite pas de l’instant présent et de la connexion avec son partenaire, obnubilée par son souci d’être suffisamment sexy ou d’atteindre l’orgasme parfait. Durant toute la relation sexuelle, elle se pose des questions sur son corps, sa façon de faire l’amour, avec un regard très critique. Avec comme conséquences, un plaisir absent ou insatisfaisant lors de la relation charnelle. Voire, dans certains cas extrêmes, la tentation de l’évitement de toute relation sexuelle.

Un comportement aux causes multiples

Comment expliquer l’existence de cette pratique ? Marie Desroches, sexologue, répond : « Expliquer l’origine du spectatorisme n’est pas toujours simple, tant les causes possibles se révèlent nombreuses. Cela peut être un souci présent au sein du couple, avec un.e partenaire trop exigeant.e. Avec, forcément, une relation fort peu satisfaisante pour celle ou celui qui veut tout faire pour atteindre la perfection. Mais ce comportement peut aussi découler de la volonté de se conformer aux clichés véhiculés par notre société hypersexualisée. Cette inquiétude d’être au top de ses performances et de son physique peut aussi découler d’un trouble psychologique, de type anxiété ou lié à un manque de confiance en soi. Une image de soi dégradée, souvent rencontrée à la cinquantaine, quand le corps se transforme. »

Comment réagir face au spectatorisme ?

Plusieurs petites astuces s’avèrent utiles pour contrer cette tendance. « Mon premier conseil serait de s’observer face au miroir, pour mettre en évidence les atouts dont on dispose. De jolis seins, une taille fine, des fesses fermes, etc. Bref tout ce qui peut donner l’envie de plaire. Avec un point important à retenir, le corps parfait n’existe pas. Si la complicité est de mise dans le couple, qu’importe ce petit ventre, ou cette peur de ne pas satisfaire l’autre. Jouissez, profitez du moment présent. Un petit scénario érotique imaginé avant la relation peut aussi servir de bouée de secours pour éviter de ruminer d’éventuels complexes. Enfin, le ou la partenaire peut jouer un rôle. Par la parole ou par des caresses rassurantes », explique Marie Desroches.
Si cette manie devient envahissante et source de blocage, une consultation auprès d’un.e spécialiste peut aider à évoluer, à retrouver confiance et l’indispensable lâcher-prise dans l’intimité.

 

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