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Octobre rose : Les progrès et les espoirs contre le cancer du sein

Si le dépistage reste la meilleure façon de se protéger des ravages du cancer du sein, des progrès sont également notables quand le cancer est là et qu’il faut le soigner. Comment mieux vivre avec le cancer du sein ? Comment soulager la douleur ? Et prendre soin de soi ? Fifty&Me fait le point.

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Mieux vivre quand le cancer du sein est là

Les personnes confrontées à un cancer vivent un vrai bouleversement de vie que ce soit sur le plan physique, émotionnel, familial et social. Pour répondre à ces besoins multiples, les soins de support proposent désormais une aide globale complémentaire aux différents traitements oncologiques et accessible depuis l’annonce du diagnostic et tout au long de la maladie. « Plus que pour toute autre maladie, la prise en charge des patients souffrant de cancer a largement évolué au cours des dernières années, afin d’intégrer la notion de qualité de vie.

Autrement dit, il faut soigner la maladie, sans négliger le malade, tant sur l’aspect corporel que psychologique. Cette démarche assez récente a autorisé le développement d’un ensemble de soins complémentaires, appelés soins et traitements de support », explique le Docteur Adinda Baten, Radiothérapeute, UZ Leuven. « Ce projet de soins vise à assurer la meilleure qualité de vie possible aux patients sur les plans physique, psychologique et social en prenant compte de la diversité de leurs besoins, ceux de leur entourage, quels que soient leurs lieux de soins et à tout moment de la maladie ».

Soulager la douleur

La douleur peut apparaître dès le début de la maladie et à tout moment du traitement. Il est, aujourd’hui, possible de la prévenir et de la traiter par des médicaments ou techniques non médicamenteuses. La douleur ne doit en aucun cas être minimisée car elle peut avoir des retentissements importants sur la qualité de vie. « La douleur est plus qu’une conséquence de la maladie, c’est une maladie à part entière », explique le Professeur Lossignol de l’Institut Jules Bordet.

« Elle a des conséquences délétères sur les plans psychologique, physique, métabolique et immunitaire sans apporter le moindre avantage. La douleur n’est utile que parce qu’elle est un signal d’alarme. D’ailleurs un malade qui n’a pas mal, va mieux ! Un usage correct des traitements antidouleur tel que prescrit par un médecin permet de contrôler la douleur dans 80 à 90   des cas. Il ne faut pas s’en priver ! ».

Des progrès importants ont été observés dans les traitements de confort. On arrive aujourd’hui à mieux prévenir ou traiter les effets indésirables. Ainsi par exemple, les nausées et les vomissements liés aux chimiothérapies sont en principe bien contrôlés par les traitements actuels.

Bougez…

« Même pendant la maladie, l’activité physique est primordiale », insiste le Docteur Adinda Baten, « la pratique sportive adaptée a montré une amélioration de l’état du patient car elle entretient la faim, elle favorise le maintien de la force musculaire, réduit la sensation de fatigue et améliore la tolérance aux traitements et la qualité de vie ». Des études montrent que l’activité physique réduit le risque de mortalité par cancer du sein de 34 %, le risque de mortalité globale de 41 % et le risque de récidive tumorale de 24 %. « Il est recommandé de pratiquer l’activité physique dès l’annonce de la maladie, elle peut être poursuivie pendant les traitements et après ceux-ci ».

Pas de régime farfelu !

« Pendant un traitement contre le cancer », explique le professeur Van Gossum, il est important de s’alimenter correctement ». La priorité numéro un est de manger ! La dénutrition peut conduire à une dégradation de l’état général. Elle empêche l’organisme de fonctionner normalement (muscles, cerveau, défenses contre les infections, cicatrisation…). Elle altère la qualité de vie.

Un consensus publié par la Société européenne de nutrition clinique et métabolique mentionne qu’aucun argument ne soutient la thèse qu’un nutriment puisse nourrir la tumeur et qu’il faille l’évincer du régime alimentaire d’un patient atteint de cancer ; un quelconque jeûne avant, pendant ou après une chimiothérapie ne peut être recommandé. Les régimes alimentaires stricts ne sont en aucun cas recommandés.

Prendre soin de sa peau pendant son traitement

Parmi les nouveaux traitements du cancer du sein, les thérapies ciblées s’attaquent plus spécifiquement aux cellules cancéreuses, et sont responsables de moins d’effets indésirables que les thérapies classiques. Néanmoins, elles engendrent des lésions cutanées (appelées toxidermie) chez plus de 70 % des patients. Ces symptômes sont d’autant plus gênants qu’ils sont visibles et atteignent l’image de soi. Les réactions cutanées observées sont différentes selon le type de peau, l’âge, la nature et la durée.

Elles sont parfois si invalidantes que certains malades préfèrent interrompre leur traitement. Parmi ces effets indésirables, citons par exemple, la peau sèche pouvant évoluer en fissure et crevasse, l’acné, la chute ou la décoloration des cheveux, des verrues, l’inflammation du pourtour des ongles… « Le partage des connaissances entre oncologue et dermatologue est essentiel, surtout au moment où de plus en plus de thérapies ciblées arrivent dans l’arsenal thérapeutique », explique le docteur Pierre-André De Berdt, dermatologue.

Prendre soin de soi

Le cancer engendre des modifications corporelles : dévalorisation, handicap, fatigue… Des professionnels aident les malades à se sentir mieux dans leur corps, à en reprendre peu à peu le contrôle. Ainsi par exemple, les esthéticiennes permettent aux malades de retrouver une meilleure image de soi grâce à des soins qui sont plus que des soins esthétiques.

Cette démarche a un intérêt médical puisque mieux accepter son corps aide à mieux supporter les traitements. Le travail de l’esthéticienne consiste à réactiver la mémoire corporelle de la douceur pour retrouver des sensations agréables. Le corps garde une mémoire positive de ces instants qui créent un équilibre avec tous les moments pénibles du traitement. Pour certains, il s’agit d’un moment de détente, pour d’autres, d’un éveil à des odeurs et des sensations nouvelles. C’est un pont entre la vie « normale » et l’univers médical.

Oui aux médecines complémentaires mais toujours en accord avec son oncologue !

« L’oncologie intégrative inclut des thérapies complémentaires validées (homéopathie, nutrithérapie, phytothérapie…) pour contrôler les symptômes physiques et émotionnels, elle est non invasive, non toxique et se prescrit avec, jamais à la place, du traitement conventionnel », insiste le Docteur Adinda Baten. 60 % des patients utilisent des thérapies complémentaires et 84 % des utilisateurs trouvent les thérapies complémentaires efficaces.

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