la voyageuse de nuit

La voyageuse de nuit : le nouveau livre de Laure Adler

Laure Adler n’a jamais eu sa langue en poche. Et le prouve encore avec son dernier ouvrage paru, La voyageuse de nuit (éd. Grasset). Un ouvrage qui se veut comme un cri de colère face au traitement réservé aux seniors dans notre société. Pourquoi la vieillesse est-elle encore ce tabou, voire une insulte pour beaucoup ?

 

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La vieillesse, une double peine pour la femme

Si, la cinquantaine bien entamée, la peur de prendre de l’âge vous envahit, précipitez-vous sur le nouveau livre de la journaliste et productrice Laure Adler, La Voyageuse de nuit  (éd. Grasset). Pour mieux appréhender cette résistance à la vieillesse que nous essayons tous de conserver. Vieillir fait peur. Comme si l’avenir se résumait en quelques dernières années à subir. Une erreur, souligne Laure Adler, 70 ans, dans son livre-enquête : « à 50 ans, on ne doit pas perdre trop de temps. On doit arrêter de décompter. Et vivre. Pleinement. »

Si la vieillesse est inéluctable, rien n’est perdu quant aux désirs, aux projets. Et tout est à gagner dans le combat contre cette image négative véhiculée dans une société axée sur le jeunisme. Ce livre est militant, celui d’une féministe marquée par la lecture du dernier ouvrage de Simone de Beauvoir, La vieillesse. Et dont il faut retenir cette phrase tirée de la conclusion : «  nous ne savons pas qui nous sommes si nous ignorons qui nous serons : ce vieil homme, cette vieille femme. » Un avenir difficile à concevoir pour la femme de 50 ans, mais à accepter. Malgré cette double peine vécue par les femmes : « elles vieillissent dans le regard de la société beaucoup plus vite que les hommes. »

L’éloge de la vieillesse sexuelle

Comme le précise l’auteure, « ce livre n’est pas un guide du bien vieillir mais un carnet de voyage au pays que nous irons tous habiter un jour : la vieillesse. C’est là que je vis désormais. »

Chapitre après chapitre, les témoignages, les rencontres se succèdent pour définir ce qui caractérise la vieillesse. Une sorte de vagabondage littéraire qui n’épargne pas ce tabou encore difficile à briser : la sexualité des seniors. « Oui, les personnes âgées ont des désirs sexuels. » Et comment, ajoute encore l’auteure, qui revendique fièrement ses 70 printemps épanouis. Tout comme son goût pour le slow sex qui doit permettre aux aînés de profiter durant de longues années de moments de grande sensualité.

Un ouvrage qui peut se refermer avec ce cri de guerre lancé par Laure Adler : « La révolte des vieux ne fait que commencer. » Pour qu’ils puissent avoir cette considération méritée. Non, la vieillesse n’est pas un naufrage. Que du contraire, « le but de la vie c’est de vieillir. C’est d’être un formidable vieillard », comme l’expliquait aussi Jacques Brel.

La voyageuse de nuit. Par Laure Adler. Editions Grasset, 224 pages, 19 euros