olfactothérapie

L’olfactothérapie ou comment les odeurs peuvent nous soigner

La croissance phénoménale du marché des huiles essentielles pour la santé s’explique par une véritable redécouverte de ce que la nature a de plus rare et de plus sérieux : les essences de plantes aromatiques. L’information émotionnelle transmise par l’odeur des huiles essentielles est moins connue. Pourtant, son lien avec notre instinct et ses résonances physiques et émotionnelles confèrent à cette « science de l’odorat » des vertus impressionnantes. Explication avec Dominique Baudoux, pharmacien, aromatologue, fondateur du Laboratoire belge Pranarom.

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Elles sont odorantes, elles sont puissantes, elles sont complexes. Elles, ce sont les huiles essentielles, essences volatiles extraites des plantes aromatiques par distillation à la vapeur d’eau. Utilisées dans le but de renforcer le processus naturel de guérison et rétablir les métabolismes déficients, elles sont le fondement de l’aromathérapie, méthode naturelle qui exploite l’activité des molécules biochimiques.

L’huile essentielle de qualité doit provenir impérativement de plantes botaniquement certifiées, c’est-à-dire identifiées par leur genre et leur espèce. L’organe végétal distillé doit également être précisé car les diverses parties d’une même plante (fleur, feuille, tige, écorce, racine…) peuvent produire des essences différentes et ne pas, de ce fait, présenter les mêmes propriétés. Enfin, les composantes aromatiques d’une plante peuvent varier en fonction du lieu où elle s’est développée, le soleil, l’eau, le terreau, l’altitude influençant la nature de ses essences.

L’odorat, en lien direct avec le cerveau

« L’olfaction, tout comme l’aromathérapie en général, est une science en pleine expansion et de nombreuses études se révèlent très prometteuses », explique Dominique Baudoux. « L’odorat est le seul sens qui puisse reproduire avec autant d’exactitude un souvenir ou une émotion ressentie des années auparavant comme l’a si justement évoqué Proust avec sa madeleine. Et pour cela, c’est le seul sens qui ne passe pas par le filtre d’interprétation du mental en touchant directement le cerveau limbique. Quant au système limbique, siège de la mémoire émotionnelle et du plaisir, il génère une réponse biochimique ».

Ainsi, l’odorat est un sens primaire, en lien direct avec notre système limbique, contrairement à la vue ou l’ouïe qui empruntent des voies plus complexes.

L’étude des états cérébraux montre comment les odeurs influencent notre fonction respiratoire, notre rythme cardiaque, notre mental…

Grâce aux odeurs, nous pouvons sentir, ressentir voire pressentir ce qui est irrationnel en nous. Elles se situent à la croisée de la sensorialité et de la connaissance de soi, tout en nous reliant à notre propre histoire et à notre environnement. Les huiles essentielles, en tant que support olfactif particulièrement pur et puissant, possèdent donc ce pouvoir de calmer, libérer et réguler les émotions, défaire les nœuds, évoquer des souvenirs, mais aussi de favoriser le recentrage, l’intuition, la créativité… en influençant directement le système nerveux, en régulant le rythme cardiaque ou encore la respiration.

Les huiles essentielles, messagères mémorielles

Les huiles essentielles, concentrés de molécules aromatiques, constituent un formidable support thérapeutique. « Leurs innombrables champs d’action se retrouvent en olfactothérapie, en agissant sur les différentes fonctions de notre organisme et en rééquilibrant notre terrain. Les molécules aromatiques sont un moyen d’équilibrer notre système nerveux et nos comportements ».

Chaque plante possède une couleur et une vibration qui lui est propre et la rend unique. L’odeur d’une huile essentielle est par conséquent particulièrement intéressante pour toucher l’inconscient avec justesse, délicatesse et précision. Car même si certaines molécules aromatiques peuvent parfois être reproduites chimiquement en créant une odeur similaire, elles ne possèderont pas les mêmes effets sur le cerveau et les émotions.