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La crise de la maturescence

On l’appelle aussi « crise du milieu de vie ». Entre 35 et 55 ans ? un peu plus tôt, un peu plus tard ? Comme la crise de l’adolescence qui, aujourd’hui, commence plus tôt et se prolonge un peu ? L’occasion dans cette période de transition de faire le tri entre ce qu’on garde et ce qu’on prend avec soi pour la suite du chemin. À moins qu’on ne change radicalement d’itinéraire…

Par un beau jour d’automne, Chantal se lève, l’angoisse rivée au cœur. Elle qui d’ordinaire est d’un naturel optimiste, rumine des idées noires. Serait-ce la conséquence de toutes les émotions contradictoires qui l’ont brassée ces dernières semaines ?

Départ de son fils de la maison, la perspective de devenir grand-mère, la nostalgie d’un boulot qu’elle aimait… ? Autant d’événements qui – elle doit bien se l’avouer – signent ce qu’elle a toujours repoussé loin d’elle : la peur de vieillir…

Pourquoi est-ce si difficile d’accepter de vieillir ?

Notre société prend un malin plaisir à souligner toutes les catastrophes qui nous guettent en vieillissant. Comme on a appris à mieux s’alimenter, que le yoga n’a pour nous plus de secret, que l’on s’applique à chanter, rire et danser, parce que c’est tout bon pour l’alliance esprit-corps, on ne ressent pas les signes du temps qui passe. N’empêche… certains jours, l’inquiétude est au rendez-vous.

En particulier lorsque l’on est confronté à un deuil, un licenciement, une rupture ou tout simplement l’approche d’une nouvelle dizaine à ajouter au nombre des années. Bref, nul besoin de se voiler la face, cette angoisse a un lien indiscutable avec la mort. Pas drôle, mais autant savoir !

Mettre la tête dans le sable

Se terrer en attendant des jours meilleurs, ou… apprivoiser la perte ? Tous ces deuils qui jalonnent notre existence nous aident aussi à accepter notre propre finitude. Avec le désir d’aller à l’essentiel. Une invitation à nous dépouiller petit à petit de ce qui n’est plus nécessaire pour nous rapprocher de ce qui nous met en joie hors consommation inutile. « Faire beaucoup mieux avec beaucoup moins », selon la formule du philosophe Marc Halévy. Une simplicité de bon aloi, un art de vivre ! L’occasion aussi de prendre la mesure que la vie est mouvement et que corps, cœur et esprit changent et s’enrichissent de tout le chemin parcouru. Même si le temps passe. Irrémédiablement…

Maturescence ou… essence de la maturité ?

Avec l’allongement de la vie, tout nous invite à nous relier à ce qui nous met en joie, à nos passions, pour
en n mettre en route ce fameux projet qui
dort dans les cartons. Et cultiver l’art du moment présent. Une façon de nous inciter à vivre ce qui est ici et maintenant, sans éluder ni mettre le focus sur l’inéluctable… qui n’est pas programmé dans l’immédiat !